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Orange Is the New Black

Série de Jenji Kohan Comédie, policier et drame 7 saisons (terminée) Netflix 1 h 11 juillet 2013 (États-Unis)

Une new-yorkaise privilégiée finit en prison quand elle est rattrapée par son passé criminel.

Saison 1 :

Le générique de début où on voit défiler en plan rapproché les parties de visages de détenues, le tout entrecoupé par des images de quelques lieux de la prison qui vont très vite devenir au spectateur familiers, sur l'excellente chanson "You've Got Time", écrite et interprétée spécialement pour l'occasion par Regina Spektor, résume parfaitement le propos de la série toute entière. On va aller bien au-delà des apparences, on va plonger dans l'âme des personnages, on va ressentir de l'empathie même pour ceux qui paraissent dans un premier temps peu attachants. Et la structure narrative va admirablement servir tout cela...

Le pivot, celui par ou plutôt avec lequel le spectateur va "entrer" dans la prison de sécurité minimale pour femmes de la série, s'appelle Piper Chapman, très canon, à l'élégance naturelle, issue d'un milieu aisé, à l'intelligence supérieure à la moyenne, très bien intégrée à la Société, bref le profil type de la femme qui a-priori n'était pas du tout destinée à être derrière les barreaux, qui n'était pas du tout destinée donc non plus à connaître ses camarades d'infortune si une erreur du passé à laquelle va se mêler une connaissance du passé ne s'en était mêlée...

C'est le personnage principal, naïf et maladroit, du moins dans un premier temps, c'est le personnage qu'on va le plus connaître, qu'on va suivre le plus ; mais là est la grande force de la série, pas seulement... On va aussi apprendre à connaître les autres détenues, non seulement à travers leurs activités en prison mais aussi à travers une série de flashbacks qui vont révéler d'une manière plus ou moins explicite les raisons qui les ont amenées là. Inévitablement, une évidence cruelle s'impose à travers ces derniers, quand on est d'un milieu modeste, quand on n'est pas blanc, on part déjà perdant...

Les intrigues réussissent à partir de là le très difficile équilibre du drame le plus poignant avec la comédie la plus légère (on touche même à l'absurde avec l'épisode du poulet !!!). Rien qu'avec cela, on aurait une série d'un très grand intérêt. Mais si on ajoute en plus une réalisation soignée et des comédiennes, toutes les comédiennes, véritablement formidables, là on a carrément affaire à une réussite magistrale.

On ne peut qu'être heureux de faire la connaissance avec Piper Chapman (Taylor Schilling, very very cute !!!), avec Alex Vause, ancienne amante de la protagoniste même si elle a balancé cette dernière, de "Red", russe costaude à la dure mais avec un bon fond, de "Crazy Eyes", de "Pennsatucky", la disjonctée de Jésus, bref de tout le monde... Et on ne peut qu'avoir envie de continuer à les suivre (déjà fait car j'ai enchaîné directement avec la seconde saison !!!)...

Saison 2 :

Une seconde saison tout aussi admirablement réussie que la première. La protagoniste Piper Chapman va présenter une évolution intéressante, ne faisant que la rendre encore plus attachante, qui de naïve et maladroite est devenue pragmatique et sarcastique, nous réservant quelques répliques hilarantes .

On va faire plus connaissance avec des personnages qu'on a pas eu le temps de bien connaître précédemment, on va en voir de nouveaux dont une véritable antagoniste, LE personnage qu'on adore haïr férocement (comme le roi Joffrey dans "Game of Thrones" !!!) à savoir Vee, dealeuse en chef véritable sociopathe manipulatrice dans toute sa "splendeur" (Lorraine Toussaint, terrifiante donc brillante !!!), qui mérite sa place dans le top 10 des personnages de séries les plus détestables de tous les temps.

A cela s'ajoute à un épisode final pour cette saison absolument dantesque qui va encore me faire plus sentir pendant les mois d'attente de la troisième saison comme un toxico en manque.

Saison 3 :

Ce qui est formidable avec Netflix, c'est qu'on peut voir tous les épisodes d'une saison entière d'un coup ; ce qui n'est pas formidable avec Netflix, c'est qu'on peut voir tous les épisodes d'une saison entière d'un coup... Il y a treize épisodes dans une saison. On pourrait très bien répartir sagement la vision de cette dernière sur toute l'année en attendant que la suivante arrive. Ben oui, mais avec "Orange Is the New Black" on n'y arrive pas. On dévore les épisodes à la vitesse de la lumière et on se retrouve comme un toxico en manque pendant douze mois. On le sait d'avance mais on ne peut pas s'en empêcher...

Bref cette saison 3, contrairement à certaines personnes qui la trouvent plus faible, a été pour moi aussi addictive, et donc réussie, que les deux premières.

Elle se différencie assez des précédentes par le fait que la protagoniste Piper Chapman n'est plus un pivot mais est devenue un personnage important parmi d'autres. En fait, cette troisième saison s'appuie beaucoup plus sur l'identité "série de groupe". Les créateurs peuvent se le permettre, on a eu largement le temps de faire connaissance avec l'univers d'"OITNW" pour ça. D'ailleurs, on ne peut pas parler véritablement de personnages importants et de d'autres moins importants. Chacun est susceptible d'avoir la grande part d'un épisode consacré à lui. Ainsi des personnages qu'on n'avait fait qu'entrevoir dans les deux premières saisons vont être mis en lumière, toujours en grande partie par le biais de flashbacks, et y compris (intérêt supplémentaire qui évite notamment à la série de plonger dans le manichéisme !!!) dans le personnel de la prison.

Et on va avoir le droit à un très grand lot de rebondissements surprenants avec ces alliances qui se font, qui se défont, ces ostracismes qui se forment, ces amitiés qui se pointent là où on les attendait pas, avec des nouveaux ou plutôt des nouvelles qui se pointent (dont Ruby Rose, hyper canon !!!), avec les passés des personnages, etc... Parfois, on retrouve un personnage qu'on s'attendait pas à revoir, parfois on en a un autre qui évolue d'une manière radicale, mention spéciale à Piper qui se walterwhitise considérablement

, sauf que les petites culottes remplacent la meth.

La légèreté est toujours de la partie, les dialogues dans ce domaine étant encore plus hilarants que ceux des deux premières saisons, le tragique qui n'est jamais loin aussi. Encore une fois, l'équilibre délicat entre les deux est parfait.

Mais comment voulez-vous ne pas être accroc ??? C'est impossible... Franchement, "OITNB" est une mes plus belles découvertes du point de vue série. Et voilà, reste plus qu'à attendre (très impatiemment !!!) la saison 4...

Saison 4 :

Allez encore une saison que j'ai engloutie en un seul et unique week-end... merci binge-watching, merci Netflix de m'avoir habitué à ce mode de consommation. Plus qu'un an à attendre...

Ben oui, parce que bien évidemment j'ai plus que hâte de voir la cinquième saison puisque la saison 4 est juste pour moi la plus réussie de toutes. A croire que le chiffre 4 est un porte-bonheur dans le monde des séries étant donné que c'est aussi le numéro des meilleures saisons de The Americans et de Game of Thrones.

Ce sont toujours les mêmes thématiques qui sont reprises ici à savoir le racisme "banal" de la Société, le rejet sans pitié des pauvres, les abus de l'Autorité (ici la majeure partie du temps carcérale !!!), un portrait sans fard de l'Amérique d'aujourd'hui, le tout avec des drames humains à échelle d'hommes ou plutôt ici, la plupart du temps, de femmes le plus souvent par l’intermédiaire de flashbacks qui reviennent dans le passé des détenues mais aussi des gardiens, le tout sans manichéisme, sans politiquement correct et avec une grande justesse psychologique. De nombreux personnages, avec celui de Piper comme pivot, mais tous auront à un moment ou à un autre son "moment". Il ne faut pas oublier de souligner une fois de plus, le casting qui est incroyable.

Bref, modèle quasi-identique à la précédente saison, mais il y a un aspect plus sombre, plus tendu, encore plus coup de poing, qui prouve que la série a su pleinement trouver son équilibre entre humour rafraîchissant et drame le plus sombre, qui trouve son point culminant avec

la mort révoltante et déchirante du personnage de Poussey.

C'est pour cette raison précise que je trouve que cette saison est la plus remarquable (pour l'instant du moins !!!) de cette série absolument remarquable.

A dans un an pour un week-end où mon peu de vie sociale va être encore sacrifié...

Saison 5 :

La saison 4 se terminait sur un cliffhanger de gros malade qui semblait plus qu'annoncer qu'une émeute allait avoir lieu à Litchfield... On ne sera pas déçu car émeute, il va y avoir et la saison 5 va se dérouler sur les trois jours pendant lesquelles cette dernière va avoir lieu.

Pour ce qui du fond, l'élection de "vous savez qui" et le mouvement "Black Lives Matter" donnent une forte résonance actuelle à l'ensemble. Eh oui, quand on n'est pas blanc et aussi quand on n'est pas riche, votre vie n'a aucune valeur.

Autrement, le fait que toutes les contraintes liées à la vie d'une prison, c'est-à-dire les règlements, sautent totalement et dans l'anarchie la plus totale laissent une très grande liberté aux scénaristes dans le domaine de l'humour ; ce qui donne parfois des situations à la limite du surréalisme. On aura même le droit à une espèce de parodie de film d'honneur avec moult références aux classiques du genre. Le fait qu'une cadre de l'entreprise qui gère la prison se retrouve à devoir, pour s'en sortir, se faire passer pour une prisonnière et le fait aussi qu'elle s'adapte le plus confortablement du monde à cette situation (expérience de Stanford quand tu nous tiens !!!) donnent aussi une très bonne suite de situations délirantes.

On notera aussi la totale absence de manichéisme, certaines prisonnières ne valant guère mieux par les humiliations extrêmes qu'elles font subir à leurs anciens gardiens, ne donnant pas du tout au spectateur l'espèce de soulagement qu'on a à voir la victime se vengeant de son ancien bourreau mais plutôt une sensation voulue de malaise.

Quant aux flashbacks, pour certains, j'attends de voir s'ils seront approfondis dans les saisons suivantes avant de me prononcer, pour d'autres je doute de leur nécessité, mais par contre les trois ou quatre autour d'un personnage (parodie de film d'horreur !!!) donnent à ce dernier une dimension particulière et fait comprendre, sans les excuser pour autant, ses actes.

Pour ce qui est de la fin, là c'est pire que tout parce qu'on nous laisse sur un cliffhanger encore plus terrible parce que pour les autres fins de saison, on pouvait deviner à peu près ce qu'il se passera par la suite ; mais là c'est l'angoisse totale car absolument tout peut se passer... Un an, putain, un an qui à cause de cela, sera encore plus difficile du point de vue attente.

Saison 6 :

Une saison qui, par sa fin, annonce que la série toute entière se dirige vers une conclusion, ce qui est pour le mieux car ce serait dommage qu'elle saute par-dessus le requin.

On est transféré dans une autre prison, après les émeutes de la dernière saison. On dit "au revoir" (momentanément j'espère) à une partie des personnages. On y est bien dans l'air du temps #BlackLivesMatter, les mesures sévères autour de l'immigration, etc...

Ce que l'on retient le plus de tout cela, aussi bien dans les points positifs que négatifs :

Dans cette perspective de l'air du temps, le personnage de Taystee donne les scènes les plus fortes émotionnellement de l'ensemble, superbement aidé par l'interprétation bouleversante de Danielle Brooks.

Points négatifs dans les nouveautés : l'introduction de deux nouveaux personnages. Celui de Badison, qui parvient certes à être agaçante (objectif parfaitement rempli car c'est une partie du but de ce personnage, à chaque fois qu'elle apparaît on lève les yeux au ciel) mais jamais attachante (malgré ses fragilités et son passé triste, exposé dans les flashbacks, qui montrent que les scénaristes ont essayé d'insuffler ce sentiment au spectateur). Et celui de Daddy, dont on n'en a absolument rien à foutre en fait, on ne ressent rien devant ce nouveau personnage, si ce n'est de l'indifférence (au moins Badison fait ressentir quelque chose).

Points positifs dans les nouveautés : les personnages des deux sœurs ennemies, là par contre j'ai totalement adhéré. J'avoue avoir été pris et terrifié par cette gueguerre complètement absurde entre deux blocs de la prison due uniquement à la haine mortelle que se vouent les deux frangines. Le flashback de l'acte, absolument abominable, qui a mené ces deux personnages direct à la case prison, est sans conteste le moment le plus horrible de la série entière. Et la toute dernière scène avec elles, avec cette utilisation très habile et inspirée d'un flashback, est un moment fort et mémorable.

Autre grand point positif, qui découle en bonne partie du précédent, l'importance qui est donnée à Frieda. Elle avait certes déjà eu son épisode, avec flashbacks intégrés, lors de la saison 5 (si je ne me trompe pas), mais elle a vraiment pris une véritable importance, qui la fait passer d'un personnage secondaire amusant à un personnage de premier plan. J'ai adoré les séquences avec elle.

Voilà ce qu'on peut dire de cette sixième saison, en attendant impatiemment la septième, qui sera peut-être donc la dernière...

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