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À double tranchant

Film de Richard Marquand Policier, thriller et romance 1 h 48 min 5 septembre 1985

Page est retrouvée morte à son domicile. Son mari, Jack, est aussitôt accusé du meurtre. Teddy accepte de défendre ce dernier mais tombe amoureuse.

Jagged Edge fait partie de ces mignardises eighties qui ont bâti la carrière cinéphilique du Professore. Dans sa base de données – avec tableaux croisés dynamiques – nous apprenons que le Professore Ludovico a vu déjà quatre fois Jagged Edge (la plupart du temps en VO), cinq si on compte ce soir, sur HD1, en VF évidemment. Un signe qui ne trompe pas : A Double Tranchant fait partie du panthéon secret du Professore

Tout aussi évidemment, A Double Tranchant semblera bien daté à celui qui le découvre aujourd’hui : moyens miteux (3 décors, et pas le moindre hélico en vue), performances d’acteurs légèrement surjouées (Glenn Close), et ficelles de scénario aisément décelables.

Facile à dire aujourd’hui, car à l’époque, Jagged Edge secouait des salles entières, vous collait au siège dès le meurtre introductif, vous faisait pleurer pendant le procès, vous scotchait dans son épilogue. En fait, A Double Tranchant fut le modèle d’une ribambelle de films à venir, meurtre shocker, film de procès, et film à twist. Le tout sous la houlette d’un réalisateur prometteur, Richard Marquand (Le Retour du Jedi), qui va malheureusement mourir deux ans plus tard, mais surtout du scénariste-star de l’époque, Joe Eszterhas (Flashdance, La Main Droite du Diable, Music Box, Basic Instinct, Sliver, Showgirls)

Le pitch est basique sur le papier : Paige Forrester a été sauvagement assassinée dans sa maison, visiblement par un détraqué sexuel. Mais Thomas Krasny (Peter Coyote), l’ambitieux procureur de San Francisco est convaincu que c’est le mari, Jack Forrester (Jeff Bridges), qui a déguisé ce meurtre en crime sexuel, pour – dans la plus pure « Tradition Colombo » – hériter de la fortune de sa femme.

Teddy Barnes (Glenn Close), l’ancienne collaboratrice du procureur Krasny, accepte de prendre sa défense, d’abord parce qu’elle convaincue de son innocence, mais aussi parce qu’un vieux contentieux l’oppose à son ancien chef. Elle est aidé par un vieux privé hardboiled joué par Robert Loggia (le Frank de Scarface).

Une fois le procès lancé, tout ce beau monde enlève les gants, et les deux parties se rendent coup pour coup. Témoins surprise, contre-interrogatoire musclé, révélations troubles sur la victime, nouvelle pistes, tout l’attirail du film de procès est convoqué… Peu à peu Glenn Close tombe amoureuse de son client, et perd pied, de plus en plus investi émotionnellement, et de moins en moins professionnellement… ces deux intrigues progressent de concert, jusqu’au dénouement final.

A la revoyure, le film de n’est pas devenu un classique comme La Fièvre au Corps, (beaucoup mieux filmé, beaucoup mieux joué) mais reste le parangon du film de procès, aussi codifié qu’un film de sous-marin : « Motion denied ! », « Overuled ! », « The witness is yours » et autres « Puis-je vous voir quelques minutes dans mon bureau ? Je ne tolérerais plus aucun écart dans ce procès !! » On y retrouve l’Avocat Acharné, le Procureur Retors et le Vieux Juge Très Sage, des archétypes qui feront florès dans les films de procès des années 90 (Suspect Dangereux, Des Hommes d’Honneur, Peur Primale, Meurtre à Alcatraz, Dead Man Walking, Philadelphia, Le Mystère von Bülow).

A Double Tranchant n’a pas inventé le genre, mais il l’a canonisé.

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