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Monster

Anime de Masayuki Kojima et Naoki Urasawa Policier, thriller, seinen 1 saison (terminée) NTV 25 min 7 avril 2004

Le jour où le docteur Kenzo Tenma désobéit à son supérieur en sauvant deux enfants à la place d'une sommité de Düsseldorf, il donne vie à un monstre.

Monster est un anime de Masayuki Kojima, adapté du manga de Naoki Urasawa, sorti en 2004 et formé de 74 épisodes.

L'histoire débute en Allemagne en 1986, à l'Eisler Memorial Hospital de Düsseldorf et nous plongera dans le quotidien de Kenzô Tenma, un jeune neurochirurgien japonais aux compétences hors normes. Il est fiancé à Eva Heineman, la fille du directeur de l'hôpital, et est destiné à une brillante carrière.

Pourtant, un jour, il refuse de donner en priorité ses soins au maire de la ville, malgré les ordres de son futur beau-père, et préfère opérer un garçon du nom de Yohann Liebert, blessé d'une balle dans la tête, arrivé à l'hôpital avant le maire. La sœur jumelle du garçon, Anna, très choquée, est elle aussi hospitalisée ; leurs parents adoptifs viennent d'être assassinés sauvagement chez eux.

Le garçon s'en sort grâce à l'intervention du docteur Tenma, mais le maire, confié à un autre chirurgien, décède. Le Docteur Tenma est alors rétrogradé par le directeur de l'hôpital, et sa fiancée le quitte. Peu de temps après, le garçon et sa sœur disparaissent, à la suite des meurtres mystérieux de trois hauts responsables de l'établissement, dont le directeur.

C'est neuf ans plus tard, alors que Tenma a été promu au titre de directeur du service de chirurgie, que Yohann refait surface pour empêcher l'un de ses anciens collaborateurs dans un cambriolage, qui se trouvera être un patient du docteur Tenma, de parler.

Suite à l'acte de Yohann, Runge, un inspecteur du BKA, soupçonnera Tenma d'être l'assassin de ses trois anciens supérieurs, afin de monter en grade, et pense même que le jeune docteur japonais est schizophrène ! Cette hypothèse expliquerait selon lui, l'existence de Yohann. De ce fait, Tenma décide de partir en quête de son innocence et pour prouver que ce en quoi il a toujours cru n'est pas qu'illusion …

Comme vous avez pu le constater, nous sommes là face à une œuvre complexe avec plusieurs strates de lecture, à l'aspect psychologique et philosophique très fourni se passant principalement dans une époque que l'on n'a pas l'habitude d'avoir dans des fictions (L'Allemagne et la république Tchèque post Mur de Berlin).

Pour commencer, je vais m'orienter sur les personnages qui sont d'une rare complexité, en particulier les personnages principaux comme :

Runge : qui représente au terme métaphorique le neutre absolu, mais ce même neutre absolu se révèle extrémiste et peut pencher vers une logique qui bannît toute notion humaine.

Grimmer : qui est de son côté le mal chaotique, qui est incapable de ressentir quoi que ce soit alors il fend un sourire à chaque situation pour avoir l'air sympathique.

Dieter qui est de son côté le bien absolu, qui a dû souffrir pour mieux comprendre la notion de bien.

Tenma qui est le bien neutre qui part son égalitarisme impose une vision progressiste.

Ou encore Johan qui est le mal absolu, le monstre: la représentation du nihilisme qui le mange de l'intérieur et qui le fait devenir ce qu'il est !

Chacun a un but dans le cadre de la série (que ce soit le personnage du docteur Schumann offrant une vision de Tenma s'il n'aurait pas sauvé Johan, comme quoi dans tous les cas il n'aurait pas vraiment été heureux et Schuwald pour Johan) et permet de réunir un puzzle de personnalité et de visions du monde sans que l'une d'entre elles ne soit particulièrement glorifiées par l'auteur.

Ensuite, la fin est parfaite, bien que le rythme de l'anime ne soit pas très soutenu et accuse parfois des intrigues qui prennent un peu trop leur temps, la complexité de la série exige une telle lenteur, alors même si parfois on pourra sentir un peu le temps passer, il sera bientôt temps de vous préparer car Urasawa prépare quelque chose ...

Les questionnements sur le bien et le mal, du nihilisme face à l'amour, la notion d'identité et leur manière de les aborder font partie intégrante de la grandeur de cet anime.

Avec Monster, c'est au fur et à mesure de mes multiples revisionnages, que je suis arrivé à la conclusion que Monster est un excellent anime, lors de mon premier visionnage, certains personnages me semblaient très dispensables et alourdissaient l'intrigue, mais en réfléchissant chacun de ces personnages amènent leurs visions des choses ou des perspectives pour nos personnages principaux venant soutenir le puzzle qu'est Monster !

Plus je regarde et analyse Monster, plus je l'apprécie, cela fait donc de cette série, une excellente expérience, expérience que je vous conseille fortement de vivre, vous verrez, si vous êtes fan de Thriller psychologique vous allez adorer !

La musique tient également une part très importante dans cet anime, Kuniaki Haishima compose en grande partie la BO avec David Sylvian (qui a été attiré par le dilemme de Kenzo Tenma face à Yohann. Ainsi que par le calme en surface des productions de Haishima permettant de voguer dans des courants plus sombres pour mieux parler de la moralité, du destin, de la résignation ou du libre arbitre) qui a écrit le morceau de fin "For the Love of Life" que j'aborderais plus tard. Sinon, la BO est divisée en deux parties, la première allant de productions sombres à l'ambiance parfois religieuse jusque des morceaux renforçant le côté thriller de l'anime avec cette sensation d'insécurité, d'une sorte de monstre tapit dans les tréfonds de nous-mêmes prêt à nous dévorer …

La deuxième partie quant à elle, est plus gai, rien que le premier morceau, Make it Home annonce la couleur même si What I See, Seeds of Time, Before you go to Sleep, Right & Wrong, Our Destination Calls, Faith, Changes et Close Your Eyes alterne entre l'énigmatique, le stressant et le gospel pour Close Your Eyes et Changes, le reste est globalement ce que vous trouverez de plus joyeux dans Monster !

Je vous recommande les morceaux : For the Love of Life, Grain, Decola, Bush, Drift, Make It Home, Present, The More I See et It's a Long Way to Go.

Niveau réal, on est loin d'Urasawa … c'est sûr que si je dois vous recommander Monster et que vous avez les moyens de prendre la série (à moins que vous lisiez en scan … Pas bien le scan avec la voix de Didier Bourdon dans le Pari), ruez-vous sur le manga, ici l'animation est plus rigide que le trait d'Urasawa justement dynamique.

Et pour parler de la VF, elle est de bonne facture, on retrouve le doubleur de Vincent Law en Kenzo Tenma et Bob l'éponge pour doubler Johan ! (oui Bob l'éponge, mais Sébastien Desjours arbore une voix plus sereine qu'avec Bob, ne vous inquiétez pas ...)

Partie Analyse Philosophique et ensuite de la fin de Monster (ne vous inquiétez pas j'ai mis des annotations spoil :) )

Le questionnement de la nature humaine est un questionnement qui a fasciné les philosophes depuis le début de notre existence, avec des questions telles que:

Est-ce que les hommes sont naturellements bons ou mauvais ?

Ou la nature humaine se rapprocherait de la vision de Jean-Jacques Rousseau qui disait qu'elle était façonné par la société (qui selon lui serait à l'origine de tous les malheurs du monde) et nos expériences ?

Est-ce que les hommes sont nés égaux ou par une séparation de valeurs basées par les circonstances de leurs naissances (statut, physique etc.) ?

Dans Monster, le fait que Naoki Urasawa alterne les visions du monde et de la société transcende la nature générique des prémices de la dualité entre bien et mal, pour nous permettre au fur et à mesure, de trouver quelques bribes de réponses, mais avant de nous immerger dans ces fameuses bribes, tournons-nous en premier lieu vers des philosophes chinois, où vivait l'un des premiers philosophes à aborder la question de la nature humaine : Mencius (ou Meng Ke de son nom personnel formé du nom: Meng de son clan et son prénom: Ke), petit-fils de Confusius, Mencius pensait que l'humain avait une prédisposition à des vertus telles que la bienveillance et la sagesse.

Posséder ces vertus, était le signe d'une vie bien vécu selon lui, et il ne pensait pas que cela venait de la société, mais plutôt du plus profond de l'être humain qui est retranscrit dans le livre de Sarah Allen : The Way of Water and Sprouts of Virtue. Qui aborde la philosophie de Mencius ainsi que sa fameuse Child By the Well Experiment : il s'agit d'une expérience consistant à prouver la nature profondément bonne de l'être humain, par une histoire sur un enfant jouant dans un champ jusqu'à ce qu'il percute par l'arrière un puit et finit par basculer, où il arrive à s'accrocher bon gré mal gré au bord du puit, instinctivement n'importe qui, se sentirait alarmé et courra pour aller le sauver.

Eh bien, selon Mencius même la personne la plus lâche se hâterait pour sauver l'enfant instinctivement dû à sa nature. Cette philosophie peut-être directement rapporté au Dr. Tenma qui en dépit du passé de ses patients, fait tout ce qu'il peut pour les sauver, comme Grimmer qui est un homme ayant perdu la capacité de ressentir au Kinderheim 511, et qui est un ancien espion qui a fait des choses horribles dans son passé, mais bien qu'il ne soit pas irréprochable, Tenma fait de son mieux afin de l'aider grâce à sa nature, il croit qu'il y a toujours du bon en lui qui ne demande qu'à se réveiller.

Il fait de même avec Johan en cherchant à le comprendre, à la place de le blâmer afin d'affirmer ce pour quoi il s'est toujours battu, que sa philosophie est la bonne : Que les gens sont nés foncièrement bons et sont nés égaux !

Il essaye alors de blâmer les actes de Johan sur tout autre chose que la nature de l'homme.

A l'opposé, Johan croit que l'homme est foncièrement mauvais, égoiste, cupide et ne sont aucunement égaux !

De plus, pour mieux affirmer sa croyance, il va décider de changer le meilleur homme qu'il n'est jamais connu en un monstre ; Kenzo Tenma !

Il emmène alors Tenma dans les ténèbres du monde pour essayer de le faire craquer en le faisant devenir un meurtrier.

Un autre philosophe Chinois avait une philosophie proche de Johan et s'opposait à l'époque à Mencius (Le duel Johan / Tenma s'était déjà passé au IIIème siècle), Xun Zi, selon lui, la nature de l'homme était mauvaise, mais qu'elle pouvait devenir bonne en grandissant, car notre nature amène au conflit et au désordre et devait être canalisé puis amélioré pour devenir des hommes biens. Et pour illustrer son propos, il utilisait l'analogie de l'argile qui une fois façonnée pouvait devenir magnifique.

Comme quoi la philosophie est universelle !

Alors bien que les philosophies de Tenma et Johan diffèrent, les personnages ont de nombreuses ressemblances, ils partent tous les deux en voyage pour affirmer leurs croyances, ils attirent les gens d'une façon assez similaire, sauf que Johan ne fait que se servir d'eux pour ensuite les tuer quand ils deviennent gênant, tandis que Tenma par sa gentillesse et ses actions prouvent aux gens son innocence.

Au fond, ce n'est pas tant leurs différences que leurs ressemblances qui rend ses personnages si incroyables !

Bref, revenons à la notion de l'égalité dans l'anime, comme Tenma l'affirme dès le premier épisode, tout les humains sont nés égaux !

Cette croyance le pousse à sauver Johan bien que le directeur Heinneman lui ordonna d'opérer le maire Rodecker. Dans la philosophie, cet état d'esprit est connu sous le nom d'égalitarisme, une doctrine politique prônant l'égalité des citoyens en matière politique, économique et/ou sociale, selon les contextes. Dans un sens plus général, l'égalitarisme désigne une école de pensée qui donne la priorité à l'égalité de tous.

Alors que sa fiancée et son futur beau-père sont des absolutistes (le contraire de l'égalitarisme), qui croient que les hommes ne sont pas nés égaux, Tenma reste fidèle à ses croyances quitte à ruiner sa carrière en blâmant les autres de personnes horribles pour ne pas penser comme lui, malheureusement pour le staff de l'hopital, il exprime sa haine de leurs méthodes à Johan qui rend service à Tenma en les tuant.

Johan partage quant à lui les croyances absolutistes d'Eva et n'a aucun respect envers la vie d'autrui, ainsi que pour la sienne ce qui est parfaitement prouvé dans ses phrases:

" There’s nothing special about being born. Not a thing. Most of the universe is just death, nothing more. In this universe of ours, the birth of a new life on some corner of our planet is nothing but a tiny, insignificant flash. Death is a normal thing. So why live?

-

Doctor Tenma, for you all lives are created equal, that's why I came back to life. But you've finally come to realize it now, haven't you? Only one thing is equal for all, and that is death. "

Comme quoi les croyances de Tenma ne sont pas acceptées par tous et même pas par le garçon qu'il a sauvé grâce à cette philosophie, et c'était l'intention de Naoki Urasawa, confrontées des philosophies pour mieux poser des questions à son public sans qu'il n'y ait la moindre réponse prémâchée.

Je les ait un peu oublié, mais on pourra aussi penser à Rousseau que j'ai précédemment évoqué ainsi que Hobbes qui avec son Léviathan a pas mal contribué à la fondation des régimes politiques modernes avec sa fameuse citation "l'homme est un loup pour l'homme" (phrase qui est d'ailleurs stupide, car les loups ne s'agressent pas entre-eux)

Au niveau de la conclusion du voyage de Tenma et Johan: Tenma découvrira que les hommes ne sont que des hommes avec leurs qualités et leurs défauts, sans qu'il n'y est vraiment de personne foncièrement bonne ou mauvaise, justes des hommes.

Johan à quant à lui découvert après son " suicide parfait " qui s'est révélé raté, car il a survécu, lui a finalement prouvé qu'il a bien été choisi par le destin et qu'il devait trouver une raison à son existence par lui-même !

Maintenant vous allez surement vouloir que je vous explique la fin si vous ne l'avez pas déjà comprise, eh bien, je vais vous l'expliquer:

Pour commencer, pour poser le décor des motivations de Johan en dehors de la décision de sa mère de se séparer de l'un de ses enfants qui avait fait énormément de mal à Johan (car sa mère n'a pas pris la décision de ne donner aucuns de ses enfants).

Parlons du jeu du toit, présenté par Martin qui justifie ses actions par : "la vie est chiante, rien n'a d'intérêt, elle n'est drôle uniquement lorsqu'il n'y a rien pour nous retenir, même la peur de mourir ! La seule façon de rendre la vie plus intéressante est de jouer à un jeu, le jeu du toit ! Dans ce jeu, le fait de tomber n'a que peu d'importance, la seule chose qui compte est de survivre, pour prouver que nous sommes choisi par le destin"

Et bien que l'on peut se dire que ce jeu n'est que superficielle dans l'intrigue détrompez-vous, Naoki Urasawa ne fait jamais quelque chose pour le fait de le faire … mais en fait, le jeu du toit est ce que Johan fait sur une bien plus grosse échelle, on peut voir que lorsqu'il parle avec Karl sur le toit, il reste calme, sûr de lui et prévoie chacun de ses mouvements. Et bien, il fait la même chose quand il conçoit son plan avec Tenma et Nina (Anna), par exemple quand Tenma cherche à le tuer lors de cet arc (l'arc Schuwald), est-ce que Tenma pourrait le tuer durant sa ballade avec Schuwald dans la forêt ? Non, il y a au sein de cette forêt, un soldat se sentant coupable d'avoir tué au sein de ce parc et demande à Tenma si les oiseaux lui pardonneront un jour ?

Alors est-ce qu'il pourrait le tuer à l'extérieur de la forêt ? Encore raté, Johan est toujours autour d'enfants, et au grand jamais Tenma ne tuerait Johan devant des enfants, ça ne laisse comme seule option pour le tuer : l'hommage à Hans George Schuwald dans la bibliothèque, voilà comment Johan prévoit ses plans, avec une grande minutie, et son jeu du toit est construit autour du Nihilisme et de l'expression Vanitas vanitatum omnia Vanitas (ou vanité, vanité, tout n'est que vanité).

Comme dans le dialogue avec Milosz, où il ne fait qu'un monologue destiné à lui-même où il se demande pourquoi vivre ? Qu'est ce qui me retiens de ne pas me suicider ?

Un philosophe du nom d'Albert Camus proposait une alternative, en prenant l'exemple de Sisyphe qu'il qualifie d'ultime héros absurde. Il y établit pourquoi la vie, malgré l'absurdité du destin, vaut la peine d'être vécue : « il n'est guère de passion sans lutte », « il faut imaginer Sisyphe heureux » dit Camus. En gros, la vie vaut la peine d'être vécue tant que l'on y trouve quelque chose d'agréable !

Mais dès que l'on perd tout cela, qu'on ne ressent rien, qu'on ne peut se connecter à personne, aucun souvenirs, aucun noms, aucune famille, pas de reconnaissance, pas d'empathie, juste le vide le plus profond, voilà ce que ressentent Johan, Grimmer ou encore Roberto ...

C'est à cause du nihilisme qu'après avoir tué les Liebert, Johan demande à Anna de le tuer pour que tout puisse enfin s'arrêter, mais il survit et on le retrouve couvert de larmes, mais pas des larmes de joie, car il a survécu, mais des larmes de tristesse car il va encore souffrir !

La petite mimique qu'il a, à pointer son doigt sur son front, est le signe qu'il sent qu'il va mourir, et qu'il ne peut pas s'enfuir comme dans la scène de la bibliothèque, où il pointe son doigt sur son front pour après le retirer, quand il sent qu'il va s'en sortir …

Le groupe de néo-nazi a essayé de le prendre comme le nouveau Hitler, mais vu qu'il ne voulait pas être leur pantin, alors le groupe a jeté leur dévolu sur Christof, l'apprenti du monstre.

Alors entre son influence sur Christof (qui aurait pu être un grand politicien) et la richesse de Schuwald, son plan d'un monde sans nom aurait pu se réaliser, si un événement n'aurait pas tout changer, la découverte du livre du monstre sans nom !

La récupération de sa mémoire a changé ses plans, maintenant il souhaite trouver Bonaparta et se venger pour sa mère ! Alors il décide symboliquement de brûler tout ce qu'il a construit ! C'est avec ces clés en poche que la fin a beaucoup plus de sens !

Le "suicide parfait" de Johan à Ruhenheim devient magnifique grâce à cela, alors que la ville bouleverse dans la tyrannie et que tout le monde meurt dû à la paranoia engendré par les armes distribués par les parents de Bonaparta (je présume que ses personnes âgées le sont), Johan construit en fait une réplique du massacre du Kinderheim 511, tout est prévu pour que tout le monde soit mort une fois que Bonaparta mourra des mains de Johan pour qu'il puisse ensuite confirmer sa croyance et se faire tuer par Tenma ! Ce plan est une sorte de jeu du toit inversé, pour que Johan sache si il est vraiment choisi par le destin ? Savoir si il peut tout prévoir sans qu'un miracle vienne gêner l'exécution de son plan et le sauver de chuter du toit ?

Et quand on arrive à la fin tout est presque comme Johan l'avait prévue, presque tout le monde est mort, Grimmer est mort, Roberto est sur le point de tuer Runge, Bonaparta meurt sans que Johan bouge le petit doigt et Johan dit les mots parfaits pour sortir Tenma de ses gonds: " Il n'y a pas de chose telle que l'égalité à part dans la mort !" Johan pointe son doigt sur son front persuadé qu'il va mourir avant que Gillen et Anna (Nina) arrivent pour court-circuiter les plans de Johan alors, Johan décide de pointer une arme sur Wim pour forcer Tenma à sacrifier une vie pour qu'une autre soit sauver, sauf qu'a ce moment-là, le destin interfère pour que le père de Wim lui tire dessus, un acte imprévisible bouclant la boucle pour Tenma quand il sauve à nouveau Johan pour prouver que même un monstre mérite d'être sauvé, indépendamment de son passé.

Enfin l'anime se termine sur Tenma qui retrouve la mère des jumeaux, qui lui annonce qu'elle aimait ses enfants et avec la compréhension "totale" des circonstances dans lesquelles il est né, Tenma visite Johan pour lui annoncer qu'il a une identité et que sa mère l'aimait. Avec le réveil de Johan et sa révélation que j'ai expliqué plus haut. C'est l'accumulation de tout ces actes plus ignobles les uns que les autres (la séparation de sa mère, le massacre de la villa des roses, le lavage de cerveau et sa renaissance à l'hôpital Eisler, car même au moment où il s'est retrouvé à la frontière tchéco-slovaque avant le Kinderheim 511, il avait encore une connexion à une personne, sa sœur mais le lavage de cerveau a été si fort qu'il a tout perdu même la capacité d'apprécier des plaisirs hédonistes prouvé au moment où il boit un café de grand renom sans en apprécier la moindre gorgée …) qu'il a subit, qui ont rendu Johan en monstre nihiliste, il arrive à parler facilement avec des enfants, car ils sont les plus sujets à sombrer dans le nihilisme, rien de plus.

Et finalement à la fin est-ce que Johan est parti de l'hôpital pour continuer à tuer ?

Non, il s'est rendu compte qu'il a bel et bien été choisi par le destin et maintenant, il ne lui reste plus qu'à trouver une raison de vivre. C'est dans cette optique qu'avant de vous remercier d'avoir lu jusqu'au bout ma critique, je vous voudrais vous inviter à écouter la chanson de fin de Monster interprété et écrit par David Sylvian (chanteur du groupe Japan) : For the Love of Life, qui arrive à comprendre la résolution de Johan. 1

Et voilà, il s'agit de ma plus longue critique / analyse à ce jour sur le site, je vous remercie beaucoup d'avoir tenu jusque là, je suis conscient qu'un format de critique / analyse aussi complet peut être assez indigeste, mais j'ai tant apprécié le manga et l'anime que je voulais lui rendre honneur et vous inviter à vous plonger davantage dans une œuvre qui est pour moi une des plus majeures de l'histoire du manga moderne avec une écriture tout bonnement magnifique de Naoki Urasawa qui prouve tout son génie !

Encore merci, n'hésitez pas à me donner des conseils pour m'améliorer et surtout, n'oubliez pas d'être curieux ;)

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