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Casse-Noisette et les Quatre Royaumes

Film de Lasse Hallström et Joe Johnston Fantastique et musique 1 h 39 min 28 novembre 2018

Avec Mackenzie Foy, Keira Knightley, Morgan Freeman

Tout ce que souhaite Clara, c’est une clé. Une clé unique en son genre, celle qui ouvrira la boîte contenant l’inestimable cadeau que sa mère lui a laissé avant de mourir. À la fête de fin d’année organisée par son parrain, Drosselmeyer, Clara découvre un fil d’or qui la conduit jusqu’à cette...

Bigarré, boursouflé, surchargé, formaté : Casse-Noisette et les quatre royaumes est tout cela à la fois. Car nous ne saurions dire comment l’édifice tient debout, tant ses poutres plient sous le poids des effets numériques parfois somptueux parfois fort laids. Deux cinéastes à la barre pour deux visions du conte a priori antagonistes que les nécessités de production ont fusionnées : Lasse Hallström semble privilégier la magie et le récit intimiste, là où Joe Johnston carbure à l’action teintée de sauvagerie primitive. En résulte une œuvre hybride, chimérique et donc passionnante qui, en sautant à pieds disjoints dans les lieux communs, dérègle la mécanique de l’horlogerie hollywoodienne. Il y a beaucoup de Tim Burton là-dedans, et sa relecture d’Alice au pays des merveilles influence les orientations esthétiques du film tout autant que sa trame scénaristique.

Pourtant, quelque chose va plus loin, plus loin dans cette atmosphère torturée aux accents gothiques qu’animent le roi des rats – conglomérat de rats plutôt effrayant – et l’automate géant en forme de reine rouge, que perturbent des clowns cabrioleurs, que trouent des rongeurs de sorte à faire disparaître de la surface de la terre une armée de soldats. Une gargouille regarde la lune, nous ne sommes pas loin du Wolfman de Johnston. Puis vient le ballet, le somptueux ballet qui propose une sorte d’immersion théâtrale au sein d’un cérémonial lui-même théâtral, au cœur d’une œuvre de fiction. Hétérogène, voilà l’adjectif qui qualifierait au mieux Casse-Noisette. Une hétérogénéité pourtant unifiée par la splendide partition musicale de James Newton Howard qui s’offre ici le luxe de revisiter Tchaïkovski, ce qu’il fait avec respect et pertinence. C’est dire que l’intérêt que présente cette production Disney ne réside pas tant dans ses intentions initiales (niaises et commerciales) que dans les concessions effectuées en urgence pour raccommoder un film malmené. Et c’est paradoxalement le dysfonctionnement de l’écriture programmatique chère à la souris milliardaire qui accouche d’un rejeton difforme, donc original.

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