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Godzilla : Le Dévoreur de planètes

Long-métrage d'animation de Hiroyuki Seshita et Kobun Shizuno Animation, action, aventure 1 h 30 min 9 janvier 2019

Avec Mamoru Miyano, Takahiro Sakurai, Kana Hanazawa

L'alliance terrestre s'affaiblit, et Haruo envisage de rejoindre les Exif, dont le culte funeste cherche à invoquer un monstre capable de détruire le monde.

A la hauteur

Godzilla, un monstre géant qui surgit de nul part tente d'anéantir l'humanité. Si l'intrigue de Godzilla paraît si classique (La Guerre des Mondes, Armageddon, Cloverfield...) jamais elle ne m'aura semblé autant riche en possibilité artistiques et en idées géniales. Cette trilogie animée en 3D diffusée sur Netflix vaut vraiment la peine d'être vue si vous voulez une histoire réflexive et originale sur cet univers. Ce qui m'a toujours passionné dans l'esprit Godzilla, c'est de voir la réaction de la population face à cet apocalypse qui semble techniquement évitable. Le brillantissime Shin Godzilla avait déjà réussi à me captiver pendant 2 longues heures, en me montrant la réelle menace que pouvait représenter ce monstre à travers la gestion politique du pays (un choix déjà plutôt original je trouve!). Il y a aussi souvent dans ces oeuvres du suspens dans la possibilité ou non de pouvoir tuer cette créature, ce qui rajoute un côté stratégique assez sympa. Dans cette saga animée, plus question de menace ou de simple situation dramatique. Ici on parle plutôt de réelle catastrophe cosmique qui dépasse le stade de l'urgence. En effet, le premier film de cet anime démarre directement sur l'échec de l'humanité, qui perd sa planète natale dans une apocalypse regrettable. Autant vous dire, que ce film Godzilla là rigole beaucoup moins que ceux qu'on a l'habitude de voir...

On peut tout de même chipoter sur quelques petits défauts sont dans cette trilogie. D'abord, bien que les images soient plutôt impressionnantes : couleurs et lumières avec des contrastes exagérés, l'animation en soi n'est vraiment pas à mon goût. La 3D fait plus penser à un jeu à la Metal Gear Solid qu'à un dessin animé. On a vraiment l'impression de regarder une cinématique de jeu vidéo pendant les trois films... Mais bon, comme disent certains, on finit par s'habituer. Autre petit problème : le premier épisode n'a d'utilité réelle que dans son introduction. Cela pourrait malheureusement laisser dubitatif sur l'intérêt de continuer avec les autres films. La seconde moitié du premier film n'est pratiquement que de l'action bourrine qui n'a pas d'idée intéressante à développer (si ce n'est la réussite de la mission). C'est vraiment dommage car même si quelques scènes auront servis dans les suites, ça donne l'impression que la saga commence à l'épisode 2. Ceci dit, si on arrive à surpasser l'épisode 1 et son aspect cinématique PS4, dans l'ensemble cela reste une bonne saga.

Je ne vais pas raconter en détail les trois films pour ne pas gâcher le visionnage de ceux qui veulent le voir, mais je veux quand même dire trois mots sur l'entrée en matière. L'introduction du premier film m'a vraiment scotché. Certes le moment de la fin du monde était plutôt rapide, mais l'idée de faire de cet accident un réel bordel stellaire au point que deux peuples d'extraterrestres différents décident d'intervenir, est une super idée pour faire entrer l'impact du cataclysme à un autre niveau. La saga prend aussi soin de faire traîner un mystère autour de la naissance du monstre ; chacun a sa petite théorie sur son apparition. D'ailleurs cela m'amène directement au gros point fort de la saga.

« Finalement quand on y pense, c'est logique d'en arriver là. On a perdu tout espoir maintenant alors on s'en remet à Dieu »

Un monstre, quatre peuples et une vision différente pour chacun d'entre eux. Dois-je en dire plus ? Pendant l'avalanche de tentatives pour détruire ce monstre complètement invincible chacun donne son avis sur la raison de cet événement, de ce qu'il doit s'en suivre et de ce qu'il faudrait faire... Alors que les Exifs se voient comme des missionnaires accomplissant la bonne parole divine, les Bilusaludos ne jurent que par la technologie et par

la supériorité du vivant dans ses stades supérieurs.

Cette saga au final, c'est un poème sur le chaos, le courage, l'acharnement de haine et le désespoir. L’œuvre est assez originale en soi et se clos par un climax sublime avec notre héro mis constamment à l'épreuve.

Seule une petite question demeure. Je pense avoir compris la fin à ma façon mais je suis pas sûr qu'elle soit à interpréter. Si cela intéresse certains, je veux que vous partagiez votre vision de la conclusion. Voici comment j'ai compris ce final :

la prophétie de Metphies se réalise. Haruo se perd, et alors qu'il pourrait enfin vivre en paix, il continue de s'obstiner jusqu'à la fin quitte à mourir dans l'absurdité. Car après tout qui y a-t-il de plus absurde ? Se battre infiniment sans jamais atteindre la possibilité de gagner ou se tuer volontairement pour accepter la défaite dans sa seule issue permise? L'ancien monde peut mourir. Godzilla, bien joué.

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