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The Tag-Along

Film de Wei-hao Cheng 1 h 33 min 27 novembre 2015

Wei est un jeune homme avec un tas de projets dont le mariage, des enfants et une belle maison. Pour se faire, il travaille plus que de raison pour vivre enfin sa grande histoire d'amour avec sa petite amie Yi-chun Shen. Mais sa grand-mère, avec qui il vit, disparaît et Wei s'évapore à son tour...

Après le film de fantômes chinois, le « Sadakisme » nippon, les sirupeuses romances horrifico-fantastiques venues du pays du sourire, les purges Singapouriennes et les vaines tentatives sud-coréennes, c’est cette fois de Taïwan que nous arrivent les spectres grimaçants made in asia.

Une histoire de disparitions et de réapparitions abracadabrantes - car en général quand votre grand-mère disparaît seule dans la forêt en pleine nuit, elle ne sera plus jamais le même...- mise en scène par un réalisateur qui semble plus intéressé par l’aspect démonstratif, avec un déferlement d’effets spéciaux faisant apparaître d’étranges spectres d’enfants-monstres qui sautillent, se déplacent sur les murs à la verticale, qu’on retrouve en pleine nuit posé sur le buffet du salon à vous épier, ouvrant une gueule béante pour dire « pourquoi tu m’as abandonné ? » et tentant vainement d’installer un climat sensé déclencher la pétoche, qui fait franchement sourire pour tout amateur du genre qui connaît parfaitement le mécanisme du déclenchement du trouillomètre.

Faisant référence à de vieilles croyances très ancrées dans la culture ancestrale Taïwanaise, le jeune réalisateur Cheng Wei-Hao dont il s’agit du premier long-métrage, après être passé par le documentaire, ne parvient jamais, malgré de réelles qualités de mise en scène et une mise en image plutôt soignée, à créer ce que l’on est en droit d’attendre de ce genre d’œuvre, et enrobe son propos d’une morale qui prête à sourire. Il cherche à imposer ses influences stylistiques que l’on irait chercher du côté de Nakata ou Kyoshi Kurosawa, ou comment intégrer la fantasmagorie dans le monde réel, tout en cherchant à faire renaître le mythe de la légende urbaine dans le quotidien de personnes singulières.

Ayant en permanence recours à des effets visuels, plutôt réussis avouons-le, afin de se sortir d’un cambouis scénaristique qui frise souvent le ridicule, et ne prête même pas à sourire, même s’il cherche parfois à détendre la rectitude d’une atmosphère très autoalimentée, que je qualifierai d’auto-suffisante, par un recourt systématique à des effets de style et un déferlement d’apparitions de spectres d’enfants monstrueux qui se déplacent bizarrement – décidément l’effet Ring a définitivement phagocyter l’univers du film d’horreur asiatique – et une espèce de morale que certains qualifieraient de complaisante.

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