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Le Roi des rois

Film de Nicholas Ray Biopic, drame, historique 2 h 48 min 11 octobre 1961

En 63 avant J.C., Pompée conquiert Jérusalem et la fait piller. À peine entré dans la ville, Pompée arrive au temple sacré pour s'emparer du trésor mythique de Salomon. Mais il découvre alors que le trésor n'était pas autre chose que les rouleaux de la Torah. Déçu, il est sur le point de les jeter au feu lorsqu'un prêtre qui a survécu au massacre se les fait remettre et les place en lieu sûr. Bien des années plus tard éclate une série de rébellions contre l'autorité de Rome, si bien que les Romains procèdent à plusieurs mises en croix et installent sur le trône de Judée le cruel Hérode le Grand. À Bethléem, le charpentier Joseph et sa femme Marie arrivent en ville, mais n'ayant pas trouvé à se loger pour la nuit, ils se réfugient dans une étable où naît leur premier enfant, Jésus...

L’originalité du film Le roi des rois est de considérer l’histoire de Jésus du point de vue des romains, à travers l’enquête menée par le centurion Lucius. Témoin des principaux épisodes de la vie du Christ, il traversera pendant trente ans les événements, sans prendre une ride, à part un peu de neige blanche sur les cheveux.

Le film s’ouvre sur l’arrivée de Pompée au Temple de Jérusalem. Désireux d’en piller les richesses, il fait assassiner les prêtres qui gardent le lieu saint avant de s’emparer des rouleaux sacrés de La Torah. Prêt à jeter ces rouleaux « inutiles » au feu, il voit surgir devant lui un vieil homme qui le supplie de les épargner. Ebranlé, Pompée rend La Torah à l’inconnu.

En choisissant de commencer un film sur Jésus par l’invasion romaine, Nicolas Ray pose directement le point de vue de son œuvre, centrée principalement sur l’occupation romaine et qui mettra en avant, parallèlement aux moments consacrés à Jésus, le personnage de Barabbas, résistant aux envahisseurs.

La part prise par Ponce Pilate et Hérode est très importante, amenant parfois l’ennui lors des longs conciliabules. On se demande ainsi à plusieurs reprises « Et Jésus, où est-il dans le film ? », tandis que certains grands passages, que l’on aurait aimé voir illustrés, sont racontés par des témoins – Lucius principalement : le recrutement des apôtres, la marche sur les eaux…

La plupart des épisodes où Jésus apparait sont traités assez rapidement comme si le personnage n’était pas le centre du film. Lorsque l’on sait que Nicolas Ray était peu croyant, comment ne pas faire ici le parallèle avec le magnifique Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli, guidé par l’inspiration et la foi de son réalisateur et par la ferveur de ses interprètes (pas forcément croyants).

Ceci donne un film, beau dans sa réalisation, mais finalement assez impersonnel. Jeffrey Hunter, le jeune orphelin de La prisonnière du désert, compose un Jésus un peu trop poupin et pas toujours crédible, tandis que les apôtres restent trop transparents. Les personnages romains sont plus brillamment interprétés, notamment Lucius, l’attachant centurion (Ronald Egan Randell) et Ponce Pilate ( Hurd Hatfield, surtout connu pour le rôle titre du Portrait de Dorian Gray).

Parmi les personnages entourant Jésus, Robert Ryan – acteur le plus connu de la distribution – semble le plus inspiré en Jean-Baptiste, bien que fort calme pour incarner « la voix qui crie dans le désert ». On se rappellera là aussi le vociférant Michael York de Zeffirelli et la voix tonitruante de Charlton Heston (La plus grande histoire jamais contée).

Quelques ajouts surprenants ont été réalisés :

Barabbas déclenche une attaque lors du prêche de Jésus au temple de Jérusalem – De fait, au lieu de suivre Jésus à son arrivée au temple, on assiste à une scène d’action totalement inutile.

Jésus rend visite à Jean-Baptiste dans sa prison. Dans un moment d’aberration, j’ai soudain pensé qu’il allait le faire s’évader.

Heureusement, la dernière partie du film, le jugement, la montée au calvaire et la crucifixion sont bien filmés et interprétés, rattrapant l’ensemble. On retiendra du film la superbe musique de Miklos Roza ( digne de celle de Ben Hur), le beau technicolor et des mouvements de caméras audacieux (surplombant le trône de Ponce Pilate ou la croix de jésus). Le dernier quart d’heure du film, fait enfin naître l’émotion, absente jusqu’à présent, que l’histoire doit susciter.

Film à voir, mais pour ceux qui connaissent les films de Zeffirelli (Jésus de Nazareth) et de Stevens et al. ( La plus grande histoire jamais contée), très inférieur à ceux-ci dans sa narration de la vie de Jésus.

Ma critique de Jésus de Nazareth : https://www.senscritique.com/film/Jesus_de_Nazareth/critique/103753138

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