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William Friedkin, cinéaste sans filtre

Documentaire de Francesco Zippel 1 h 47 min 19 septembre 2018

Avec William Friedkin, Wes Anderson, Dario Argento

De "L'exorciste" à "Bug" en passant par "French Connection" et "Police fédérale, Los Angeles", le réalisateur de légende du Nouvel Hollywood revisite sa filmographie controversée.

Remarques et infos diverses et dans le désordre: je l'avais déjà vu mais oublié son ton honnête, direct et sans fard.

____Il a sauvé un Paul Crump de la peine de mort grâce à un documentaire. Francis Ford Coppola dit qu'il en a alors considéré Friedkin comme un héros car il lui avait fait "comprendre la puissance" des films. Friedkin financera Coppola plus tard et lui donnera conseils et ordres écrits:

"Ne laisse pas improviser les acteurs, surtout Gene Hackman."

____A son école, un cours donné par un "professeur d'Allemand très dur" est interrompu par des hommes cagoulés "choquant tout le monde" qui enlèvent "l'enfant en train de réciter un texte". Son ami d'enfance (et aussi réalisateur) assiste choqué à la scène mais Philip Kaufman ajoute que le "chef du gang était Friedkin lui-même" et que c'était en fait "une de ses multiples blagues…"

"A real prankster!"

(Je dis pas qu'il y a un lien, mais ce Kaufman choqué me réalisera quand même L'Invasion des profanateurs et Les Seigneurs… ^^ )

____C'est peut-être aussi cet esprit de "farceur/prankster" qu'il gardera toute sa vie quand il baisse son pantalon devant, entre autres, Juno Temple et Gina Gershon lors de Killer Joe. Ou qu'il vole des scènes sans autorisation dans les vraies rues de New-York avec de vrais passants non prévenus dans French Connection. Conduites par le cascadeur aussi de Bullitt, Bill Hickman.Friedkin tient lui-même la caméra car dit refuser de mettre en danger son collègue "marié et père de famille." Un vrai policier est aussi à bord, un Randy Jurgensen qui ajoute avoir aussi fait de vrais contrôles et fouilles au corps en pleine rue pour éduquer Friedkin. Il l'appelle aussi pour qu'il assiste à l'arrestation d'un homme ayant abattu une fillette, et son frère (lui, "dans un berceau") et leur papa. Friedkin "passera lui-même les menottes."

_Stacy Keach devait jouer le prêtre dans 'L'Exorciste'. ("Engagé", avait "répété"). Ce sera finalement "un livreur de lait dans le Queens"(quartier de New York)... Friedkin raconte avoir écrit le rôle pour Keach, l'avoir engagé, puis il a assisté à une pièce de théâtre à New-York justement "sur des catholiques qui doutent". Il en rencontre l'auteur/acteur, Jason Miller, mais "la soirée et conversations se passent très mal". Il m'appelle une semaine plus tard pour me dire "qu'il est le personnage de mon film": je lui dis "que c'est Stacy Keach" mais il m'apprend qu'il a lui-même "fait 3 ans de séminaire pour être prêtre puis a eu des doutes". Je lui offre une chance et demande qu'il soit "le lendemain matin par le premier avion". "Je ne prends jamais l'avion." Ce "fou est venu par le train et une semaine après", il passait l'essai avec Ellen Burstyn, "quand je l'ai vu sur grand écran faire la messe, il le perçait". "Ce type est un don du dieu du cinema." (Cette pièce de cet acteur/auteur,"That Championship Season", recevra le prix Pulitzer et sera adaptée en film elle-même et par lui-même avec Robert Mitchum, Bruce Dern, Martin Sheen et...Stacy Keach, pas rancunier.

____"Mes parents sont arrivés dans une cale de bateau. Ma mère était une quasi sainte car je ne l'ai jamais entendue dire du mal de quiconque". Mes parents juifs ukrainiens "ont voulu s'intégrer et sont devenus Américains". (Ils l'appellent William, pas Wolodymyr ou Bohuslava comme dirait Marceline Loridan-Ivens qu'il me rappelle à ce moment là. )

>_ "C'est Costa Gavras qui m'a totalement fait voir que je pouvais réaliser des films avec mon style de documentaristes". Avant j'avais pas réalisé que je pouvais appliquer mes "techniques de documentariste" à un film de fiction.

_(pas mot à mot) "J'exerce une profession". Je ne suis pas un artiste. Michelangelo Antonioni et Federico Fellini étaient eux "de vrais artistes". Si une œuvre devient "de l'art", tant mieux, mais c'est d'abord "un travail".

_Comme un défi, il tente toujours de faire qu'une seule prise. Les acteurs le savent. Matthew Mc Conaughey raconte avoir finalement aimer ça mais pas au début. "C'est un challenge." Juno Temple l'aime et le compare cela à la première impression qu'on doit faire dans la vie courante. Friedkin décide même de laisser le reflet accidentel de l'équipe technique dans la carrosserie d'une voiture sur Killer Joe car _"les gens savent bien qu'on a besoin d'une caméra pour un film, pourquoi la refaire?" "Je cherche pas la perfection mais la spontanéité".

Comme moi avec mes "critiques"…^^ (à suivre)

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