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Jusqu'au bout du monde

Film de Wim Wenders Action, drame, science-fiction 4 h 40 min 12 septembre 1991

A l'aube du XXIe siecle, alors que la Terre est menacée par un satellite atomique dont on a perdu le contrôle, Claire Tourneur va parcourir le monde à la poursuite de Trevor McPhee dont elle est amoureuse.

Je suis le genre de gars qui adore les films passés inaperçu ou rare, j'aime cette sensation d'être un des privilégiés ou tout simplement un des peu nombreux à avoir vu quelque chose, avec le cinéma je suis toujours à l’affût du film que personne connait. C'est également le cas pour les films longues durées ou les versions longues, j'aime tout autant cette sensation d'oeuvre unique à la longueur démesurée, tel un Il était une fois en Amérique, un Barry Lyndon, La Porte du paradis ou encore pour ne citer qu'eux un Love Exposure. Mais le plus souvent avec ces œuvres à rallonge l'important c'est de ne pas être déçu car j'en attend beaucoup et je pense que c'est normal.

Alors quand mon petit ego tombe sur un commentaire de ArnaudBalo que je salut et remercie au passage pour la découverte bien qu'involontaire, je n'ai pu que tomber de joie, en plein stress à ce moment là, y'a deux jours, l'envie de découvrir cet ovni rare du septième art m'a fait redescendre un moment cette tension. Ce n'est même pas l'affiche qui m'a spécialement interpellé, j'ai cliqué car il s’agissait d'un film de Wim Wenders au départ il me semble, et ce n'est qu'après avoir posé les yeux sur la durée de 4h40 que là j'ai sauté au plafond. Me v'là donc en train de parcourir le web à la recherche de quelques images, pis je tombe sur un truc futuriste qui m'a l'air bien dingue, puis ce casting loufoque, bon sang fallait que j'me jette dessus.

Ouais je sais j'parle trop de moi, mais bon j'te rappelle au passage que c'est ma critique et que par conséquent j'fais un peu c'que je veux, quoi tu vas me faire un procès ? T'en rêve hein ?! En parlant de rêve (vise la transition quand même ;), Wim Wenders dont jusqu'à lors je n'avais vu que le très beau et réputé Paris, Texas nous plonge ici dans un récit fou de plus de quatre heures trente, autant dire que si t'as quelque chose de prévu dans la journée, décales... moi j'me suis levé à 7h du mat' rien qu'pour lui, t'imagines le cinéphile... Bon comment te parler de ce film ? Déjà c'est un road movie, le road movie ultime d'ailleurs, parce que t'en as pour ton billet, tu voyages dans un peu moins de 10 pays et tu te tapes quasiment tous les continents. Niveau décors c'est donc un sans faute, de plus l'univers rétro-futuriste est vraiment génial, bien qu'un peu trop en retrait à mes yeux certaines fois, mon envie d'en voir toujours plus reprend le dessus. Jusqu'au bout du Monde à ne pas confondre avec le troisième volet du pirates des caraïbes fut un échec au box office dans sa version cinéma, avant de ressortir dans la version voulue par son réalisateur qui rajoute une bonne heure et demie en plus je crois. Sa longueur et son non succès en on fait un ovni méconnu du grand public, mais comme c'est le genre de cinéma qui divise il est dur de rétablir l'ordre.

Solveig Dommartin co-scénariste et femme de Wim Wenders campe ici Claire, une femme ne sachant pas vraiment quoi faire de sa vie jusqu'au jour où elle croisera la route d'un certains Trevor McPhee, homme mystérieux poursuivi par un autre. A partir de là s'en suit une aventure voyageant entre histoire d'amour, argent volé, détective privé, machine à rêve révolutionnaire et fin du monde. Un beau mélange de tout et n'importe quoi qui offre des moments d'émotions comme des moments comiques et joyeux. Irrésistible de voir le petit concert que se confectionne le groupe d'amis lors de la seconde partie du film. Car oui le film est bien divisé en deux, durant la première partie nous voyageons à travers de nombreux pays, découvrons les différents personnages qui se dévoilent peu à peu, nous essayons également de comprendre ce qui les relient tous. Alors que la seconde se déroule uniquement en Australie, partie plus posée disposant quand même de ses bons moments de folies. Même moi qui ai déjà vu plusieurs films assez longs, je n'arrive toujours pas à me faire à l'idée de la richesse qu'on peut trouver dans une oeuvre de plus de quatre heures, c'est vraiment incroyable, des fois tu te dis "tiens ça sent la fin là..." et pas du tout, BIM un nouveau truc et ça repart. Mais voilà quand c'est devant un film qui n'ennuie pas une simple minute tout va bien, du moins je n'ai personnellement pas eu le temps de m’ennuyer, j'ai aimé de bout en bout, l'univers unique est filmé avec maestria par son réalisateur, remastérisé en HD les images sont superbes. Niveau langue, version originale oblige mais plusieurs passages sont en français, puis la mise en scène est stupéfiante, faire vivre et évoluer des personnages durant autant de temps c'est d'une force. Solveig Dommartin est mystérieuse, attachante, aux cotés d'un William Hurt exceptionnel, un rôle magnifique, Sam Neill qui narre de bout en bout l'histoire est tout aussi fabuleux, Max von Sydow on en parle ? Y'a besoin ? Jeanne Moreau dont je ne raffole pas est tout à fait juste ici, puis Rüdiger Vogler carrément excellent avec son logiciel de détective follement délirant d'inventivité, et le duo Chick Ortega, Eddy Mitchell, la cerise sur l'ovni, parfait.

En bref, car il est temps de se quitter, une oeuvre difficile à noter tellement elle est complète et surréaliste, loin des faiblesses scénaristiques et des artifices bidons, portée par une bande originale délicieuse, U2, Dépêche Mode, Lou Reed, Patti Smith, Elvis Costello ou encore Nick Cave ont composé juste pour le film. Techniquement c'est sans reproche, et je n'ai de toute manière aucun reproche à faire au film.

Une très belle découverte en somme, qui va me forcer à me pencher vraiment plus sur l'univers de ce Wim Wenders.

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