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The Head Hunter

Film de Jordan Downey Fantasy, Épouvante-horreur et drame 1 h 12 min 5 avril 2019

Avec Christopher Rygh et Cora Kaufman

Il ne manque plus qu'une tête à la collection de ce guerrier ténébreux... celle du monste qui tua sa fille des années auparavant.

Il y a des films qu'on adore sans trop savoir pourquoi, tant leurs indéniables défauts sautent immédiatement au visage... The Head Hunter est pour moi un de ces coups de cœurs invraisemblables : sans doute incapable de résister longtemps à un examen objectif, raisonnable et logique, il m'a pourtant inexplicablement et immédiatement fascinée.

En fait, tout ça n'a rien d'un film à mes yeux - il a toutes les caractéristiques du court métrage très déraisonnablement étiré en longueur, voire d'un clip hyper-esthétisé qui raconte finalement bien peu de choses en 1h10. Cependant, il délivre son petit propos impeccablement enrubanné d'une atmosphère efficace, aussi oppressante qu'onirique.

Paradoxalement à la fois beaucoup trop long et beaucoup trop court, The Head Hunter me semble s'inspirer assez ouvertement de l'univers du gaming - tant des jeux vidéos que des jeux de rôles sur table. Et ces influences qui me sont chères et familières (et ici traitées de façon plutôt inhabituelle) ont sans doute contribué à me rendre la chose immédiatement attachante.

Les avis de primes illustrés de créatures monstrueuses amoncelés dans le grimoire m'ont immédiatement évoqué certains bestiaires d'AD&D ou de Cthulu... Son univers de chasseur d'entités surnaturelles m'a tout de suite fait penser à The Witcher 3, tandis que son atmosphère esthétique qui hésite sans cesse entre enfer et paradis m'a rappelé l'ambiance des "Dark Souls", tant elle alterne brillamment entre des décors quasi-romantiques et des visions de cauchemar. Un héro taciturne, quasiment muet et visiblement condamné à la solitude, dont l'unique fonction semble être de pacifier une contrée peuplée d'entités hostiles...

Le look particulièrement classieux de l'armure du héro et le "lore" énigmatique mais plus riche qu'il n'y parait renforcent d'autant plus cette ambiance "Soulesque" : le background aguicheur dévoilé par touches tout en suggestion et trop succinctes aurait presque mérité de se voir plus approfondi.

Comment meurt sa fille? D'où viennent ces pointes de flèches sensées mener l'âme des morts vers l'au-delà? Ainsi que cette mixture de soins magiques qui te font pisser de la boue? Et l'invraisemblable collection des têtes des nombreuses créatures abattues au prix de blessures infligées on ne sait comment - ou encore ces mystérieux commendataires qui communiquent leurs messages via des volées de flèches comme si le chasseur était un pestiféré ou un paria...

Pourtant, The Head Hunter fait tristement partie de ces films où le héro mérite tout ce qui lui arrive, tant il s'avère parfois grotesque scénaristiquement.

La scène du bocal de régénération - jusqu'alors précieusement cadenassé comme un trésor - qui se retrouve à "caler" l'exaspérant volet (au lieu du simple bout de ficelle qui auraient suffit à l'immobiliser depuis longtemps) est une insulte à l'intelligence du spectateur. (Et à celle du héro anonyme du film, qui lui aussi connaissait d'avance le résultat de cette opération stupide, pour l'avoir déjà expérimentée).

Bien qu'il soit à la fois trop lent, souvent prévisible, et parfois même agaçant, j'ai pourtant passé un excellent moment devant ce conte complètement porté par son atmosphère aussi atypique qu'esthétique, et qui m'a laissé l'impression d'un songe intriguant, aussi poétique qu'effroyable.

Tomber sous le charme d'un film moyen peut arriver parfois - mais je m'étonne presque d'avoir été à ce point sensible et charmée par l'univers étrange de celui-ci!

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