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Le Chevalier et la Princesse

Long-métrage d'animation de Bashir El Deek Animation, aventure, comédie 1 h 37 min 29 janvier 2020

Avec Mohamed El Dafrawy, Maged El Kedwany, Lekaa El Khamisy

Une histoire vraie mais dont la fin a été revisitée. Un jeune guerrier est résolument déterminé à sauver des femmes et des enfants qui ont été enlevés par des pirates. Cela le conduit à tomber amoureux d'une princesse et à devoir affronter un tyran brutal ainsi que son perfide sorcier.

Ce film est une catastrophe. Un des pires que j'ai vus à Annecy en 4 éditions.

Le scénario est bancal malgré sa simplicité, mais ce n'est pas le fond du problème : la réalisation est la grande cause du naufrage. Et il y a beaucoup de choses à dire, mais sans ordre particulier : - La caméra est constamment en travelling et zoome une fois sur trois (mais dézoome très peu), le tout très rapidement, au même rythme que des cuts toutes les 3 secondes. C'est douloureux pour les yeux rien qu'à ça. - Mais c'est sans compter sur le trop plein d'animation. Tous les personnages sont animés pareil ; tout est trop vivant et remuant ; il y a trop de détails inutiles... Bref, rien ne capte l'attention et surtout pas l'action principale au même niveau que le reste et, conséquence, on ne sait plus où donner de la tête. - Les animateurs n'ont clairement pas les bases de leur métier : l'animation est cartoonesque avec énormément de squash & stretch mais sans anticipation, ce qui donne encore trop d'éléments qu'on ne voit que trop tard pour comprendre la scène. - Certains personnages (les vieux, en fait) sont animés en 3Dégueulasse alors que le reste est en 2D et le manque d'intégration est frappant. - le chara-design est inconsistant avec un côté très plutôt terne, sérieux et simple pour les personnages principaux, leurs amis proches et les généraux, mais très cartoon pour beaucoup d'autres (les méchants, les marins, les figurants). Et qu'est-ce qui attire l'œil ? Certainement pas les premiers. - Les scènes s'enchaînent sans transition ni même de pause. Il y a même constamment des dialogues qui n'ont pas l'air de continuer mais en fait, vous êtes passés à une autre scène et c'est une autre conversation qui a lieu entre des protagonistes à des milliers de kilomètres des précédents. Aucune anticipation, on vous disait. - On n'a aucun indice clair du temps qui passe : un dialogue peut sortir que 2 ans ont passé mais quand a eu lieu l'ellipse ? Il y a 3 scènes ? 10 ? On ne le saura jamais. - Les chansons arrivent sans prévenir au milieu de musiques qu'on écoute depuis au moins 2 minutes pour certaines, tout ça pour parfois durer à peine 15 secondes puis enchaîner 5 cuts plus tard sur une chanson totalement différente mais durant 5 minutes. Et c'est long, 5 minutes. Et j'ai exagéré seulement sur le court nombre de cuts. - Ça plagie... mal, en plus... le chara-design du cheval de Mulan, "Thought of you" de Ryan Woodward, un mix horrible de Peine et Panique d'Hercule avec le Génie d'Aladdin, le sultan d'Aladdin... y en a probablement d'autres, mais mes yeux étaient déjà trop attaqués. - Parlons-en des 2 djinns. Ils sont censés être les comic reliefs du film, mais la recette du Génie d'Aladdin leur a été très mal appliquée : c'est pas parce qu'il faisait des références anachroniques que le Génie était drôle, c'est aussi parce qu'il en faisait avec un dosage savamment rythmé et dans un excès qui nous mettait dans l'expectative de voir quelle blague inattendue il allait nous sortir ensuite. La référence au Real Madrid sortie sans prévenir au milieu de remarques plus sérieuses, ça ne marche pas. Et surtout : le fax qui est censé faire avancer leur histoire, c'est non ! Et je dis bien censé parce que...

Le sorcier et les djinns ne servent quasiment à rien : le premier est là pour faire une prophétie et les autres pour s'extasier devant une prière à Allah du héros qui leur apporte la salvation. Le sorcier meurt pitoyablement tué par ses anciens djinns qui n'ont eux-même jamais interagi avec le reste des personnages... Ah si, pour tenter de faire marier le héros à sa cousine grosse et moche, ce qui l'empêcherait d'épouser la princesse. Ah pardon, ces deux qualificatifs sont un pléonasme dans ce film : t'es gros ? Bah t'es moche. Et méchant. Quant à cette intrigue, on l'oublie. Et c'est tant mieux parce qu'elle était inutile : en quoi épouser une femme empêcherait un général reconnu d'en épouser une autre dans une société polygame ?!

Bref, le film t'en balance trop les mirettes pour un résultat difficile à soutenir du regard et pesant pour le cerveau qui doivent tout deux être en constant alerte pendant une heure et demie afin de tenter de comprendre un film qui n'a pourtant rien de compliqué. Il y a malgré tout des points positifs, dont un doublage tout à fait correct, des décors pour certains très travaillés et même une mise en scène un minimum inspirée pour la chanson d'amour. Mais rien du suffisant pour rattraper le crash cinématographique qu'est ce long métrage.

P.S. : les lances sont des armes grugées dans ce film

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