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Mr. Robot

Série de Sam Esmail Drame et thriller 4 saisons (terminée) USA Network 50 min 24 juin 2015

Elliot est un jeune programmeur antisocial qui souffre d'un trouble du comportement. Il est recruté par un anarchiste mystérieux, qui se fait appeler Mr. Robot.

Titre original de ma critique (S.C. ne supporte plus l'anglais ...) : « Hello friend »

Je vais te parler d’une série qu’il faut absolument que tu découvres.

C’est l’histoire de Elliot qui travaille dans une boité informatique s’occupant de la sécurité cybernétique mais qui le soir venu devient le roi des hackers pour découvrir les secrets de tout le monde. Il est pas comme tout le monde, il a des problèmes de sociabilité et se drogue à la morphine pour échapper à sa profonde solitude. Bon en fait on peut pas mal s’identifier à lui, c’est quelqu’un de complètement perdu qui n’a confiance en personne, qui se méfie de tout le monde et qui face à ses problèmes ne différencie plus la réalité de l’illusion.

Alors oui, le héros qui veut mener un combat contre le capitalisme incarné par une grande entreprise comme E. Corp, tu vas me dire que c’est du déjà vu et tu n’auras pas totalement tort. Mr Robot a certes un traitement classique et parle de plusieurs thèmes (numérisation de la vie privée, effacement de l’intimité au dépend de l’apparence, la quête identitaire du héros, …) déjà vu dans certains films mais c’est une série qui arrive à sortir du lot. C’est le genre de série qui nous parle au plus profond de nous parce qu’elle est consciente de son époque et des problèmes de ces dernières années. Elle fait terriblement écho à notre actualité même si forcément elle est plus alarmiste et pessimiste.

La série de Sam Esmail ne ressemble à aucune autre série tel un bug dans tous les programmes actuels dont on a à notre disposition. On a toujours la sensation indescriptible d’être autant surpris par des rebondissements scénaristiques que par la facilité dont la série arrive à se réinventer. Du cyber-thriller au drame psychiatrique dont les thèmes centraux comme l’informatique sont abordées avec une telle facilité malgré les notions complexes sans toutefois perdre son téléspectateur.

Il faut aussi que je te parle de la réalisation et de la mise en scène. On a l’impression de faire face à une série qui évolue autant narrativement que techniquement.

Au niveau de la narration, tu verras qu’il n’y a pas d’ambiguïté, les enchaînements sont intenses et cohérentes et les conclusions apportent toujours des solutions et impliquent une remise en question continuelle d’Elliot envers le combat qu’il mène. Car oui ici les révolutionnaires anticapitalistes ne sont pas traités comme des héros qui font face à un ennemi dans un manichéisme trivial. Ces héros sont inconscients et parfois même criminels et leur ennemi au premier abord d’un manichéisme certain voit sa vrai nature se transformée au fil et à mesure que les enjeux évoluent.

Je peux te dire aussi que techniquement cette série est un vrai petit bijou. De la mise en scène maligne et intelligente qui sème suffisamment d’indice pour pouvoir prévoir certain twist mais pas assez pour en prendre certains de plein fouet. Il y a aussi un souci du détail qui fait que les plans filmé sont finement travaillés. Esmail a aussi relevé un défi de dingue que celui de réaliser un épisode entièrement en plan séquence (suffisamment impressionnant pour ne relever que très peu de coupure).

Concernant le casting, je dois te dire qu’il n’y a pas grand-chose à dire à part faire des compliments sur toute la ligne. Bien évidemment Rami Malek est gigantesque et sort du lot alors que pourtant son rôle est loin d’être évident jouer. C’est la révélation de la série. Face à lui, Portia Doubleday convainc de saison en saison et d’autres fascinent comme Martin Wallström et Bobby Cannavale.

Alors voilà je ne sais pas quoi te dire à part d’aller dévorer ces quatre saisons et s’il te plait dis-moi que tu vois la même chose.

Mon ami, si tu as vu les saisons qui suivent alors je vais te dire ce que j’ai apprécié :

Saison 1 : (9/10)

Esmail adore briser le quatrième mur, Elliot, du fait de sa schizophrénie, prend à partie le spectateur comme un double et ça tu as du comprendre que j’ai bien apprécié. Parce que cette voix off permet d’accentuer l’émotion qui se dégage lors de la révélation.

Et même si celle-ci est prévisible (du fait des multiples visionnages de « Fight Club »), elle n’est pas moins percutante. Même la musique « Where is my mind » se fait entendre à la fin de l’épisode 9 (avec la reprise piano de Maxence Cyrin).

Sinon j’ai autant adoré la complexité du personnage d’Eliott que la folie du couple Wellick.

Saison 2 : (8.5/10)

La dualité mentale d’Elliot continue alors que les conséquences de l’effondrement économique apparaissent.

La trame linéaire de la saison 1 fait place à un thriller policier avec l’enquête du FBI et la narration est plus ambiguë mais permet de se jouer une nouvelle fois de ses spectateurs avec le twist de la prison. Sauf que cette fois-ci je peux te dire que je me suis bien fait avoir jusqu’à applaudir de respect à la fin de l’épisode.

Cette saison est une partie d’échec disposant d’un lot de trame qui ne se dégage pas forcément les unes des autres mais qui sont tous passionnantes et permettent aux personnages de Darlene et Angela d’être plus approfondies.

Niveau surprise, on notera l’épisode 6 où Elliot s’imagine dans une sitcom.

La saison se termine en donnant enfin la réponse qu'on se poser depuis le début de la saison "où est Tyrell Wellick" et on peut même finir par avoir les mêmes interrogations qu’Elliot à la fin. Même si cette saison peut être un poil décevant, Mr Robot me fascine toujours.

Saison 3 : (10/10)

Tu vois le mot que j’utiliserai pour cette saison serait « magique ». On a de tout dans cette saison et cela à un niveau qui frôle la perfection.

Une ambition technique d’Esmail qui atteint son paroxysme dans l’épisode 5 avec le fameux plan séquence (l’audace technique permet d’augmenter la tension et les enjeux avec ce côté fil rouge). Une narration maîtrisée d'un épisode soit disant de transition mais qui finit par bouleversé émotionnellement (épisode 8) ou d’épisodes maîtrisant les révélations (le centric de Wellick dans l’épisode 3, le twist bouleversant de l’épisode 6 et le final maîtrisé entre Elliot et la Dark Army du dernier épisode).

La musique marque encore cette saison que ce soit "Touch" de Daft Punk à la fin de l'épisode 1, le fameux générique de K-2000 dans l'épisode 7 ou encore dans le dernier épisode "Intro" de M83 (on avait d'ailleurs entendu "Gone" du même groupe dans la saison 1).

Le casting est exceptionnel avec un Rami Malek bouleversant et impressionnant. Portia Doubleday est assez incroyable aussi et puis la révélation de la saison est Bobby Cannavale qui est d’un charisme et d’une classe incroyable.

Saison 4 : (10/10)

La saison 3 était un véritable bijou et je ne pensais pas que la série pouvait faire aussi bien et je me suis bien trompé.

Cette dernière saison s'approche un peu plus de la perfection autant sur la forme (un épisode de noël 4x04, un épisode muet 4x05 et un épisode théâtrale 4x07 démontrant encore toute l'originalité et la maîtrise d'Esmail) mais encore plus sur le fond.

Entre le coup de poignard inattendu du 4x01 qui te met en PLS dès les premières minutes, des moments de tension parfaitement gérer (le hack silencieux du 4x04, la situation désespéré de Darlene et Dom au 4x08, l'opposition et le hack des membres de Deus du 4x09 et l'ultime face à face avec whiterose du 4x11).

Mais s'il fallait choisir entre ces différents épisodes tous d'un grand niveau, il y en a 2 pour lequel j'aurai un souvenir pendant longtemps.

L'épisode 4x07 qui est une pièce de théâtrale en 5 actes avec cette révélation, ce choc émotionnel qui permet d'ajouter une énième couche de lecture sur certaines scènes des premières saisons qui prennent une toute autre signification.

Et puis cet épisode final qui permet d'ajouter Mr Robot dans le lot des rarissimes séries (Breaking Bad, Six Feet Under, ...) qui arrivent à se conclure de la manière la plus parfaite que l'on pouvait imaginer.

Côté casting c'est encore impeccable avec un Rami Malek au sommet encore une fois mais aussi Carly Chaikin qui a une part plus importante dans cet ultime saison. Les seconds personnages sont parfait aussi, à l'image de l'antagoniste principal Whiterose que BD Wong interprète parfaitement mais aussi Elliot Villar qui joue le personnage de Vera peut présent mais inoubliable dans l'épisode 4x07.

En tout cas, je ne te cache pas, que pendant la dernière scène où Outro de M83 résonnait dans mes oreilles, les larmes dans mes yeux sont venus sans problème ...

Je ne peux te dire plus qu’une seule chose mon ami, j’ai passé un moment magnifique et inoubliable en suivant cette série et j'espère vraiment que c'est pareil pour toi aussi.

Bonsoir Elliot…

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