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La Conquête de la planète des singes

Film de J. Lee Thompson Action et science-fiction 1 h 28 min 30 juin 1972

En 1991, les animaux domestiques et le personnel de service ont disparu au profit des singes-esclaves. Mais ces derniers se révoltent et prennent le pouvoir, sous l'impulsion de César, le fils de Cornélius et Zira...

Suite directe du précédent volet les Evadés de la planète des singes, puisque le personnage de Ricardo Montalban qui apparait un peu ici, avait recueilli dans son cirque César le fils de Zira et Cornélius, et que ce César quelque 20 ans plus tard, va se retrouver à la tête d'une rébellion des singes devenus esclaves des humains. Ces événements seront relatés dans la nouvelle franchise des années 2010, notamment dans la Planète des singes : les origines en 2011, qui marquait les prémices d'une espèce simiesque intelligente, et surtout dans la Planète des singes : l'affrontement en 2014 qui reprenait donc la trame de cette Conquête de la planète des singes, le nom de César ayant d'ailleurs été conservé. Ici, le contexte est un peu différent, car les singes sont vraiment traités comme des animaux domestiques, mais en tant que bêtes de somme brutalement employées à des tâches infamantes, on comprend un peu la façon dont Taylor et les humains sont traités dans la Planète des singes, les mêmes erreurs seront répétées et les humains eux, serviront de cobayes scientifiques. Aucune des 2 races soi-disant intelligentes n'aura donc la sagesse de la vérité. Le film démarre doucement, la tension s'installe peu à peu, tous les éléments se mettent en place, et toutes les réponses sur l'avenir des singes et de la race humaine sont livrées à travers le bras de fer qui les oppose. Une sorte de boucle est bouclée, c'est le basculement de la Terre entre des mains simiesques, mais Jack Lee Thompson, excellent technicien et bon directeur d'acteurs, livre tout de même le volet le plus sombre de la saga en développant une parabole audacieuse et réussie sur l'esclavage, directement influencée par les violences raciales qui agitaient cette Amérique en ébullition du début des années 70. Le ton est violent, les scènes de foule et d'action le sont aussi, c'est assez inhabituel à cette époque, et on se demande comment la Fox a pu laisser passer ce message plutôt subversif. En tous cas, ça donne une crédibilité telle que c'est sans aucun doute le meilleur volet après le film de Schaffner en 68. Et pourtant, le budget était encore plus serré, la Fox étant toujours pingre ; si dans les Evadés de la planète des singes, il n'y avait que 2 acteurs à maquiller, ici je gage que les 3/4 du budget ont dû passer dans les maquillages car il y a une flopée de figurants singes. C'est sans doute pour ça que les décors sont assez cheap, on se contente de vagues buildings impersonnels mais un peu modernes pour donner un ton de futur proche, de même que le casting est composé de (bons) acteurs de séries TV comme Don Murray (vu dans la série les Bannis), Hari Rhodes (vu dans la série Daktari), ou John Randolph (habitué de nombreuses guest-stars)... Roddy McDowall quant à lui aura pu dans cette saga jouer à la fois le père et le fils puisqu'il incarne César, celui par qui tout arrive, son discours final est très typique des révoltes de l'époque. Un film très efficace et à l'idéologie inquiétante qui aurait pu conclure logiquement la saga qui sera continuée par un cinquième et dernier film, la Bataille de la planète des singes.

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