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L'Arnaque

Film de George Roy Hill Comédie et gangster 2 h 09 min 25 décembre 1973

En 1930 à Chicago, un jeune arnaqueur tient à prendre sa revanche après la mort de son ami. Il aide alors le maître des braqueurs.

Après le succès de Butch Cassidy & le Kid réunissant les deux stars Newman et Redford, George Roy Hill reprend la même équipe pour un film situé cette fois dans l’Amérique de la Grande Dépression. Dès son introduction, l’artificiel de la reconstitution est assumé avec un plaisir non feint, de la musique au chapitrage, en passant par le clinquant des décors et des costumes. D’arnaque, il sera donc question à tous les niveaux : entre les personnages, certes, mais aussi et surtout face au spectateur qu’on met dans les meilleures dispositions pour jouer le jeu d’un récit à multiples tiroirs.

C’est là l’intérêt principal de l’intrigue : après une première petite supercherie, nous initier à un stratagème plus ambitieux, et surtout à sa préparation. Partie de poker géante, le plan des protagonistes consiste à anticiper au point de commencer par perdre, ou feindre de dévoiler ses cartes. La meilleure façon d’arnaquer consiste à rendre le pigeon complice de l’arnaque, ou du moins de le lui faire croire.

L’écriture est sur ce point assez méticuleuse, creusant en abyme un deuxième film, qui comportera son casting, son décor, ses accessoires et sa dramaturgie au cordeau, à la seconde près. Bien entendu, les grains de sable dans l’engrenage viendront huiler la machinerie pour le plaisir du spectateur qui observe ce ballet mensonger depuis son surplomb imprenable.

Néanmoins, à trop jouer sur cette structure de la fabrique de twists, le film s’égare dans certaines sous-intrigues un peu dispensables. Sa durée, de 130 minutes, n’est pas vraiment justifiée et les nombreuses poursuites dont fait l’objet le personnage de Redford sont quelques peu redondantes.

On n’en boudera pas pour autant son plaisir, et le fait que ce genre de scénario désormais assez fréquent et stérile depuis Maverick de Donner en 1994 et surtout Sexcrimes en 1998, est en 1973 une nouveauté rafraîchissante. Clinquante, certes, roublarde aussi, comme le sourire de nos deux sex-symbols, et comme toute la frange d’un cinéma hollywoodien fondé sur le bonheur de l’illusion.

(6.5/10)

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