Download in HD

Hitcher

Film de Robert Harmon Action et thriller 1 h 37 min 21 février 1986

En route pour la Californie, un américain prend un auto-stoppeur s'avérant être un psychopathe. C'est le début d'un long voyage vers l'horreur.

-Je suis tombé en panne d'essence. -Vous cherchez une station-service? -Ça pourrait m'aider. -D'accord. -Les stations-service vendent des cigarettes? -Vous voulez pas de l'essence? -Je n'ai pas besoin d'essence. -Qu'est-ce que vous voulez! -Ah ah! -Qu'est-ce qu'il y a de si drôle? -C'est ce que l'autre type a dit aussi. -Quel autre type? -Celui qui était au volant de la voiture qu'on a passé. Celui qui m'avait pris en stop avant toi. -Et il est resté dans la voiture? -Ah oui ça j'en suis sûr. Il ne serait pas allé très loin à pied. -Pourquoi ça? -Parce que je lui ai coupé les deux jambes, et les deux bras, et la tête, et je vais te faire la même chose.

The Hitcher 1986, est un film aujourd'hui mal aimé profondément sous-estimé et malheureusement oublié de beaucoup. Souvent moyennement noté dans certains sites cinématographiques ce qui me procure un sentiment désagréable dont je me console un minimum par les récompenses qu'il a remporté, comme le prix du Jury, celui de la critique ou encore du festival de Cognac. Il est pourtant un survival implacable à l'impact redoutable pourvu d'une réalisation conséquente et de séquences riche en rebondissements, appuyé par des acteurs efficaces et d'un scénario intelligent. Une oeuvre qui à marqué son époque et qui mérite d'être vu tant elle est culte. Je vais essayer de rendre le film intéressant à voir pour la génération actuelle à travers ma critique.

L'intrigue suit le personnage de Jim un jeune homme devant traverser en voiture une route désertique pour atteindre la Californie, sur son chemin il va faire la rencontre de John Ryder un auto-stoppeur qui va lui mener la vie très dur. Plus précisément il va directement et clairement lui dire qu'il va le tuer et de façon bien macabre et violent genre

""Je vais te couper les deux jambes, puis les deux bras, et ensuite la tête""

ah là, quel poète ce John Ryder. Bien entendu le jeune Jim ne se laissera pas faire créant ainsi un intérêt particulier pour le tueur qui dressera un violent et stressant jeu de chasse du chat et de la souris avec lui.

Le film a été réalisé par Robert Harmon un cinéaste assez anecdotique que j'apprécie pas mal pour certaines de ses oeuvres comme Cavale sans issue, Le Peuple des ténèbres, Highwaymen: La Poursuite infernale... Le cinéaste est également grand amoureux du comédien Tom Selleck au vu du nombre important de longs métrages qu'il a tourné avec lui sur la saga Jesse Stone. Les quelques autres films qu'il a fait sont pour le moins passés inaperçus méritant plus ou moins le coup d'œil. The Hitcher est son premier long-métrage et clairement celui que je considère comme son meilleur.

*Quand on parle de psychopathe au cinéma on pense directement à Hannibal Lecter Leatherface, Freddy, Michael Myers, Jason Voorhees, voire même le Joker dans The Dark Knight de Nolan et bien d'autres encore et pourtant à chaque fois on oublie ce bon vieux John Ryder qui pourtant fait bien partie des pires. *

Étant affiché de manières totalement imprévisibles, on ne sait jamais sur quel pied danser avec lui. Incarné par l'un de mes chouchous le génial Rutger Hauer qui sous les traits de John Ryder nous livre une partition funèbre sans failles et bien flippante duquel on ne ressort pas indemne. À la fois déranger sadique, violent, cruel et froid, munit d'un esprit imprévisible faisant preuve d'aucune pitié envers personne, enfant compris. Il garde une part de mystère du début à la fin, on ne sait clairement pas ce qui motive John Ryder, on n'a que notre propre interprétation à mener pour ce faire une idée.

Ryder est un psychopathe qui aime mettre les gens innocents à l'épreuve en leur faisant peur et si jamais il en trouve un lui tenant suffisamment tête par des actes, alors il lui offre toutes les armes possibles pour pouvoir l'affronter allant même jusqu'à l'aider face aux flics. Ryder semble chercher quelqu'un d'assez innocent et courageux pour pouvoir corrompre son âme en le mettant devant les horreurs de sa folie pour que le moment venu il soit assez contaminé et mature pour le confronter. Il semble vouloir tailler un diamant suffisamment pur et solide en armes susceptible de pouvoir l'exécuter. Un véritable lien malsain se met alors en place entre la proie et son bourreau.

John Ryder c'est le croquemitaine de la route, la légende urbaine de l'auto-stoppeur.

Le plus fort vient surtout du charisme dingue du personnage qui doit tout à son interprète ainsi qu'à son écriture par le scénariste Eric Red qui fait d'ailleurs une brève apparition dans le film. Apparemment étant fan de la chanson Riders on the storm de The Doors, le scénariste se serait inspiré du titre de celle-ci pour le nom de son antagoniste.

En parlant de chanson les différentes musiques sont composées par Mark Isham et sont assez discrètes voir un peu trop par moments, mais c'est pour mieux laisser l'aspect d'isolement à son paroxysme fonctionnant surtout avec les réels bruits de fond.

La réalisation joue énormément sur son environnement accusant le coup à travers une atmosphère stressante toujours sous tension dans décors profond, vaste, large, aride et chaud conférant un aspect d'isolement malgré l'étendue sans fin des champs. Lorsque le calme arrive par la contemplation on est brusquement secoué par une fracassante entrée en scène de rider ce qui fait que le spectateur se trouve tout le temps sur la défensive se demandant chaque fois qu'est-ce qui va arriver après ça. La paranoïa finit par s'installer en nous.

Il en découle un long métrage ne souffrant d'aucune longueur, allant toujours à l'essentiel comme avec la scène d'ouverture nous plaçant directement dans le vif du sujet.

Malgré sa violence le film ne tombe jamais dans la facilité de la gratuité amener par une surenchère d'hémoglobine. En effet beaucoup d'éléments trash sont avant tout suggéré et non démontré même si cela reste malgré tout relativement très violent. Le réalisateur veut clairement nous faire flipper et non nous faire jubiler. The Hitcher joue clairement avec la peur de prendre un automobiliste en stop, un parfait inconnu dont on ne sait rien et qui sous son sourire charmeur du parfait gendre peut cacher un fou dangereux.

C'est sûr que si vous regardez ce film, derrière vous n'avez plus trop envie de prendre un auto-stoppeur.

La mise en scène est particulièrement réussie surtout autour de la tension mise en place par les différentes situations dont une scène en particulier faisant office de socle principal du film tant la séquence est rude, effroyable et tout bonnement grandiose, je parle bien entendu de la scène avec le camion. L'acte du camion est la pièce maîtresse du film mais aussi du plan de Ryder vu que c'est ici que doit se jouer l'acte final, c'est ici qu'il juge Jim comme étant prêt à enfin clore le chapitre. Même si finalement cela ne se passera pas comme cela ni pour l'un, ni pour l'autre. Enfin The Hitcher est un film profondément troublant et déprimant puisque finalement c'est bien Ryder le victorieux dans l'histoire.

Conclusion:

The Hitcher est un survival horror culte ayant marqué son époque sous forme de jeux de massacre subtil et pervers d'une efficacité redoutable. Un film aux multiple lectures qui se bonifie visionnage après visionnage grâce à une réalisation intelligente et impactant. Rutger Hauer est monstrueux! Ne vous laissez pas ralentir par l'âge de l'oeuvre et foncez-le voir! Une œuvre qui ne mérite pas d'être oublié.

Il est temps pour vous de rencontrer John Ryder!

streaming film complet