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Godzilla II : Roi des monstres

Film de Michael Dougherty Action, aventure et fantastique 2 h 12 min 29 mai 2019

Avec Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown

L’agence crypto-zoologique Monarch doit faire face à une vague de monstres titanesques, comme Godzilla, Mothra, Rodan et surtout le redoutable roi Ghidorah à trois têtes. Un combat sans précédent entre ces créatures considérées jusque-là comme chimériques menace d’éclater. Alors qu’elles cherchent...

Warner Bros Pictures et Legendary Pictures ont commencé les bases de leur « Monsterverse » en 2014 avec Godzilla. Avant son duel très attendu contre Kong en 2020, notre Kaijū préféré s'en va légitimer son statut de Roi des Monstres face à un adversaire emblématique : King Ghidorah.

L'action au détriment de la subtilité

Le Godzilla de 2014 se caractérisait par des plans majestueux ainsi qu'une maîtrise exceptionnelle de la part de Gareth Edwards afin de redorer toute la noblesse de Godzilla. Ce premier film fonctionnait de la même manière que les Dents de la Mer, tel le célèbre requin développant sans cesse son aura et sa force tout en restant très discret. Un risque conséquent dans ce monde habitué aux blockbusters bourrins, mais motivé par l'envie de présenter un film subtil tout en conservant un point de vue à l'échelle humaine dans tous les domaines. Malheureusement, c'est aussi pour cette raison que l’œuvre de Gareth Edwards donna naissance à une frustration chez quelques spectateurs. En ce sens, Godzilla II : Roi des Monstres correspond à une réaction à ce phénomène.

La suite réalisée par Michael Dougherty reprend une formule plus classique où l'action reste l'ambiance priorisée par le film. Le spectacle est ici un véritable shoot d'adrénaline puisque Godzilla partage son film avec des monstres populaires tels Mothra, Rodan et King Ghidorah, pour des affrontements titanesques. L'ambition est donc d'offrir un spectacle rythmé où les récits ne sont que des interludes entre des combats réguliers.

Concrètement, Godzilla II est là pour en mettre plein la vue. Sans être meilleur ou moins bon que le film de Gareth Edwards, il vaut mieux voir cette suite comme une œuvre différente à la manière de Alien le Huitième Passager et Aliens le retour.

ERREUR HUMAINE

Un défaut largement dénoncé du côté du Godzilla de 2014 était la trame narrative des humains. Si celle-ci permettait de renforcer l'idée que nous étions ridiculement inférieurs face au véritable maître de la planète, il n'en reste pas moins que l'ensemble demeurait soporifique d'un point de vue scénaristique. Malheureusement, Godzilla II conserve le même problème et sombre dans des récits ennuyeux.

Le thème de la famille est une nouvelle fois au centre de l'histoire et tente vainement d'apporter une dimension dramatique à l'ensemble de l'aventure. La mère, la fille, et le père, correspondent ensemble à un trio uniquement maintenu par de multiples scènes mélodramatiques inconsistantes. Et comme pour justifier davantage l'absurdité de l'intrigue des humains, le personnage de Millie Bobby Brown largement mis en avant lors de la promo, se révèle être plus qu'inutile à cette narration bas de gamme.

Michael Dougherty ne parvient pas à rendre attachants et intéressants les personnages qui gravitent autour des créatures. A cause de ce manque de cohésion entre l'intrigue des humains et celle des monstres, nous restons impassible face aux quelques morts qui surviennent. Certains acteurs sortent tout de même du lot, comme Ken Watanabe (Dr. Serizawa) puisqu'un lien entre son personnage et Godzilla avait déjà été mis en place dans le film de 2014, tandis que d'autres comme Charles Dance sombre dans une inutilité affligeante.

Dans l'ensemble, le casting se caractérise par des personnalités vides qui ne tiennent qu'un rôle d'interlude entre deux scènes d'action.

Le Sacrement

Godzilla, Mothra, Rodan, et Ghidorah se partagent un film pour plus d'action. Si l'envie de regretter la subtilité visuelle du Godzilla de 2014 se propage facilement, on se contentera de dire que cette suite n'est ni meilleure ni moins bonne que l’œuvre de Gareth Edwards, mais simplement différente. A mon sens, nous assistons au sacrement d'un des rares blockbusters intéressants de l'année.

Qui plus est, cela fait maintenant un long moment que les studios déterrent d'anciens films cultes et/ou appréciés (Star Wars, Hellboy, Predator, Men in Black, SOS Fantômes) dans le but de les ré-exploiter sans toutefois réussir à justifier une nouvelle exploitation de ceux-ci. A l'inverse, la nouvelle version de Godzilla s'apparente à un hommage bienvenu à cet emblème qu'est le célèbre monstre et profite des évolutions visuelles afin de redorer toute sa noblesse.

Goodbye Old Friend

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