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La Cité de Dieu

Film de Fernando Meirelles et Katia Lund Policier et drame 2 h 10 min 30 août 2002

L'histoire de la Cité de Dieu, un quartier violent de Rio de Janeiro, sur une période allant de la fin des années 1960 au milieu des années 1980.

Dès son ouverture, lorsque Rocket se trouve pris entre deux feux, on pense tout de suite aux grands films de gangster de Scorsese, et plus particulièrement Casino : tel Sam Rothstein, Rocket est au bord du gouffre, prêt à payer le prix de la Cité de Dieu, comme tant d'autres avant. La voix off commence. Et Rocket nous livre un testament, le sien, mais aussi celui d'un quartier bien loin des plages immaculées de Rio de Janeiro.

La Cité de Dieu, c'est avant tout une naissance et une enfance. Celle de gosses qui rêvent devant l'idée de voir un fourgon braqué par les trois bogosses parfaits du quartier pendant que les gamins chétifs jouent au foot en rêvant de s'échapper du piège à loup dans lequel ils sont nés. S'offre alors à eux un choix : crève ici, ou fais toi de l'oseille en espérant que tout se passe bien. L'un prend le premier, l'autre prend le second. C'est presque mathématique. La caméra cadre à merveille un monde jaunâtre où personne n'est propre, que ce soit les flics corrompus, les petits teigneux ou les grands du quartier. La narration est éclatée, comme les chemins différents que prennent des gosses nés au mauvais endroit au mauvais moment, et permet de s'attarder sur chaque petit détail d'un enfer qui porte si mal son nom.

Mais la Cité de Dieu, c'est aussi une adolescence. Les petits deviennent des adolescents, et remplacent ceux qui ont connus un sort funeste. L'un connaît ses premiers amours et ses premiers joints, l'autre ses premiers passages à tabac et ses premiers rails. La narration est de plus en plus virtuose, allant jusqu'à rejouer plusieurs fois la même scène pour montrer à quel point les destins s'entrecroisent et connaissent finalement presque tous le même sort: la mort. Et pourtant, certains essayent de s'extirper de cette gigantesque embûche. Mais rien n'y fait. Comme un rat de laboratoire, quand on y naît, on y crève. C'est finalement une fatalité digne des plus grandes tragédies grecques.

Et cette fatalité se prolonge dans l'âge adulte de la Cité de Dieu. La maturité naît, les derniers espoirs de s'en sortir meurent. Commence alors une longue spirale de vengeance et de violence, où l'homme le plus droit peut devenir le pire assassin. Et ces crimes ne restent pas impunis, oh non, bien au contraire. Tous ses anges déchus en payent le prix à un moment ou à un autre. Mais finalement, cet âge adulte donne aussi une leçon de morale, car les deux chemins pris par nos deux enfants s'achèvent. Et finalement, c'est le moins talentueux au foot, le plus chétif et le plus gentil qui s'en sort. Comme quoi, tout finit par payer.

La Cité de Dieu dépasse largement tous les autres films du genre du XXIème siècle, de par sa structure, complexe et ambitieuse, et surtout son humanisme. C'est une oeuvre atemporelle, et d'ici 50 ans, on s'en souviendra encore comme un grand film.

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