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Yiddish

Documentaire de Nurith Aviv 1 h 11 mars 2020

Avec Migle Anusauskaite, Valentina Fedchenko, Tal Hever

Sept jeunes racontent leur passion tissée avec la langue yiddish pendant l’entre-deux guerres, moment d’un formidable élan créatif de la culture yiddish. La poésie de ces années est universelle et intimiste à la fois, en relation avec tous les courants littéraires et artistiques de l’époque. Ces...

Des passionné(e)s de Yiddish expliquent à Nurith Aviv qui ils sont, comment ils sont arrivés au Yiddish, ce qu'ils en aiment, ce qu'ils en préfèrent, partagent des anecdotes autour de cette langue et histoire puis en lisent un poème. C'est bouleversant et leur enthousiasme est totalement convaincant: on le ressent comme une onde. Surtout ils me font découvrir et entendre certains noms pour la première fois.

On pense à une des langues dans 'Avatar'. Il me rappelle le documentaire 'La Fantasy : toute une histoire' où je découvrais un autre passionné de langues, chargé d'en inventer de nouvelles pour des films. Un David J. Peterson qui a créé des langues pour Thor, Doctor Strange et Game of Thrones.

La poésie va nous sauver: Un des poètes qu'ils aiment pense que la poésie a un pouvoir explosif et matériel sur nos vies. Il a l'occasion de le vérifier lorsqu'il fuit un ghetto avec sa femme et un ami et qu'ils se retrouvent à traverser un champ de mines. Il décide alors de se réciter ses vers et de marcher à leur rythme...convaincu que la Poésie et ses vers les sauveront. Ce fût le cas. Amélie Poulain a le même genre de pensée magique. Mais ici, c'est un Avrom Sutzkever, déjà présent sur SC, passionné de nature (il a vécu son enfance proche d'elle en Sibérie, bien avant Sylvain Tesson...):

De la forêt: Tout est précieux pour mon oeil en sa course tout est cher, essentiel pour ma stance : les herbes, les arbres, la terre, une source, et du sommeil la lointaine nuance. Et dans tout je rencontre un éclat de l'infini.

Nous formons un tout avec la terre: Poème pendant la 1e Guerre Mondiale dont le rapport à la nature rappelle bien avant l'heure le concept beaucoup plus tardif de l'"hypothèse Gaïa" (née en 1970?) ("L'ensemble des êtres vivants sur Terre formerait ainsi un vaste super-organisme — appelé « Gaïa » ").

L'un des interviewés (à tête de Michel Onfray surjouant ou vraiment passionné lors de la lecture...) me fait découvrir Célia Dropkin et notamment ses poèmes érotiques. Dont Le Baiser, un poème vampirique avant l'heure (dont d'autres écriront des assez similaires plus tard??...si j'ai bien compris les explications de ce Dory Manor qui a un beau site?).

Et j'en ajoute sur SC un prochain documentaire d'un Eli Gorn: "Rediscovering Celia The Life and Art of an Erotic Yiddish Poet" prévu pour 2021.

La dernière interviewée me fait découvrir le nom de Deborah Vogel et son poème sur les yeux:

Les yeux peuvent luire comme deux châtaignes dures, Deux noyaux dures de tristesse Dans la poêle en tôle jaune des rues. Parfois, ce sont deux dattes tranquilles. Des dattes faites de lourdes gouttes d'attente, Qui t'attirent dans des rues vides aux lanternes jaunes. Jusqu'à ce qu'ils deviennent des tâches de velours brun Et tombent lourdement, douces gouttes de renonciation, Sur les rues, les lanternes et les corps, Dont plus rien ne peut sortir.

J'ai aimé cette dernière interviewée aussi car elle se rappelle exactement où et quand sa passion est née et elle a découvert son premier ouvrage de cette Deborah Vogel: "Je me souviens du moment où je me suis assise la première fois dans la Bibliothèque et commencé à lire ses 'Montages en prose' (...elle m'a) complètement passionnée".

(Autres extraits à suivre au fur et à mesure que je tente de suivre leurs multiples éclairages. Doc visible jusqu'au 19/09/20 sur france.tv ).

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