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Comment le Grinch a volé Noël !

Téléfilm de Chuck Jones et Ben Washam Animation, comédie, fantastique 26 min

La préparation de Noël bat son plein dans la petite ville de Douxville. Tous les habitants frémissent de bonheur à l'approche de la grande fête, sauf le Grincheux, créature verte et recouverte de poils bien décidée à gâcher les festivités depuis qu'il a été forcé à l'exil.

Les préparations pour la fête de Noël battent leur plein dans la petite ville de Who-ville. On chante, on prépare le sapin, les décorations de Noël, bref, tout le monde est heureux... Tout le monde à l'exception du Grinch, créature verte, poilue et sans cœur qui vit recluse dans les montagnes avec son chien. Le Grinch déteste Noël, les Who et tout ce qui touche de près ou de loin au 25 décembre (cadeaux, festin de Noël, chansons). Il décide d'empêcher Noël d'avoir lieu à Who-ville, et pour cela, il a l'idée de se déguiser en Père Noël afin de voler cadeaux et décorations.

Ainsi, le Grinch prépare son costume de Père Noël et déguise son chien en renne, et embarque beaucoup de sacs avec lui pour dérober tout ce qu'il peut dérober. La nuit de Noël, le Grinch parvient à s'infiltrer dans la ville et exécute son opération sans trop de difficulté. Il dérobe absolument tout : les cadeaux, les friandises, les décorations, les boules de Noël, le festin de Noël, le sapin... Fier de son larcin, le Grinch, au petit matin, attend avec impatience la réaction des habitants.

Il va constater que la réaction des Who n'est pas celle qu'il attendait, bien au contraire. Les Who n'ont plus rien, mais ils chantent et se réunissent en cercle à l'emplacement du grand sapin. Car il y a une chose que le Grinch n'a pas pu dérober : l'esprit de Noël, qui ne dépend pas forcément de choses matérielles. Une grande lueur éclaire Who-ville. Le Grinch comprend alors le véritable sens de Noël, et n'est pas insensible à la situation. Son cœur s’agrandit et il décide de réparer ses torts. Les Who ne sont pas rancuniers, loin de là, ils invitent même le Grinch à leur festin de Noël. Il a même l'honneur de couper le rôti.

Adapté du conte du Dr. Seuss et bien avant l'adaptation de Ron Howard avec Jim Carrey en vedette, ce court-métrage signé par le grand Chuck Jones (accompagné d'un de ses animateurs fétiches Ben Washam) durant sa carrière à la MGM après avoir quitté la Warner est un beau cadeau de Noël. Le réalisateur met tout son talent créatif en oeuvre et permet de mieux faire ressortir le côté imaginatif du conte au travers de petites scènes inventives, il n'y a qu'à voir la façon dont le Grinch détrousse les habitants, lui-même fait parfois preuve d'imagination (le grand sapin du village qu'il embarque avec lui tel un parapluie, les boules de Noël façon boules de billard).

On a l'habitude dans les dessins animés de voir un antagoniste plus bête que méchant, or ici, dans le cas du Grinch, c'est l'inverse. Il est très malin et sait comment s'y prendre pour détrousser les Who sans difficulté. Les seuls petits problèmes qu'il rencontrera sont dus à la maladresse de son chien ou à une intervention qui n'était pas prévue, mais il sait comment s'en tirer. Le Grinch en lui-même, doublé par le génial Boris Karloff (légendaire interprète du monstre de Frankenstein chez James Whale) qui est toujours aussi à l'aise avec les vilaines créatures (il fait également la voix du narrateur), est assez attachant, et on ne reste pas insensible à son machiavélisme au début. D'autant que la chanson qui accompagne son larcin est assez mémorable.

Quant à la fin, elle est très réussie et plutôt juste en terme d'émotion tout en évitant de sombrer dans la mièvrerie. Le Grinch découvre que l'esprit de Noël dépasse ce qu'il pensait, car selon lui, Noël était surtout matérialiste. Or, les Who ont gardé l'esprit de Noël même sans leurs cadeaux, leurs décorations ou autre festin de Noël. Ils sont ensemble, ils sont heureux, ils chantent et une lueur surgit soudainement au milieu de leur ronde. Difficile d'être insensible à un tel final. Chuck Jones n'hésite pas non plus à lancer quelques touches d'humour bienvenues qui collent bien avec le récit, avec quelques passages cultes comme le large sourire du Grinch.

Comment le Grinch a volé Noël ! est pour résumer un adorable moyen-métrage qui mérite bien d'être visionné. Il n'a pas la force émotionnelle du Noël de Mickey de Burny Mattinson, mais reste un concurrent de choix, bien emballé par Chuck Jones et très attachant. En ces termes, il reste lui-aussi un dessin animé de choix pour les fêtes, que je recommande sans hésiter.

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