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BoJack Horseman

Dessin animé de Raphael Bob-Waksberg Animation, comédie et drame 6 saisons (terminée) Netflix 25 min 22 août 2014 (États-Unis)

BoJack engage un prête-plume dans l’espoir de publier son autobiographie et de retrouver le chemin de la gloire.

J'ai regardé ça pour meubler le silence sonore dans ma vie lié au fait que j'ai coupé la musique de Fire Emblem car j'en avais un peu marre d'entendre toujours la même chose alors que j'étais obligé de recommencer le même niveau en boucle pendant des heures car je suis nul. Seulement voilà, je me suis pris au jeu, déjà parce que la musique du générique du début ainsi que les gens-animaux me font atrocement penser à Hotline Miami en presque moins flippant, mais aussi parce que ce que je pensais être juste une grosse connerie basée sur des gags scatologiques et des bons sentiments absolument révoltant se révèle être au cours des épisodes une série affreusement tragique sur la médiocrité de l'humanité.

Parce qu'au fur et à mesure que la série avance, moins c'est drôle, plus ça devient doux amer, jusqu'à carrément devenir déprimant. La série a beau être absurde montrer avec plus ou de moins de réussite les choses qui ne vont pas dans notre monde en proposant une caricature plus ou moins réussie, ce qui fonctionne le mieux, c'est vraiment les relations chaotiques entre les personnages, qui, comme dans la vraie vie, ne sont pas unilatérales, tous sont médiocres, tous sont lâches, tous sont intéressés, tous font des erreurs, tous se servent des autres... et comme dans la vie, au moment où l'on croit que tout va s'arranger et bien non, ça ne s'arrange pas, car il y a toujours un après...

On est content de recevoir un oscar, d'avoir le rôle de sa vie, de se marier, mais le lendemain ? le surlendemain ? la vie ne s'arrête pas juste parce qu'un objectif a été atteint et indubitablement on retourne à être misérable et malheureux. C'est de ça dont parle la série (sauf qu'ici ils ont déjà du mal à accomplir leurs objectifs).

Ce qui fait que ça fonctionne c'est parce que la série accepte de parler de l'humain, de sa médiocrité et ceci malgré tout ce qu'on pourrait vouloir lui reprocher comme les dessins (qui me plaisent encore assez), quelques gags faciles (mais ça va encore). Voir des gens médiocres essayer de se dépêtrer de leur propre médiocrité j'aime ça, surtout lorsqu'ils se rendent compte qu'ils ne sont pas les "gentils" dans l'histoire, qu'ils ont fait des choses "mauvaises" et qu'ils ne peuvent pas réellement les rattraper.

J'apprécie donc vraiment le tournant pris par la dernière saison qui est bien plus axée sur les relations, même si je déplore un peu le manque de relation BoJack - Diane (son nègre de la première saison) qui arrivait à être assez touchant. Dans tous les cas j'aime l'idée que devenir adulte n'est pas une simplification des rapports humains, mais au contraire une accumulation de sentiments contradictoires envers autrui, que les problèmes s'accumulent eux-aussi et qu'on ne peut jamais vraiment faire en sorte qu'ils disparaissent.

Tout ça pour dire que la série m'a parlé dans ses thématiques de recherche du bonheur et d'acceptation de sa propre médiocrité.

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