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Le Cas Richard Jewell

Film de Clint Eastwood Biopic, drame et policier 2 h 11 min 19 février 2020

Avec Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Kathy Bates

En 1996, Richard Jewell fait partie de l'équipe chargée de la sécurité des Jeux d'Atlanta. Il est l'un des premiers à alerter de la présence d'une bombe et à sauver des vies. Mais il se retrouve bientôt suspecté... de terrorisme, passant du statut de héros à celui d'homme le plus détesté des...

A l'image des derniers films de Clint Eastwood, le cas Richard Jewell ( Paul Walter Hauser) met en scène un personnage solitaire broyé par le système américain. Au-delà du redneck obèse sorti du moule à hamburgers humains qui façonnerait l'Américain moyen, le personnage principal a une telle ressemblance tant physique que mentale avec le François Pignon incarné par Jacques Villeret dans le Dîner de cons que ce ne peut être le fruit du hasard.

D'après wiki « le point commun de ces personnages dénommés François Pignon, qui font désormais partie du folklore français, est de se trouver face à une situation qui les dépasse, voire dont ils n'ont même pas conscience. Les Pignon se démarquent par leur candeur (parfois à la limite de l'idiotie), leur grande naïveté et leur gentillesse. » Le fait est que Richard Jewell pourrait devenir dans l'imaginaire mondialiste futur un personnage-type équivalent à notre François Pignon national, si son cas n'était en fin de compte aussi tragique. Le post-scriptum du générique mentionne son décès précoce à l'âge de 44 ans, n'ayant pu survivre à l'effondrement des illusions de son ancienne vie ni à son lynchage médiatique.

Comment Jewell a-t-il pu passer aussi rapidement de la figure de sauveteur à celle de suspect numéro un ? C'est qu'il correspond en tout au profil du coupable idéal de la part de l'élite démocrate: un homme blanc en surpoids, collectionnant les armes à feu, adorant la police et vivant avec sa mère. Le film suggère que Jewell a été une victime du snobisme des bien-pensants, qui l’a jugé non seulement comme un gros plouc mais surtout comme un dangereux facho.

La solidité de la construction du film parvient à masquer la tristesse finale qui nous prend devant cette vie gâchée dans ce qu'elle avait de meilleur : la profonde humanité de Richard Jewell, son désir de protéger et servir ses concitoyens, de sauver des vies tout en risquant la sienne sans calculer. Ce qui a dû motiver Clint Eastwood à faire ce film, c'est aussi le constat de la raréfaction, voire de l'impossibilité de nos jours de l'acte d' héroïsme, le thème de ses premiers films. Le policier justicier solitaire ne pourrait plus évoluer de nos jours dans un climat favorable, même s'il était déjà à l'époque en butte au carriérisme de ses supérieurs et au laxisme de l'administration. Harry Callaghan finirait inculpé de « violence policière », sali dans son honneur, moqué par le pays tout entier.

Le mal a empiré nous dit Clint Eastwood, et, ce qu'il nous laisse le soin de deviner, il a aussi gagné du terrain. Dans les mêmes conditions d'attentat non revendiqué, nul ne peut affirmer que dans notre pays des Droits de l'Homme le lampiste innocent, policier ou autre, ne serait pas traité de la même façon que le fut Richard Jewell de la part des élites.

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