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Hotel by the River

Film de Hong Sang-soo Drame 1 h 36 min 29 juillet 2020

Avec Ki Joo-bong, Kim Min-hee, Song Seon-Mi

Ayant le sentiment, sans aucune raison apparente, que sa fin est proche, un vieux poète qui loge gratuitement dans un hôtel au bord d’une rivière fait venir ses deux fils avec qui il n’a pas été en contact depuis longtemps. Après avoir été trahie par l’homme avec qui elle vivait, une jeune femme...

Extrait d'un dialogue entre deux personnages féminins, dont l'un bien entendu interprété par Kim Min-hee :

« - Un réalisateur de films ? Quel genre de films ? - Tu dois pas le connaître. C'est pas trop ton style. Mais son dernier a bien marché. Enfin, pour ce genre de films. - C'est divertissant ? - Comment dire… C'est un peu ambigu. Je vois bien son intention. Ce n'est pas un cinéaste grand public mais pas non plus un auteur. Je dirais qu'il fait de son mieux. - Un peu ennuyeux alors ? - Oui, il est entre deux. »

Ce passage m'a amusé, ému, je l'ai trouvé jubilatoire, pour une seule raison : je fais partie de la secte HSS. Et c'est bien là le problème : plus les films passent, et plus le Coréen stakhanoviste ne s'adresse qu'à ses adeptes. Ce film, un de plus, est impossible à juger seul, sans l'avoir suivi à la trace. La théorie des petits cailloux. En tant que disciple je vénère l'exercice, un tantinet onaniste, mais comment ne pas comprendre ceux qui s'en sentent totalement exclus.

A croire que c'est dorénavant ce qu'il recherche, car Hong Sang-soo ne parle que de lui, en tant qu'artiste, mais aussi en tant qu'homme, filmant son actrice comme la femme qu'il aime, ou inversement, faisant de sa vie un film, ou inversement.

Et que dire de la multiplication des ces plans qui semblent des calques au millimètre de ceux du "Jour d'après" ou de "Seule sur la plage la nuit" ? C'est vertigineux pour qui les reconnaît mais logiquement anodin pour tous les autres.

Bien entendu le Rohmer d'Asie n'a jamais tendu vers le populaire mais là on arrive lentement mais sûrement vers un cinéma de niche, à codes, car tout est là pour contenter le fan du HSS mélancolique mais se priver de tout autre public potentiel : l'alcool, les tables, les engueulades, les paysages. Jusqu'au bout avec ce très beau dernier plan qui en dit beaucoup, et qui tend enfin vers l'universel et parle à tous. Mais n'est-ce pas un peu tard ?

J'avoue m'être posé cette question au bout de ces 96 minutes : peut-on fustiger l'entre-soi dans la société et le tolérer dans l'art ? Vous avez 4 heures...

NB : Cet "Hotel by the River" aurait dû sortir le 22 avril, mais par cohérence avec le cinéma de son papa il est resté confiné. Il sortira finalement le 29 juillet. Et parce que deux bonnes nouvelles valent mieux qu'une (On peut reprocher beaucoup de choses au bonhomme mais pas l'avarice), le suivant a dorénavant un titre français mais surtout une date de sortie. "La Femme qui s’est enfuie", prix de la mise en scène à la dernière Berlinale, sortira le 30 septembre.

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