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The Doorman

Film de Ryûhei Kitamura Action et thriller 13 octobre 2020

Avec Ruby Rose, Jean Reno, Rupert Evans

Ali, membre des Marines, devient concierge du Carrington, un immeuble New-Yorkais. Pendant le week-end de Thanksgiving, une équipe de crimminels tentent de voler des œuvres inestimables cachées au fond des murs du bâtiment alors que la plupart des locataires sont absents. Ali va devoir tout faire...

J’avoue, lorsque je suis tombé sur The Doorman, je n’étais même pas au courant que Ryûhei Kitamura avait sorti une nouvelle bobine. Je m’étais arrêté à son Downrange (2017) plutôt sympathique. Alors, au premier coup d’œil, il faut avouer que la jaquette fait méchamment peur. Le jaune dégueulasse, le regard vide de Jean Reno, la mise en page de DTV sans le sou, ce n’est clairement pas super accrocheur. La bande annonce du film ne se fera pas plus rassurante. Mais bon, la carrière US de Kitamura est des plus intéressantes avec des films tels que No One Lives (2012), Midnight Meat Train (2008) et donc Downrange (2015) qui, à défaut d’être des chefs d’œuvres, font preuve d’une réelle efficacité, alors pourquoi ne pas tenter ? Mais il fallait bien un premier faux-pas et au final, The Doorman est aussi médiocre que sa jaquette.

Avec The Doorman, on est un peu dans un ersatz de Die Hard, mais en version ratée. On va retrouver l’actrice (mais également mannequin, animatrice TV, DJ, réalisatrice ou encore VJ) Ruby Rose pour la première fois dans un premier rôle, un rôle badass dans lequel elle va balancer de la tatane sur les méchants du film. Il va ici être question de tableaux de l’époque des deux Allemagnes qui ont été cachés il y a de nombreuses années dans les murs d’un bâtiment de New-York. Bien entendu, un grand méchant et ses sbires vont vouloir les récupérer sauf que, devinez-quoi, l’appartement où ils sont cachés est habité par une gentille famille, et accessoirement celle de notre héroïne. Comment ? Ils sont méchants avec ma famille ? Ils vont goûter de mes skills d’ancienne marine de l’armée américaine ! Oui, voilà, nous sommes d’accord, on est dans du vu et revu et la seule réelle originalité est que le rôle musclé est interprété par une femme, Ruby Rose donc, qui a fait ses armes dans l’action avec des films tels que John Wick 2, XXX : Reactivated ou encore Resident Evil 6. Nous sommes ici face à un huis-clos dans un immeuble, et une fois le visionnage terminé, on se rend compte qu’on a assisté à 1h30 de clichés. Oui, c’est cliché sur cliché, et on a l’impression que Ryûhei Kitamura s’est contenté de faire son yesman sans jamais chercher à apporter quoi que ce soit à la bobine. Pas d’effets gores comme il aime en faire, aucun effort de réalisation alors qu’il est dans son habitude de placer des effets de styles en jouant avec sa caméra. Bon, j’exagère, il y a exactement deux petits sursauts de mise en scène l’espace de quelques secondes, mais clairement il n’y a aucune personnalité dans ce métrage. Son nom n’est d’ailleurs même pas mentionné sur la future jaquette du DVD / Bluray à venir (contrairement à l’affiche promotionnelle, bien plus sobre).

Passée la scène d’action en guise d’introduction qui pourrait laisser planer le doute 5 minutes, on est rapidement très sceptique. Tout est complètement lambda. On suit le personnage de Ruby Rose sans grand intérêt, et l’arrivée du groupe de méchants, mené par un Jean Reno, certes charismatique mais qui donne l’impression d’avoir avalé une boite de xanax, ne va pas y changer grand-chose. Kitamura va essayer à de nombreuses reprises de mettre un peu de suspense, mais cela ne marchera que de façon épisodique tant il est compliqué de s’attacher ne serait-ce qu’une seule seconde aux personnages. La faute aussi à un jeu d’acteur vraiment pas terrible, que ce soit Ruby Rose elle-même, la toute jeune Kila Lord Cassidy, ou donc Jean Reno. Seuls Aksel Hennie (Headhunters, Hercule) et Louis Mandylor (The Debt Collector, Mariage à la Grecque) arrivent à tirer leur épingle du jeu. Les incohérences sont nombreuses, tant au niveau du scénario que dans les réactions des personnages, et certains moments sont même carrément improbables (la bombe fabriquée façon Mac Guyver), sans parler des fonds verts dégueulasses (heureusement peu nombreux) lorsqu’il faut faire croire que l’action se passe à New-York alors que le film a été tourné en Roumanie. L’ensemble n’est guère rattrapé par les scènes d’action qui vont du correct (l’introduction) au médiocre (toutes les autres). Vraiment, on sent que les chorégraphies ne sont pas si mauvaises, mais elles sont gâchées par un montage complètement à côté de la plaque, les rendant souvent illisibles. Sans compter qu’il n’y a aucune puissance dans les coups, ce qui accentue la mollesse de l’ensemble. Alors oui, si on n’est pas trop exigeant ou si on fait autre chose à coté, ça se suit sans trop de souci. Mais sincèrement, ce n’est pas très bon.

Avec The Doorman, on est dans de la série B pur jus, mais de la série B dans ce qu’elle a de moins bon à nous offrir. Ce nouveau film de Ryûhei Kitamura a beau être malgré tout regardable, il n’en demeure pas moins raté.

Critique originale avec images et anecdotes : ICI

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