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Made in France, l’année où j’ai vécu 100 français

Documentaire de Karine Dusfour, Benjamin Audour et Benjamin Carle 19 mars 2014

Benjamin Carle, totalement assujetti à une consommation mondialisée, a décidé de remplacer chacun de ses biens par un équivalent conçu en France.

Je me sens un peu mitigée par rapport à ce documentaire, vu hier (merci le satellite chez papa et maman !) D'un côté, le journaliste soulève une grande quantité de questions intéressantes : - Pourquoi achetons-nous des objets comme des brosses à dents fabriquées à l'étranger, alors que le produit existe fabriqué en France et qu'il n'est pas plus cher ? Pourquoi n'est-il pas mis en avant dans nos supermarchés ? - Ceci n'est cependant qu'une exception : comment le gouvernement (incarné dans le documentaire par Montebourg, égérie du made in France avec ses costumes de Limoges) peut-il vouloir inciter les français à consommer des produits aussi chers au quotidien ? (le journaliste a dû s'endetter pour pouvoir n'acheter que du made in France). Rappelons par ailleurs qu'il n'y a pas de réfrigérateur, et très peu d'informatique fabriqué sur notre territoire, il est donc impossible de ne consommer que français, même si on en a la volonté et les moyens. - Il soulève également l'hypocrisie de ce même gouvernement, qui délocalise par exemple la production du nouvel intranet de l'Education Nationale. La production, confiée à Capgemini, entreprise française, se fait en grande partie (ou en totalité ? je ne sais plus) au Maroc.

C'est vrai, ce sont des questions intéressantes, et je passe sur les évidences de l'impact d'une désindustrialisation/réindustrialisation sur les emplois, l'économie, la balance import/export... C'est très clair, mais évident dès qu'on y réfléchit un peu plus de deux minutes.

Par contre, plusieurs choses m'ont énormément gênée, à commencer par le rapport à la culture et la langue. Il ne va pas voir un concert d'Arcade Fire car ce ne sont pas des artistes français (intéressante définition d'artiste français, d'ailleurs : légalement, il s'agit d'artistes francophones ! Céine Dion est donc un artiste français. Soit.), il ne lit que des ouvrages français, et va même voir l'ami Alain Rey pour trouver un remplacement au mot cool. Attention, cher journaliste : la frontière devient mince entre une forme de repli nationaliste et la volonté de made in France. Ecouter des artistes français ne participe pas à la réindustrialisation du pays, ni la pureté du vocabulaire, ou le contenu des ouvrages que tu lis. C'est outrepasser ton objectif, et introduire une histoire un peu folklorique qui sens un peu, encore une fois, un nationalisme inutile, puisqu'il n'a pas de rapport avec ton but premier. Tu peux aller voir un concert (les connaisseurs en musiques, d'ailleurs : pendant un concert d'un groupe étranger, amènent-ils leurs propres techniciens, ou emploient-ils des techniciens locaux ?), et même, pourquoi pas, acheter un cd s'il est construit en France, acheter un livre imprimé en France, tu participes à conserver des emplois industriels.

Mention spéciale à la copine qui joue comme un pied et a un rire horripilant ; et globalement, d'ailleurs, à une scénarisation lourde, inutile, et chiante, qui a plus tendance à gâcher le propos qu'à le soutenir.

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