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Les Irréguliers de Baker Street

Série de Tom Bidwell Policier, drame et thriller 1 saison (arrêtée) Netflix 49 min 26 mars 2021 (Royaume-Uni)

Bienvenue dans le Londres du XIXe siècle, où les Irréguliers, un gang de jeunes marginaux, élucident des crimes surnaturels pour le compte du Dr Watson et de son mystérieux associé, Sherlock Holmes.

Nouvelle série Netflix, Les Irréguliers de Baker Street, comme son nom l’indique, s’inspire très librement des aventures de Sherlock Holmes en se penchant sur ces petites mains qui aident le détective dans certaines de ses enquêtes à partir d’Une Etude en rouge (1887). L’idée de départ est plutôt sympathique, la mise en image également. Le téléspectateur se retrouve plongé au cœur de l’Angleterre victorienne, superbement rendue par des décors et des costumes de grande qualité. La thématique de départ est également passionnante, puisque les scénaristes ont choisi de mêler des trames policières à des motifs fantastiques, nous entraînant dans des enquêtes à la fois étranges et angoissantes. Les références cinématographiques, littéraires et ésotériques sont nombreuses et plutôt bien choisies. On passe ainsi des Oiseaux d’Hitchcock à la fée des dents, de la Golden Dawn au vaudou, en s’inspirant également des romans de formation anglais, Jack l’Eventreur et La Maison hantée de Shirley Jackson. Résolument tournée vers la jeunesse, la série met en scène quatre adolescents, deux sœurs et deux garçons, qui vivent dans les bas-fonds de Londres et qui vont être engagés par le docteur Watson pour élucider des meurtres surnaturels. Incarnés par des acteurs inconnus qui sont plutôt convaincants, à part Thaddea Graham (qui joue Béa et qui est aussi mauvaise que dans L’Ecuyer du roi, une autre série Netflix). Ainsi, Darci Shaw qui joue Jessie, une jeune fille aux étranges pouvoirs, possède un regard magnétique. Jojo Macari est Billy, le casse-cou de la bande, tandis que McKell David est Spike, le débrouillard. A ces quatre personnages assez stéréotypés, mais bien rendus, s’ajoute Harrison Osterfield, le prince Léopold, amoureux de Béa et qui s’invite dans le groupe de manière anonyme. Mais tout n’est pas positif dans cette série. De nombreux anachronismes et incohérences émanent chaque épisode. En premier lieu, au cœur d’une Angleterre victorienne foncièrement raciste, le docteur Watson ainsi que le duc de Wellington sont noirs. Ce même duc possède un garde du corps (sic) lui aussi noir, qui possède un gilet pare-balles (re sic). La société est d’ailleurs étrangement multiculturelle. Béa est chinoise, alors que sa sœur Jessie est blanche, sans qu’aucune explication ne nous soit donnée. Pourtant, il y a pire. Tout d’abord, à certains moments, la bande originale est atroce, criarde et totalement anachronique, comme une chanson évoquant New-York lorsque les personnages arrivent devant le 221b. Passons là-dessus, parce que ce sont des choix, certes discutables, mais qui seraient défendables si le caractère de Watson, de Mycroft Holmes et de Sherlock lui-même ne dénaturait pas les personnages d’origine. En amoureux de l’œuvre de Conan Doyle, ces trahisons apparaissent comme inacceptables. Le personnage de Béa se montre plus intelligent que Mycroft lui-même, ce qui est totalement invraisemblable. Surtout que ce dernier apparaît comme un lâche, pleurnichard et totalement tétanisé lorsque survient une tragédie. Watson est un être vil, méprisant et négatif (comme la plupart des personnages de couleur de la série, le duc en tête), à l’opposé du personnage de romans. Lestrade est un cul-béni armé d’un pistolet de cow-boy, madame Hudson est une marchande de sommeil et certains dialogues sont carrément risibles. Le constat est donc mitigé. Certes, il est aisé de se laisser entraîner dans les aventures du quintet, mais les erreurs et les trahisons sont trop nombreuses pour que l’adhésion soit totale.

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