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Hirune Hime : rêves éveillés

Long-métrage d'animation de Kenji Kamiyama Animation, drame et fantastique 1 h 50 min 18 mars 2017

Avec Mitsuki Takahata, Shinnosuke Mitsushima, Yôsuke Eguchi

Morikawa vit avec son père à Okayama. Depuis peu, elle fait une série de rêves étranges. Quand soudain, son père est arrêté par la police. Avec l'aide de son ami Morio, Morikawa est déterminée à libérer son père, ainsi que de démêler le mystère de ses rêves.

Alors que Moi Moche et Méchant 3 sorti sur les écrans il y a à peine plus d'une semaine fait rayonner l'animation Américaine avec un carton à 1 929 000 entrées cumulées en une semaine et que Pixar prépare son retour sur le circuit avec les bolides de Cars, loin de la grande distribution Gaumont-Pathé, une nouvelle petite perle venu tout droit du pays du soleil levant fait une entrée (très) discrète dans les quelques salles de Cinéma voulant bien d'elle. Avant toute chose, je tiens à remercier mon cinéma d'Arts et d'Essai local de m'avoir permis de découvrir le film sur grand écran ! Otaku et fan de Japanimation dans l'âme ayant vu toute la filmographie de Miyazaki, Hosoda, Kon, Shinkai ect, collectionnant les claques visuelles que j'ai pris devant la plupart des Ghibli, je demeure constamment intrigué par le moindre film d'animation Nippon. Tombé un jour, un peu par hasard sur la fiche Allociné du film et à la lecture du synopsis, je dois dire que j'ai été assez rapidement séduit et tenté par "Hirune Hime: Rêves éveillés". La pêche ayant pour le moment été très bonne en terme de film d'animation Japonais de qualité ("Your Name", le dernier Makoto Shinkai m'a collé LA claque émotionnelle du siècle, sans oublier le très émouvant "A Silent Voice", adaptation du manga éponyme de Yoshitoki Oima par Naoko Yamada), il me tardait de découvrir le film. "Hirune Hime: Rêves éveillés", film d'animation Japonais indépendant réalisé par Kenji Kamiyama, à qui l'on doit des films comme "Ghost in the Shell: Stand Alone Complex" ou encore "009 RE: Cyborg en 2012, est un joli conte familial aux accents fantastiques.

L'histoire commence dans le royaume d'Heartland. Dans une grande cité industrielle ou les employés travaillent sans relâche à la construction d'automobiles hyper perfectionnées tel des esclaves, "Ancien", princesse du pays, est une fillette maline. Doté d'une tablette tactile magique, la petite fille a le pouvoir de donner vie aux objets qui l'entoure grâce aux applications. Un jour, à la suite d'un coup d'état, la petite princesse est contrainte de fuir. Parallèlement, Kokoné Morikawa, jeune lycéenne de Terminale, rêveuse, vit à Okinawa avec son père garagiste. Très souvent, la jeune fille passe son temps à rêver qu'elle vit d'incroyables aventures dans un monde imaginaire. Mais le jour ou son père est arrêté par la police pour d'obscures raisons, Kokoné, aidée de son ami Morio, se lance à son secours dans le but de tenter de percer les raisons de cette arrestation. Mais quels secrets se cachent derrière l'arrestation du père de Morikawa ? Quelle lien y a t-il entre Kokoné et "Ancien", la petite princesse d'Heartland ? Et si le rêve était la clé de toute cette énigme ?

Voilà pour le pitch global. Verdict : Présenté au dernier festival d'Annecy, "Hirune Hime" a surprit...mais pas dans le bon sens du terme. En effet, le film a engendré pas mal de critiques négatives à son égard (une première pour un film d'animation Japonais ^^). Avec 3/5 de moyenne de Presse sur Allociné et des avis également mitigés côté spectateurs, il a fallut que je revois mes attentes : H.H ne serait vraisemblablement pas un film "événement" dans son genre; j'y allais pas avec l'impatience de découvrir un nouveau Ghibli quoi ^^. Donc, "Hirune Hime", qu'est ce que ça vaut ?? Ben c'est plutôt bien. Entre Summer Wars, Patéma, mélangé à du...Evangelion (oui oui j'vous assure ^^)...Hirune Hime nous embarque là dans un sacré délire a tel point que plusieurs fois pendant les 1h50 du film, on s'interroge sur la nature de celui ci ^^. Du bon et du moins bon dans ce grand gloubiboulga de Fantastique-onirique-magie, dans un registre de Drame Familial sur fond d'Industrialisme Automobile....OUI c'est sérieux !! O_o L'Histoire d'Hirune Hime est sympa, bien dotée d'une profondeur dramatique, Kamiyama est conscient du potentiel émotionnel de son film et sait globalement l'utiliser. Comme l'a très justement souligné "L'Ecran Fantastique" dans sa critique, Hirune Hime possède un petit charme proche de celui du fantastique-social de chez Mamoru Hosoda. Il n'y a pas de doute à avoir quand au fait que Kamiyama se soit très certainement inspiré de ce "Sensei" pour son film. On pensera notamment à "La Traversée du Temps" (2006) ou encore "Summer Wars" (2009) et en ressentant cette emprunt aux films d'Hosoda, j'ai trouvé ça très plaisant ! Le film est très rythmé, l'introduction n'est pas longue et pose les bases dans les 2 univers,

celui du Rêve de Morikawa: le Royaume industriel d'Heartland, sorte de mélange fantastico-futuriste mettant en scène une sorte de dystopie à travers une sorte de monarchie tyrannique destinée à la conception automobile (pas sans nous rappeler le travail à la chaîne avec le Fordisme et le travail à la chaîne dans les années 1900), et le Japon de nos jours dans le réel,

permettant à l'intrigue de vite se mettre en place et d'entrer dans le vif du sujet d'une intrigue au rythme trépidant, temps morts absents. Là ou ça se complique, c'est dans l'équilibre entre l'histoire de Morikawa dans le réel et celle d'Ancien dans le rêve.

Bien évidemment, la princesse Ancien n'est autre que Kokoné elle même se projetant dans son rêve; ainsi, l'intrigue est la même, mais double. Plus tard dans le récit, le récit semble s'emmêler les pinceaux, Kamiyama semble un peu embrouillé et, comme s'il voulait continuer à faire avancer le véhicule coûte que coûte (on est dans le registre de l'automobile, continuons dans ce lexique ^^), le gars continu presque désespérément à mettre n'importe quelle essence dans le réservoir pour masquer le vide d'un récit proche de la panne. Le gars y va, allez hop on rajoute des Mechas (le mec s'est crut dans Evangelion ou Pacific Rim ou bien ??!) puis un démon de lave et puis t'as la ville d'Heartland qui tombe en ruine, et puis le mecha du père de Kokoné qui se retrouve dans l'espace. Sans parler du fait que Morikawa se retrouve elle même (pas en version princesse) dans le rêve et puis hop, une minute après elle revient dans le réel...

on est "légèrement" (pour ne pas dire complètement ^^) déboussolé à la fin. En fait, "Smartphone no Hime" (comme j'ai envie de l'appelé XD) est une grosse Joke ! Mais une blague dans le bon sens du terme ! L'intrigue n'a parfois ni queue ni tête, les péripéties entre Rêve et Réalité ont tendance à passer du coq à l'âne, les situations s'enchaînent de façon WTF mais perso, étant habitué aux délires un peu n'importe quoi de la Japanimation (Paprika ^^), y a des fois j'ai juste envie de rire. Le problème d'Hirune Hime, c'est qu'il ne sait pas sur quel pied danser. Le film fait sans cesse du cloche pied jusqu'à presque perdre de vue l'intrigue. Le film fait parfois (selon moi) l'erreur de prendre un ton sérieux alors qu'il est narrativement désorganisé (bien qu'au moins, ça permet d'éviter toute prévisibilité), là ou il devrait moins l'être car le ton sérieux n'étant pas vraiment en accord avec certaines scènes, le récit manque de tomber dans le ridicule. Mais bon, je préfère un film allant au bout de son délire quitte à tomber dans le ridicule, qu'un film n'assumant pas son délire, et Kamiyama assume ! Visuellement, si l'on atteint pas le teint coloré des films Ghibli, Hirune Hime possède un graphisme joli à regarder, esthétiquement proche de celui d' "Hana et Alice mènent l'enquête" de Shunji Iwai, sorti l'année dernière et, aux accents estivaux bien agréables qui donne lieu à de belles scènes en 3D comme

la séquence ou Kokoné et Morio (dans le rêve) volent dans le ciel à bord de la moto, ça fait assez "Peter Pan" et ça m'a même fait penser à E.T à un moment,

tout ça pour dire que ça réussi quand même à créer un parfum de féerie ! Morikawa, l'héroïne, est attachante. Tout d'abord intrigante puis touchante par la suite, par contre, hormis elle, les autres personnages restent très décoratifs et pas impliqués. Bon, je crois avoir fait à peu près le tour, au final, "Hirune Hime: Rêves éveillés" est une sympathique oeuvre de la japanimation, croisement entre poésie onirique et fantasy industrielle dans un style aux inspirations "Hosodiennes", on ne tient pas là une oeuvre notable mais, en attendant "Mirai", le prochain Mamoru Hosoda prévu pour Mai 2018, "Boro: la petite Chenille" qui signera le retour du "Walt Disney" Japonais, Miyazaki, ou encore le prochain Makoto Shinkai encore à l'état de projet, "Hirune Hime" reste un bon film qui nous fait rêver :)

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