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Feed

Film de Tommy Bertelsen Drame 1 h 35 min 18 juillet 2017

Avec Troian Bellisario, Tom Felton, Ben Winchell

Olivia et Matthew Grey, deux jumeaux en dernière année au lycée, sont séparés par une tragédie soudaine.

Feed et To the Bone traitent du combat contre l'anorexie, de la descente aux enfers jusqu'à la l'acceptation de la maladie en l'envie de s'en sortir. Il y a quelques bons points communs entre ces deux films, tels que l'implication de la famille qui très souvent ne remarque pas ce qui se passe, ou alors trop tard, ou encore le fait que la famille puisse être en partie responsable. Cependant, les deux films ont une approche totalement différente de la maladie.

Feed fait très bien ressortir ce qu'on ressent quand on est anorexique. Il montre comment on peut en tomber dedans sans rien remarquer, il parle vraiment du ressenti intérieur avec "la voix", la perte de contrôle, l'anxiété et la pression de l'entourage, le sport à l'excès et la souffrance que ça implique, le manque de sommeil, les excuses pour ne pas manger, etc. Ayant souffert de TCA pendant des années, je me suis totalement retrouvée dans l'attitude d'Olivia. C'est un film très noir, qui rentre presque dans le genre du thriller et qui pourrait effrayer puisqu'il rentre sans détours dans tout ce que l'anorexie implique. Le film montre suffisamment de l'horreur et du désespoir pour empêcher de donner "envie" à quiconque de tomber là-dedans ou d'idéaliser la maladie.

To the Bone se concentre principalement sur "trouver le déclic" qui ferait qu'on essaye de s'en sortir, mais je l'ai trouvé un peu moins réaliste dans les faits... Ellen a déjà pris conscience de sa maladie mais ne semble pas avoir encore trouvé l'envie de s'en sortir au début. Le point positif de ce film est qu'il amène Ellen à se poser LA question qui puisse encore la sauver : veut-elle vivre? Bien souvent les anorexiques ne réalisent pas véritablement qu'elles (ou ils) se mettent en danger et peuvent arriver un stade où l'arrêt cardiaque peut survenir à tout moment. Elles ne se rendent pas compte qu'elles sont sur le point de mourir. Et, réaliser qu'elles ont envie de vivre est souvent ce qui leur permet de relever la pente, parce qu'elles ont soudainement une raison d'aller mieux. Toutefois, j'ai trouvé que To the Bone était un peu trop léger, presque comme si c'était facile et drôle d'être malade. Ellen ne semble jamais réellement souffrir, comme lorsqu'elle fait ses sit ups tranquillement. Je me souviens que je faisais ça comme une punition et j'en faisais tellement que je finissais en larmes. Au début du film, on apprend qu'elle en fait trop, mais jamais le film ne montre à quel point c'est l'excès et que ça la fait souffrir. Ensuite, son comportement à table et face à la nourriture est plus comique qu'autre chose... Même si j'imagine que chaque malade vit l'anorexie à sa façon, je ne me suis pas retrouvée en Ellen. C'était trop cliché. La romance était largement de trop (est-il seulement possible de faire un film sans qu'une romance s'en mêle de nos jours ???). Et il manquait l'aspect "dépressif" et "isolé" d'Ellen, qui je pense, est commun à toutes les anorexiques... L'anorexie n'est pas une blague ! A la fin, Ellen se voit "enfin" maigre et ce n'est pas crédible de changer de mentalité en quelques secondes. Guérir et apprendre à se voir et s'apprécier et un combat sur le long terme. Et ne parlons même pas de la scène où elle est nourrie comme un bébé par sa mère... quelle image des anorexiques cette scène est-elle censée donner ?

Finalement, je dirais que To the Bone risque une fois de plus de donner un mauvais message sur ce qu'est l'anorexie. Il peut aider à apporter des réponses et ouvrir des débats pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de la maladie, mais je ne le recommanderais pas (et encore moins à ceux atteints de TCA). En revanche, Feed est indéniablement plus réaliste et peut aider à comprendre le contexte dans lequel la maladie peut survenir et à quel point la famille et même l'anorexique elle-même ne comprennent très souvent pas ce qu'il se passe avant qu'il ne soit trop tard. J'ai particulièrement aimé le message d'espoir à la fin, très réaliste une fois de plus, qui montre que la maladie ne s'en va pas en un clin d'oeil : les voix demeurent bien souvent dans le coin de notre tête, mais on peut choisir de ne pas les écouter.

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