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Pornocratie, les nouvelles multinationales du sexe

Documentaire de Ovidie 18 janvier 2017

En six ans, l’humanité a regardé l’équivalent de 1,2 million d’années de vidéos pornographiques, et plus de cent milliards de pages sont visitées chaque année sur des sites de streaming. À eux seuls, YouPorn et PornHub représentent aujourd’hui 2 % de la bande passante d’Internet. Des chiffres...

Bof, pas terrible ce docu, j'en attendais bien plus de la part d'Ovidie qui côtoie toujours l'univers du porno.

Je me suis retrouvé perdu face au sujet. On sait pas trop où l'auteure veut en venir avant d'arriver à la moitié du film : les méchants qui gèrent le sexe, lui font du mal en le distribuant gratuitement. En gros, elle reprend l'idée de complot mais à la 'sauce' porno. Sauf que c'est tellement peu creusé... elle pose des questions bateaux (autrement dit elle défonce des portes ouvertes) et se contente des simples réponses. Ha mais oui, en fait, on ne sait rien de ces gens... alors du coup on tourne autour du pot pendant une heure. Des gens qui témoignent, qui donnent leur avis personnel mais qui n'ont au final aucune preuve. L'enquête est vraiment très très mince, difficile donc de trouver tout cela légitime. Le but était-il de lancer une enquête judiciaire ? Bof, je ne vois pas trop ce qui pourrait convaincre les autorité de se lancer là-dedans au vu du documentaire, l'auteur ne faisant que ressasser des choses que tout le monde dit déjà : dans le monde du porno, tout le monde, surtout les actrices, est exploité. L'auteure ne propose aucune situation intéressante, ce sont de simples interviews dont les questions sont toujours plus banales ou attendues. Rien de surprenant. Même quand elle essaie, maladroitement de s'intéresser à la vie d'actrice porno, ça ne va pas très loin : le fait le plus mémorable reste la séquence où on parle de combien de pénis une femme peut se prendre en même temps... et ça se passe au début du film ! Et ça ne va pas très loin, on dirait plus une conversation du type d'ados dans une école qui parlent d'un prof qui a la réputation d'être méchant...

On se perd donc dans tout cela. Et puis ça manque de recul. On sent qu'Ovidie veut taper sur les doigts des dirigeants mais elle ne propose jamais de contre-point. j'ai aussi trouvé ses arguments assez peu travaillés : quand elle dit que les actrices sont considérées comme un bout de viande et que le fait qu'il n'y ait pas leurs noms sur les vidéos le prouvent... j'ai envie de dire qu'elle cache une partie de la réalité : lorsqu'on met le nom d'une actrice porno sur une vidéo, il y a de fortes chances pour que la vidéo soit supprimée sous peu ! Ben oui, logique, les compagnies veulent protéger leurs biens puisque, et là je l'admets volontiers, le piratage fait du tort à l'industrie du porno, bien plus qu'à la musique et au cinéma (puisque ces deux autres branches ont d'autres recours lucratifs tel que le cinéma ou le concert). Donc les uploaders ne mettent plus les noms des actrices. Et clairement, les fans ne prennent pas les actrices pour des numéros, il se développe au contraire un mouvement de fans similaires à celui d'un comic con, au point que certaines actrices consacrent de plus en plus de temps à des shows en cam qui leur permettent d'être plus autonomes. Tout cela n'est pas vraiment abordé. Ou alors, c'est pour en revenir à ces gens de l'ombre qui dirigent tout, c'est tellement plus facile. Et puis le mystère ça fait vendre. C'est peut-être vrai, mais c'est tellement peu investi que je n'ai pas vraiment envie d'y croire, que je ne prends pas cela au sérieux. C'est dommage.

La mise en scène n'est pas terrible. C'est joli visuellement, les cadres sont bien composés et tout. Mais le découpage est un peu bête, Ovidie devrait s'en tenir au porno : le moment où elle souligne au fluo des textes, c'est bête, surtout que depuis le début il y a cette voix off qui explique tout (pour ce qu'il y a à expliquer). Il y a beaucoup de plans qui ne servent à rien. Des moments qui auraient pu être raccourcis. Des angles de vue qui ne sont pas pertinents (comme voir Ovidie écouter et hocher de la tête). Les intervenants ne sont pas très intéressants non plus : ils n'ont pas grand chose à dire, ils ont juste l'air d'être content de pouvoir donner leur avis, du coup ils en font un peu trop alors qu'ils n'ont en fait pas grand chose à dire. C'est la faute à Ovidie : elle n'arrive pas, à leur faire dire des choses intéressantes : c'est ça la direction 'd'acteur' dans un docu, c'est être capable de faire dire des choses intéressantes à des gens. Mais là, vu qu'elle se contente toujours du superficiel, j'imagine qu'elle posait juste ses questions puis coupait la caméra. Erreur ! Ne jamais couper la caméra : coller ses sujets même quand il n'y a pas de questions posées, ils vont alors avoir le besoin de dire d'autres choses le plus souvent liées au sujet (puisqu'ils savent de quoi traite le docu) et puis parfois non mais peut-être que ça pourra servir d'anecdote sympa à un moment pour relâcher un peu la tension ?

Bref, y a vraiment pas grand chose à manger dans ce docu : c'est racoleur, c'est creux, c'est maigre... Dommage.

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