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The Big Sick

Film de Michael Showalter Comédie romantique 2 h 20 janvier 2017

Avec Kumail Nanjiani, Zoe Kazan, Holly Hunter

Issu d'une famille pakistanaise qui a immigré aux États-Unis, Kumail sent qu'il a des obligations envers les siens, que ce soit au niveau de l'emploi ou de son futur mariage arrangé. L'homme ne rêve pourtant que de gagner sa vie comme humoriste. Lors d'un de ses spectacles, il fait la rencontre...

Attention, vous êtes en présence d'une petite merveille de feel good movie, risques importants de bouffées d'air frais émotionnel pendant près de deux heures !

On avait évidemment repéré le potentiel comique de Kumail Nanjiani dans l'excellente série "Silicon Valley" où il incarne le magnifiquement sarcastique Dinesh Chugtai mais rien ne nous avait préparé à ce que le bonhomme signe un scénario d'une justesse aussi incroyable dans toute la richesse des thématiques qu'il explore.

Grandement autobiographique, "The Big Sick" a été écrit à quatre mains par Kumail Nanjiani et sa femme Emily Vance Gordon, l'acteur y joue son propre rôle de jeune comique jonglant entre son petit boulot de chauffeur Uber, la liberté que lui offre ses numéros de stand-up et les traditions familiales pakistanaises auxquelles l'attachement à son cadre parental, aussi chaleureux que rigide, ne lui permet d'échapper. Inspiré de la véritable rencontre du couple, le film va bien sûr faire entrer rapidement une donnée sentimentale avec le personnage d'Emily (incarnée ici par la on-le-répétera-toujours-génialissime Zoe-Kazan) et nous coller tout aussi vite un énorme sourire aux lèvres par la magie réalistico-romantique qui se dégage de leurs échanges magnifiés par la qualité impressionnante des dialogues. Et cette qualité d'écriture sera valable pour toutes les facettes de la vie de Kumail dans lesquelles il se retrouve pris au piège lorsqu'elles ont le malheur de se conjuger : que cela soit sa montée en puissance sur scène, son rapport difficile à la religion et aux comportements traditionalistes étouffants de ses parents (les tentatives de mariage arrangé de sa mère), ce début d'histoire d'amour inattendue ou, bien entendu, l'arrivée tragique de la maladie dans sa vie qui en découlera, tout semble empreint d'une authenticité qui tutoie le génie ! "The Big Sick" a ce don fou d'emporter l'empathie immédiate du spectateur par cette espèce de sincerité palpable qui se traduit autant dans la drôlerie découlant de l'absurdité très finement relevée de certaines situations que dans ses instants bien plus dramatiques et ce, toujours en évitant l'écueil de la mièvrerie avec lequel ce genre de film a parfois l'habitude de trop souvent fleurter. On pensera à la série "Master Of None" tant Aziz Anzari partage certaines thématiques et cette forme de vérité dans les rapports humains qui se dégagent du film de Kumail Nanjiani (le film est réalisé par Michael Showalter, le créateur des "Wet Hot American Summer", mais le travail du comédien-scénariste est tellement présent que l'on peut parler de "son" film bien à lui), toutefois, "The Big Sick" touchera peut-être encore plus juste par son format de long-métrage qui condense tout cela dans une partition sans la moindre fausse note et où l'ensemble des personnages a son moment pour briller tel un orchestre où l'on est capable de déceler tous les instruments par le simple talent des musiciens (les comédiens sont incroyables avec, hormis les deux principaux, une mention spéciale à Holly Hunter et Ray Romano, fabuleux en presque-beaux-parents). Par cette faculté que possède le film à s'inscrire dans une réalité si proche de la nôtre, il réussit à transcender sa forme conventionnelle (même si on n'attend pas grand chose de ce côté pour ce genre d'histoire, la réalisation ne brille pas par son originalité) pour nous faire douter sur la direction que va prendre la conclusion du film. "The Big Sick" aura-t-il droit un happy-end ou non ? Bien difficile de le dire, même à quelques minutes du générique de fin, comme si tous les codes habituels avaient été brillamment mis de côté pour mieux nous identifier à une vie, imprévisible comme toutes les autres, qui n'est pas la nôtre mais qui, en même temps, n'en est pas si éloignée. Rassurez-vous, quoiqu'il arrive vous aurez toujours ce sourire idiot aux lèvres et sans doute les yeux un peu embués... comme vous les avez eu pendant tout le film. Kumail Nanjiani, on aurait bien continuer un peu à vivre à vos côtés. Et il n'y a probablement pas de plus beau compliment que l'on puisse vous faire...

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