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Okoto et Sasuke

Film de Yasujirô Shimazu Drame 1 h 40 min 15 juin 1935

L’étrange amour d'Okoto, fille aveugle d'un riche marchand d'Osaka et de son élève Sasuke, employé de la maison.

Ressenti très étrange devant ce gros mélodrame capable du meilleur comme du pire, à savoir d'énormes longueurs, des tunnels interminables et une incapacité à faire confiance à ses personnages et au pouvoir des images pour communiquer l'émotion. Ainsi la relation d'amour platonique qui unit la musicienne Okoto et son assistant Sasuke s'étale péniblement sur 100 minutes parfois assommantes alors que ça aurait pu tenir en 75 minutes magnifiques. Après une ouverture plutôt légère et fraîche, le film patine lourdement, heureusement rehaussé par l'éveil musical de Sasuke qui se révèle un excellent joueur à son tour, avant d'offrir un dernier quart beaucoup plus touchante, voire viscérale où l'on trouve de beaux moments : la séquence du toit et les oiseaux en cage (touchante et poétique bien que la métaphore n'est pas vraiment subtile sur la condition du couple), l'agression nocturne et la dernière scène très intense d'une réelle violence psychologique que n'aurait pas renié un Masumura par exemple. Cependant, la aussi, alors qu'on tenait une conclusion merveilleuse, Shimazu rajoute 5 minutes de dialogues larmoyant et sur-explicatif qui amenuisent la force du geste de Sasuke. Les personnages en deviennent presque strident d’atermoiement pathétique. J'en suis ressorti très frustré car le scénario, tiré d'un roman de Jun'ichirō Tanizaki, propose une belle réflexion sur le dévouement, la passion, la transcendance par l'art, le sacrifice. Sauf que Kôkichi Takada dans le rôle de Sasuke est bien trop fade, sans évolution notable de son caractère, tandis que le rythme est fort mal maitrisé. La réalisation peut-être tour à tour plate et engluée puis précise, aérienne et inspirée avec une belle gestion de l'espace (Le complot pour saouler Otoko et Sasuke ; Sasuke fébrile et hésitant face à une décision fatidique).

Pour le coup je suis plutôt curieux de découvrir d'autres adaptations du roman, surtout celle de Daisuke Ito en 1954, de Teinosuke Kinugasa en 1961 (mais aussi en 1976 par Katsumi Nishikawa et en 2008 par Satoshi Kaneda)

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