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L'Homme qui ment

Film de Alain Robbe-Grillet Drame 1 h 35 min 27 mars 1968

Boris se prétend être l'ami d'un résistant disparu. Au fil de ses conversations, les habitants qui l'ont bien connu, ne reconnaissent pas leur ami.

Pour moi le nom d'Alain Robbe-Grillet reste synonyme d'ennui, de facticité, de vanité ou plus simplement de cinéma masturbatoire faussement intelligent ou subtile. Je n'ai jamais pu finir son "Trans-Europ-Express" tandis que "L'Année dernière à Marienbad" a un effet narcoleptique assez puissant sur ma personne, malgré toute mon admiration pour Alain Resnais... Aussi étrange que cela puisse paraître, je gardais en mémoire une vague mais bonne impression de son "L’homme qui ment". Ce film vu durant mon adolescence m'avait quelque peu séduit par son esthétisme ou son ambiance... Mais voilà, le nouveau visionnage de ce film me remit face aux mêmes tics du monsieur et l'ennui fit rapidement son apparition malgré les tentatives désespérées de Trintignant de maintenir l'entreprise à flot.

Surfant sur le succès de la Nouvelle Vague, Robbe-Grillet retrouve Jean-Louis Trintignant pour une coproduction franco-tchécoslovaque : "L’homme qui ment" en 1968. film étrange et particulier qui se dote, dès les premières minutes, d'une ambiance digne du meilleur du cinéma d'Europe de l'Est. Atmosphère froide et fascinante, grande étendue boisée et éclairée, village typique abandonné dans la torpeur ; le début captive et intrigue ! Comme les qualités esthétiques sont là (on retrouve notamment ce N&B saturé en blanc de "L'Année dernière à Marienbad"), on peut facilement tomber sous le charme de l'ouvrage ! Et puis il faut dire que le propos nous interpelle : qui est cet homme, incarné par Trintignant, qui se décide à nous conter son histoire. Depuis le titre, on sait que ses propos ne sont pas fiables : quel est le vrai du faux dans ce qui nous ait rapportés ? À moins que ce soit les images, elles-mêmes, qui nous trompent ! Le visuel quasi onirique ne nous aide pas à nous y repérer ! Bref le début du métrage est riche en questionnement et interrogations diverses ; on est un peu perdu ou désorienté mais notre curiosité est piquée au vif !

Seulement, rapidement, cet état de fait va rapidement s'estomper pour laisser la place à l'indifférence et à l'ennui ! L’enchaînement des mensonges de notre narrateur devient rapidement incroyablement redondant et pesant ! Son petit manège devient très vite lassant voire irritant car on devine très rapidement où le film veut nous emmener et la fin est hautement prévisible. Sans son pseudo suspens, le film ressemble à une belle coquille vide : il y a de bien belles images mais tout cela est inintéressant ! Surtout qu'on n'a pas grand-chose d'autre à se mettre sous la dent. Les discours sont, eux aussi, creux et répétitifs. Les différentes saynètes ont un aspect poseur assez pitoyable, sans parler de cette réalisation maladroite qui accumule assez lourdement les stéréotypes et le symbolisme bien gras. Robbe-Grillet ne fait pas dans la dentelle pour appuyer son discours ; et c'est bien dommage car il y a des éléments intéressants dans ce film autour du rapport à la réalité. Malheureusement il semble délaisser cette thématique pour se focaliser une nouvelle fois sur l'univers érotico-masochiste, d'une manière moins appuyée que lors de ses précédents métrages mais ce changement de cap détonne fortement avec le reste du film, renforçant l'impression d’œuvre bancale et mal maîtrisée.

À l'issue de ce film subsiste l'impression d'avoir perdu son temps devant une œuvre peu passionnante et affreusement factice.

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