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The Wave

Film de Gille Klabin Science-fiction et thriller 1 h 30 min 17 janvier 2020

Avec Justin Long, Tommy Flanagan, Donald Faison

Frank mène une vie bien rangée d’avocat d’affaires avec femme et hypothèque. La veille d’une réunion décisive, il s’autorise une petite folie et rejoint son collègue dans une beuverie nocturne. De fil en aiguille, Frank absorbe un hallucinogène qui va lui pourrir la vie.

Frank est un avocat n'hésitant pas à mettre sa morale de côté afin de s'assurer le confort de sa terne existence. Enthousiasmé par l'idée d'une potentielle promotion, il décide pour une fois de s'accorder un soir de relâchement avec son collègue et meilleur ami. Mal lui en a pris ! Emmené à une fête par deux filles rencontrées dans un bar, Frank essaye une mystérieuse drogue dont les effets extrêmement bizarres ne semblent pas s'amoindrir le jour suivant...

Sacré trip que nous propose là Gille Klabin en guise de premier long-métrage ! Imaginez un peu Richard Kelly et Hunter S. Thompson conversez à propos d'un pitch de film lors d'une soirée de beuverie et vous aurez une idée assez juste de l'esprit délirant qui anime celui de "The Wave". Bon, on est probablement loin de la chose la plus brillante qui aurait résulté d'une discussion alcoolisée entre les deux hommes -le film restera mineur- mais, tout de même, si la simple pensée d'une alliance aussi improbable titille votre curiosité, "The Wave" ne devrait pas vous décevoir !

Et, notamment, dans sa manière assez dingue de nous plonger dans le "voyage" vécu par son héros ! Venu du monde du clip, Gille Klabin impressionne en effet beaucoup par sa capacité à s'appuyer sur les aléas spatio-temporels de Frank pour donner une puissance de narration complètement dingue à son histoire. En plus d'arriver à nous faire partager sensoriellement la perte de repères du personnage par l'image (la séquence de la réunion professionnelle est juste folle à ce titre), les ellipses impromptues superbement maîtrisées au niveau de leur mise en scène confèrent à "The Wave" une fluidité d'enchaînement imparable, ne refaisant jamais tomber l'adrénaline de l'expérience (tout comme les effets de la drogue pour Frank). Même quand le film se pose un peu plus le temps de quelques tableaux oniriques absolument superbes, il parvient toujours à en redécoller avec la même nervosité, son rythme effréné lui donnant ainsi de réels airs de "After Hours" 2.0. D'ailleurs, preuve ultime de la maîtrise de Gille Kablin à ce niveau : quand le chaos ambiant laissera place à un relatif contrôle dans la dernière partie, "The Wave" aurait pu très bien se mettre à patiner mais, en réalité, il réussira encore à conserver le même impact simplement en déplaçant le curseur de sa narration sur une autre forme de surprise.

Cela dit, si "The Wave" nous immerge brillamment dans son délire, le contenu en lui-même de ce dernier se révèle moins percutant. Malgré la déstructuration volontaire de l'ensemble, les pièces du puzzle une fois assemblées révèle un chemin vers la rédemption très attendu aussi bien en termes de causes que conséquences. La volonté de cet avocat de corriger le tir sur ses actes passés s'inscrit bien entendu dans un contexte des plus extraordinaires mais, s'il avait été raconté plus posément, le manque d'originalité autour des fondations de ce tournant existentiel n'aurait guère surpris personne sur ses finalités. De ce côté, le film peut remercier Justin Long, le comédien n'a pas pas son pareil pour apporter une profondeur et une sensibilité singulières à ce genre de héros presque trop caricatural. "The Wave" aurait pu pallier également ce problème de fond en jugulant mieux ses passages légers et le sens plus sérieux de son propos. Certes, le film rebondit bien de l'un et à l'autre dans sa globalité mais il manque peut-être ce petit liant en plus qui aurait pu décupler une vraie charge émotionnelle lors de ses derniers instants en plus des rebondissements. Enfin, beaucoup reprocheront sans doute à "The Wave" de ne pas s'attarder sur les mécanismes principaux du fonctionnement de son trip mais ce serait vite éluder une donnée fondamentale que le film nous livre en amont et qui justifie assez facilement ce manque d'explications :

Tout au début du film, Frank parle d'une expérience censée permettre aux cerveaux des cobayes de se rapprocher des effets d'une mort imminente (il dit comprendre désormais les mots de son colocataire de surcroît). C'est là une donnée capitale : on peut supputer que tout le film se passe en réalité dans l'esprit de Frank en train de mourir quand il est renversé par la voiture, son esprit ou carrément l'univers lui donne une chance de rattraper ses fautes pour partir en paix, comme une sorte de purgatoire mental désordonné.

N'y voyez pas là de malice mais on vous conseille fortement de vous essayer au trip cinématographique concocté par Gille Klabin. Le bonhomme est un sacrément bon dealer en la matière et, si sa marchandise gagne encore en qualité à l'avenir, il est fort possible que l'on y devienne totalement accro...

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