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L'Art du mensonge

Film de Bill Condon Drame 1 h 50 min 1 janvier 2020

Avec Helen Mirren, Ian McKellen, Russell Tovey

Escroc professionnel, Roy Courtnay n’en croit pas sa chance ! Alors qu’il surfe sur un site de rencontre, il fait la connaissance d’une riche veuve, Betty McLeish, qui lui ouvre sa porte… et son cœur. Rien de plus facile que de la dépouiller ! Sauf qu’il n’avait pas prévu de se prendre d’affection...

Behind commence son année 2020 au cinéma tout en douceur devant une oeuvre qui a tout, au premier abord, de ce qu'il appelle un film de vieux. Surtout à juger de l'âge moyen du public présent dans la salle quand il en a franchi la porte.

Et tandis que L'Art du Mensonge déroule son intrigue, il s'est dit que son ressenti était assez voisin de celui que lui avait procuré Mr. Holmes, l'opus précédent de ces deux vieilles canailles de Bill Condon et Ian McKellen.

On pourra trouver le scénario classique, parfois facile, mais la séduction et le charme du film agissent immédiatement, le film misant adroitement sur un duo d'acteurs immédiatement sympathique en seniors qui se tournent autour. Mais si Helen Mirren fait preuve d'une fragilité qui fait qu'on a très envie de la prendre dans ses bras pour la soutenir, c'est Ian McKellen qui emporte le morceau. Sa prestation tranquille offre en effet un éventail assez remarquable entre son charme fou et faussement maladroit et son machiavélisme froid et parfois cruel.

Et si le film semble prendre parfois un (faux) rythme de sénateur, de carte vermeil et de tea time, c'est pour mieux épouser l'âge des protagonistes et des victimes de la vie d'arnaques d'un vieux chameau. Mais surtout pour mieux, par la suite, duper et déstabiliser le spectateur quant à la véritable nature de ce qu'on lui met sous les yeux, tant le film opère un virage à cent-quatre-vingt degrés alors qu'il emprunte quelques méandres délétères de la grande histoire.

Plus grave, plus noir, L'Art du Mensonge abandonne soudain son divertissement dans la machination montée par Roy, son aspect romanesque, son élégance discrète, l'attachement et le ludisme de son arnaqueur pour mieux faire tomber son masque et laisser la place a quelque chose de plus ambitieux que le petit film d'arnaque auquel le public s'attend sans doute.

Les gros malins de la critique semi-pro à qui on ne la fait pas sont déjà en train d'écrire que tout cela est rocambolesque, voire hautement improbable. Et que le twist s'évente rapidement. Le masqué passera donc à nouveau pour un gros bêta en avouant qu'il a succombé à cet Art du Mensonge déployé. Qu'il s'est laissé séduire et a abandonné tout raisonnement pour mieux tomber sous le charme d'un film immensément attachant.

Le masqué est donc faible comme le grand âge, auquel on pourrait faire croire tout et n'importe quoi. Au cinéma, le charme tranquille de ce mensonge s'avèrera surtout être une qualité et un délice. Pas même besoin d'imaginer que c'est du champagne, après tout.

Behind_the_Mask, feindre ou faire la cour.

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