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Vincent

Documentaire de Paul Cox Biopic 1 h 45 min 8 octobre 1987

Avec John Hurt, Marika Rivera et Gabriella Trsek

La vie de Vincent van Gogh nous est racontée à travers les lettres qu'il a écrites à son frère Théo de 1872 jusqu'à sa mort tragique.

Le principe de ce film documentaire australien est, en théorie, très intéressant : en prenant la voix (off) de John Hurt comme support, les dernières années de la vie de Vincent van Gogh sont racontées à travers une série de lettres que le peintre néerlandais a écrites à son frère Théo, marchand d'art. De 1872 à sa mort à 37 ans, ces documents permettent de pénétrer une intimité (qui m'était alors tout à fait inconnue) particulièrement émouvante. C'est un voyage très particulier, à travers les yeux d'un homme qui explore l'Europe et qui partage ses sentiments et sensations à son frère, en décrivant les lieux de son inspiration, en insistant sur les couleurs qui l'obsèdent au fil des saisons, de la Hollande jusqu'à la France provençale.

On sent un lien fort entre les deux frères dans cette correspondance, et l'accès à cette part d'intimité permet d'épouser un peu plus facilement les tourments du peintre autant que ses aspirations artistiques. Une plongée dans son 19ème siècle, au fil de la retranscription des paysages qui l'ont inspiré.

Dommage, mille fois dommage que Paul Cox gâche ce très beau matériau brut en se perdant dans une illustration de mauvais goût. Le documentaire se fourvoie assez directement dans de longs plans aux couleurs délavées et des reconstitutions vraiment peu inspirées, souvent gênantes, tentant vainement de reproduire l'environnement de l'artiste à l'aide de figurants dépressifs et de costumes d'époque. Cette partie-là du dispositif ne fait vraiment pas honneur aux émotions véhiculées par la lecture des lettres et donne plutôt envie de fermer les yeux pour se laisser guider par la voix (très appropriée, elle) de John Hurt. Le contenu des lettres est suffisamment important (inédit et imposant pour qui s'y intéresserait sans être érudit) pour oublier de temps à autre l'indigence de cette mise en scène bien terne, mais en définitive des fictions comme celles composées par Minnelli (La Vie passionnée de Vincent van Gogh, 1956) et surtout Pialat (Van Gogh, 1991) comportent une part de plaisir largement supérieure.

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