Download in HD

Cuffs

Film de Toshiki Satô 1 h 11 min 27 septembre 2002

La rencontre à répétition entre deux amants, durant dix ans, où la défloration de l'adolescente semble ne jamais finir...

Cuffs – The Lost virgin (2002) - ロスト・ヴァージン ; やみつき援助交際/ 71 min. Réalisateur : Toshiki Satô - サトウトシキ Acteurs principaux : Nikki Sasaki - 佐々木日記 ; Daishi Matsunaga - 松永大司 ; Mots-clefs : Japon – Erotisme – Pinku.

Le pitch : Chisato est une jeune femme japonaise qui cherche désespérément à perdre sa virginité. Une petite annonce rose plus tard, la voici dans un hôtel avec un homme inconnu qui lui passe une paire de menottes car « les vierges deviennent folles la première fois ». Chisato prend peur et s’enfuit. Menottes aux poignets et pieds nus, elle ère dans la rue jusqu’au moment où elle tombe sur Takashi, un copain de classe, qui va l’aider à se débarrasser de ses liens. Elle n’est pas amoureuse, mais le garçon est décent, aussi décide-t-elle de sa première fois. L’affaire n’est pas romantique, mais elle se sent soulagée de l’avoir fait. Cinq ans plus tard, les destins des amants se croisent de nouveau…

Premières impressions : Des films asiatiques, j’en ai des pleines cagettes. Des films d’auteurs, des blockbusters, des films de maîtres, des nanards, des films érotiques et quelques ovnis… Je ne résiste pas à l’achat ou au téléchargement d’un film japonais ou coréen inconnu. Cuffs est un de ces films qui traîne sur mon disque dur depuis des années, un peu comme un livre que l’on pose sur sa table de nuit en se disant qu’on le lira un jour. Et puis finalement, le jour est venu. Allez savoir pourquoi, j’ai lancé le film de Toshiki Satô en plein milieu de la nuit et j’ai été surpris.

Toshiki Satô est un des quatre Shitenno, « les quatre rois divins du Pinku »*, qui ont modernisé le genre au début des années 90 et après avoir vu Cuffs, je veux bien le croire. Si je ne peux pas crier au génie, tant sur la réalisation que sur le scénario, il y a dans son film une certaine critique sociale et pas mal de symboles… On est loin, très loin du film érotique gore qui rabâche des fantasmes d’écolières ou de tentacules.

Satô est un réalisateur, certes spécialisé dans le film érotique soft, mais qui se focalise sur ses personnages et leurs relations conflictuelles. J’ai trouvé chez lui un je ne sais quoi de sociologique. Entre sa caméra fixe, sa lumière blafarde et le jeu de ses acteurs, le film donne le sentiment que la jeunesse japonaise désabusée n’a aucun avenir. Chisato n’a de cesse durant tout le film de jouer avec des menottes, dont elle se libère avec le temps, à la fois indépendante mais enfermée dans sa destinée. Film érotique oblige, le sexe est présent à l’écran, mais il n’apparaît pas gratuit pour autant et il en émane une sorte de post-apocalypse du sentiment. La comparaison peut sembler osée, mais Cuffs n’est pas sans me rappeler « Tokyo Décadence » de Ryu Murakami. Si le sexe y est bien moins extrême, j’y ai ressenti le même désenchantement.

Côté acteurs, j’ai beaucoup aimé la prestation de Nikki Sasaki qui à ma connaissance n’a joué hélas que dans des pinkus. Malgré le genre du film, son interprétation nous permet d’entrer en empathie avec Chisato. Quant à l’acteur principal Daishi Matsunaga, celui a embrassé une carrière d’acteur et de réalisateur de documentaires plus conventionnelle. Sachez par ailleurs que le réalisateur a depuis réalisé plusieurs films non érotiques tels Sumo Hot Pot en 2006 ou The Morning Set, Milk and Spring en 2013.

Il est toujours compliqué de faire une critique sérieuse d’un film érotique, dont le but même n’est jamais que de faire fantasmer le spectateur et de faire rentrer facilement de l’argent dans les caisses des productions, mais malgré tout, je suis encore surpris par la capacité de certains réalisateurs à pousser les murs et à sortir du cadre purement consommable de ce type de produit. Si beaucoup de ces films ne sont que sombres merdes qui exploitent le corps de jeunes actrices en mal de reconnaissance, détruisant des destinées pour quelques branlettes malsaines, il existe quelques films qui méritent le détour et je compte bien continuer à les chercher.

*Kazuhiro Sano, Hisayasu Sato, Takahisa Zeze.

streaming film complet