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Héros modestes : Ponoc Short Films Theatre

Moyen-métrage d'animation de Akihiko Yamashita, Yoshiyuki Momose et Hiromasa Yonebayashi Animation, aventure et fantastique 54 min 24 août 2018

Avec Henry Kaufman, Fumino Kimura, Liam O'Brien

Film omnibus par des membres du studio Ponoc (anciens de Ghibli) comprenant trois courts-métrages: - "Kanini & Kanino" par Hiromasa Yonebayashi - "Life Ain't Gonna Lose" par Yoshiyuki Momose - "Invisible Man" par Akihiko Yamashita

Il est supra difficile de sortir un court métrage au cinéma. Historiquement c'était des films servant de 1er partie à un long métrage, mais à ma connaissance il n'y a jamais d'ensemble de court métrage assemblé ensemble afin de faire une œuvre ayant pour but d'être diffusé au cinéma comme un long métrage d'animation lambda. Or c'est ce que nous offre ici le tout nouveau studio Ponoc avec les élèves spirituels d'Hayao Miyasaki et du studio Ghibli. Le but, par le biais de cet ensemble œuvres est avant tout de créer une sorte de carte de visite pour le studio. Donner l'opportunité aux nouveaux comme aux vétérans de l'animation de montrer l'étendu de leurs talents, et de donner un éventail assez large donnant vers le meilleur et vers le pire. Du coup, exceptionnellement cette critique va être décomposé en plusieurs critique, à savoir une critique par court métrage, avec un résumé pour voir si Héros modestes est une bonne œuvre filmique. Évidemment, vous le pensez bien, la volonté du studio de ne pas aller vers ce que le studio peut faire de pire, montrer la nullité d'un studio avant même que celui ci n'ait de projet majeur, ça serait déjà signer sa lettre de dépôt de bilan. Mais dans les faits, je pense qu'on peut difficilement faire pire que certaines choses présent dans Héros Modestes. Du coup je vais commencer par le moins bien et aller vers le meilleur. Du coup commençons avec Kanini&Kanino, le nouveau court métrage d'Hiromasa Yonebayashi. Ceux qui me suivent depuis longtemps sauront mieux que quiconque que je suis un énorme fan d'Hiromasa Yonebayashi car je considérais ce réalisateur comme un génie ayant trouvé le moyen d'associer le style japonais avec des influences occidentales, qui ont su crée des œuvres indescriptibles remplit de beautés visuels purement japonaises avec des outils d'écritures allant chercher vers la littératures anglaises ou occidentale. Arietty était un très beau coup d'essai, souffrant des erreurs classiques d'une premières œuvres tout en jouant avec ses erreurs pour essayer de se rattraper, on retrouvera sa "signature" à travers un turning point changeant le point de vue de l'histoire et questionnant le spectateur sur sa première impression d'un personnage d'une situation. Souvenirs de Marnie est son chef d’œuvre, une œuvre sans limite ouvrant une ère possible où japon et occident peut cohabiter dans une œuvre sachant retenir que le meilleur de chaque culture pour toucher au mieux le spectateur, requestionnant la culture japonaise parfois trop refermé sur elle même, c'est une œuvre qui me fait perdre toute objectivité et qui est encore aujourd'hui l'un des plus beau film qui m'a été donné de voir de ma vie. Mary et la fleur de la sorcière était le moment de conforter sa patte artistique avec un film allant renouer des liens avec l'art fantastique à la ghibli tout en y incluant sa signature qui, vers la fin du récit, arrive à renverser l'opinion du spectateur malgré que tout soit fait pour que l'on ne puisse pas le changer. Cependant, derrière ce dernier film, j'avais une crainte que l'élève, n'ait plus confiance en son talent et cherche à retourner dans un style plus proche d'Hayao Miyazaki, qu'il cherche à édulcorer sa patte artistique, faute de succès, et qu'il cherche à aller dans de la copie... et c'est là qu'arrive Kanini&kanino. Est ce que ce film a réussi l'exploit de remettre en question tout mon amour pour Hiromasa Yonebayashi parce que court métrage est plus chiant qu'un mauvaus épisode de Beyblade ? Oui ! Déjà un fait qui choque et qui fait mal: c'est moche, mais qu'est ce c'est moche, et dire que c'est le même réalisateur que Mary et la fleur de la sorcière... ça fait très mal. Pour être plus précis et plus honnête c'est pas entièrement moche. Quand on cherche à nous représenter la nature et que l'on se trouve pas dans l'action, il est vrai que le film dénote d'une certaine beauté typique du bon travail des studios japonais. Par contre quand on cherche à nous représenter des personnages un peu trop loin ou que l'on nous vomit de la 3D mal géré sur fond de décors 2D, ça fait mal, surtout en 2020. Le film se passant dans une rivière, on est amené à voir cette rivière de l'extérieur, et putain qu'est ce qu'on regrette... c'est putain d'hideux. Mais le plus gros problème de ce film reste le scénario et l'absence même de logique et d'histoire à l'écran.

La petite fille va pour partir seul dans le récif pour aucune raison. On pourrait croire que c'est pour retrouver ce qui semble être sa mère (même si je n'ai pas vu une trace d'une relation complice entre le père et les souvenirs de cette personne quand elle semble être remonté à la surface dans une métaphore pas très subtile du fait qu'elle est possiblement morte) mais même pas parce que l'info de la disparition de la mère est présenté comme un flashback avec des halos blancs autour de l'image pour montrer une scène passé, du coup pourquoi la jeune fille voudrait retrouver sa mère maintenant précisément ? Rien ne l'incite à le faire. Pourtant c'est ce qui va mener le père à se faire emporté par le courant de façon ultra grossière et prévisible, et qui du coup fait passer la tentative de fugue de la petite comme un deus ex machina... Je rappelle que le mec à l'origine de ce court métrage est le même qui nous a sorti Arietty qui était mille fois plus subtile et maitrisé dans son écriture malgré que ce soit le 1er long métrage de son réalisateur, ainsi que le 1er film de son réalisateur tout court.

Le tout est agrémenté de bruitages insupportables à base de personnages qui se font que leurs prénoms. Du coup tu entends constamment "Kanini! Kanino!" durant tout le film qui, malgré le fait qu'il dure 20 minutes, fût le film qui m'a paru le plus long car le plus douloureux à regarder. C'est chiant, c'est inintéressant, ça raconte rien, la fin est illogique au possible et n'a aucun sens... Un travail bâclé, sans saveur ni moindre intérêt, et le pire, c'est qu'il n'y a aucun putain de lien avec l'idée d'héros modestes. Je ne comprend pas ce que fout cette merde dans Modest Heroes, je ne comprend pas qu'Hiromasa Yonebayashi ait pu réaliser un tel raté qui fait tâche à sa carrière et à son travail... Vraiment désolant ce 1er film

5,75/20 pour Kanini&Kanino

Le 2e film dont j'ai à vous parler est Invisible. Invisible qui, malgré de bonnes idées d'animations comme celle de coupler l'animation à trait fins et hachurés comme celle du format BD, et de coupler cela à au travail de l'animation du paysage rendant purement hommage au travail d'Hayao Miyazaki, et là où l'on pourrait presque apprécier la proposition et se dire que le film est beau et agréable, le scénario vient nous briser tout espoir et vient nous pondre une histoire pas transcendante pour un sous mais qui a le mérite d'être bien animé. On ne comprend pas toutes les règles qui régit le personnage invisible, on ne comprend pas bien où est ce que le film cherche à nous emmener, et malgré de bonnes idées comme le fait de baser tout le caractère du personnage au fait d'être invisible à l'humanité et d'être rejeté de par son absence, ça reste peu et le film accumule certaines longueurs qui font tâche. Par contre, et là je commence à douter des infos lié aux à Modeste Héros, car Invisible a peu être moins de maitrise artistique que Kanini&Kanino, dans son écriture on retrouve une sorte de turning point à la toute fin du récit et qui remet en cause la personne de l'homme invisible, et même si ce turning point est très différent de ceux crée par Yonebayashi et que Kanini&Kanino a des similitudes intrasecte qui font que tu es certain que ce soit Yonebayashi qui soit aux commandes, cela reste cohérent au travail de Yonebayashi. Du coup: Strange. Mais pour revenir à Invisible, c'est un film plus inoffensif qu'autre chose, pas mauvais dans le fond mais qui est très maladroit dans son exécution et pas assez impactant pour être méchant s'il était la plus horrible des merde. C'est bien tenté sur le papier mais qu'est ce qu'on s'en fout... j'ai pas envi de taper dessus, sert pas à grand chose, mais au moins c'est plus cohérent et plus beau que Kanini&Kanino et ça a un sens avec le thème de Modest Heroes. osef/20

9,5/20 pour Invisible

Et maintenant, parlons du messie. Parlons de la merveille parmi les merveilles. L'un des meilleurs court métrage d'animation qu'il m'a été donné de voir, car je vais vous parler de Life Ain't Gonna Lose, et c'est brillant. Pour rien spoiler du film, je vais dire que ce film a toute sa place dans une œuvre rassemblant des court métrage ayant pour thème Modeste héros, que ce film sait parler des sujets de société longtemps mis sous le tapis, et que ce film le fait avec une beauté folle. Pour vous résumer brièvement le concept, c'est un enfant et sa mère qui essayent de vivre avec un terrible handicap qui va littéralement pourrir la vie de ce pauvre couple: le jeune homme a une allergie, et ce n'est pas la petite allergie qui fait sourire, loin de là. Ce film sait poser ses ambiances. Ce film sait poser des personnages humains qui sauront prouver leurs destins extraordinaires de par leurs combat quotidien contre la vie (pleine de hasard et de malchance dans une société qui ne prend pas souvent le temps d'accepter les différences) et la mort (qui guète ceux qui n'arrivent pas à survivre dans un monde qui ne leur tend pas les bras). C'est un film qui lance un véritable signal d'alarme sur une population infime mais qui existe et qui n'arrive pas à vivre car on ignore qu'ils existent ou bien qu'on essaye de les ignorer car leurs situation ne nous plait pas. Cependant il est essentielle de mettre notre nez dans notre caca, et ce film le fait avec brio alors que c'est le film avec l'animation la moins assuré. Même si le résultat reste plus réussit que Kanini&Kanino et sa 3D dégueulasse sorti de je ne sais quel site d'animation russe craqué, on ne peut pas fermer les yeux face à des personnages qui ont par instant plus de visage, des corps désarticulés dont les mouvements ne vont nulle part,... et même si pour certaines scènes comme la scène de danse sportive on peut presque y voir comme une libération et une désinhibition du corps de la mère qui est heureuse de danser dans ses moments de pure tortures physiques et mentale, on a du mal à cacher que certaines scènes sortent le spectateur de par leurs irrégularités trop prononcé qui nous laissent face à un film qui a du mal à cacher son médium tant c'est moche. Mais soyons honnête, je préfère voir le film le plus bancale graphiquement et croire voir une série de dessin fait par un enfant entrant en école primaire mais avoir un réel propos de fond ainsi qu'une envi de bien faire qui présage un grand avenir à son réalisateur, plutôt qu'un film bancale et décevant qui ne présage rien de bon pour son réalisateur à part qu'il a chié dans la colle et qu'il a besoin de revoir sa copie s'il veut pas mettre un terme à sa carrière prématurément. Je ne connaissais pas Yoshiyuki Momose, mais maintenant il est sur que je ne vais pas le lâcher de vue tout de suite. Ce mec risque de nous sortir de très grand film s'il reste sur la ligné de ce court métrage qui fait déjà parti de mes courts métrages préférés, et je ne lui souhaite que le meilleur.

17,5/20 pour Life Ain't Gonna Lose

Maintenant pour revenir à Modeste Héros en lui même, l’œuvre est plus qu'éclaté. On peut regretter que les œuvres, quel que soit la qualité qui pour certaines est plus que discutable, n'aient pas une cohérence plus marqué et un thème du héros modeste plus définit car il suffit juste que l'un des films soit un hors sujet complet (on se demande bien lequel), pour que le film perd en sens et en crédibilité. Les transitions n'aident en rien au manque d'unicité à l'ensemble qui se résumerait à être une compilation de court métrages pris au hasard et résumé par un même titre. Transition qui ne sont vraiment pas ouf et peut enfermer le film dans une représentation d’œuvre imparfaite ayant pour objectif d'être utilitaire pour des studios et non pour raconter pleinement quelque chose. Dommage de ne pas pousser l'ambition artistique plus loin. Au final Modeste héros est une très belle expérience qui permet de découvrir des talents, mais qui dans sa qualité globale n'est pas au rendez vous.

Note final: 12/20

Faites vous un avis constructif et n’hésitez pas à le partager. De mon côté je le respecterai s'il est en désaccord avec le miens mais je le respecterai encore plus si vous de vôtre côté vous respectez mon avis.

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