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La Comtesse blanche

Film de James Ivory Historique, guerre, romance 2 h 18 min 10 février 2006

Les relations dans les années 1930 à Shangaï entre un diplomate anglais ayant perdu la vue et une comtesse russe blanche survivant entre petits boulots et prostitution pour soutenir financièrement les membres de sa belle-famille.

Shangai, 1936. Dans une Chine martelée par la guerre, Un ancien diplomate américain (Ralph Fiennes), aveugle de surcroît, fait la rencontre d'une femme russe (Natasha Richardson) qui danse dans une boîte de nuit et se prostitue pour subvenir aux besoins de sa famille, notamment ceux de sa petite fille. Il va lui proposer un poste dans un nouvel établissement qu'il compte ouvrir, respectable, et cela pourrait très bien être la chance de sa vie...

James Ivory, grand spécialiste des entourloupes amoureuses sur fond de guerre latente, livre une succession d'histoires dans l'histoire qui amènent son film à n'être qu'une gigantesque profusion d'enjeux différents. Si la romance symbolique entre les deux est profonde dans l'amour qui se mêle au besoin, à la limite de la manipulation, le reste se retrouve emmuré dans une intrigue brouillonne et alambiquée. La comtesse blanche, vestige d'une Ninotchka ayant perdu sa saveur, est le nom de l'établissement mais aussi de l'imposante russe qui fait tourner les têtes. Ce sont deux êtres qui retrouvent le goût du mot renaissance.

Elle a la prestance, la tragédie, la lassitude. Elle est parfaite. C'est ma grande vedette.

L'idée d'un personnage aveugle n'apporte rien si ce n'est l'idée d'un antagonisme profond et destructeur quant aux "spectacles" qu'il organise mais qu'il ne peut pas voir. Saisir la pertinence de la cécité sur un film se fait avec une sensibilité nouvelle, une émotion différente qui se dégagera du récit, ce qui n'est quasiment jamais le cas ici, résumant cet handicap a un prétexte sans audace. Même si le personnage féminin est au cœur de toutes les divagations, l'actrice apporte peu et n'intéresse guère. Malgré une réalisation pieuse et délicate, comme de lents travellings face aux élans du cœur serpentant petit à petit ou de jolis fondus pour accentuer la réminiscence d'un passé qui brûle, le film ne s'impose jamais et patauge le plus souvent. On déplore l'utilisation de plongées qui n'apportent rien, des choix de musique très convenus, de trop grandes longueurs dont des scènes excessivement fades, des personnages mal exploités comme la petite fille pour ne citer qu'elle.

Une déception notable d'autant plus que La Comtesse blanche avait ainsi dire tout pour réussir mais elle n'arrive jamais à trouver le ton adéquat. Une tentative échouée au pied du mur.

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