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La Rue rouge

Film de Fritz Lang Film noir, drame et thriller 1 h 42 min 25 décembre 1945

Christopher Cross, un peintre amateur, est marié avec une femme qu'il n'aime pas. Un soir, il croise la route de Kitty, qu'il croit sauver d'une agression.

Petit caissier discret et sans histoires, Christopher Cross a une vie peu palpitante. Il n'a jamais eu de succès avec les filles, il n'a pas de caractère, et sa mégère de femme lui mène la vie dure dès qu'il rentre du boulot. Sa seule passion, c'est la peinture, mais son manque de confiance en lui l'empêche de présenter ses tableaux à des professionnels de l'art. Un soir, alors qu'il raccompagne un collègue après une soirée trop arrosée, il vole à la rescousse d'une jolie jeune femme qui se faisait agresser dans la rue. Pour Chris, ce sera le coup de foudre immédiat, et afin d'impressionner la belle Katherine, il se fera passer pour un peintre riche et célèbre dont les tableaux s'arrachent à des sommes astronomiques. Ce mensonge en apparence anodin sera lourd de conséquences, et lorsque le compagnon de "Kitty" décidera de s'en mêler, ce sera le début d'une longue descente aux enfers pour les 3 personnages...

"La Rue Rouge" a beau être un remake de "La Chienne" de Jean Renoir, il porte indéniablement la patte de Fritz Lang. En effet, on retrouve dans ce film de 1945 beaucoup d'éléments qui firent le succès de "La femme au portrait" un an plus tôt : outre le casting quasi identique, le thème de la peinture et de l'amour impossible sont prédominants, et par bien des aspects, on peut considérer ces deux longs métrages comme des œuvres jumelles.

Comme à son habitude, le rondouillard Edward G. Robinson habite l'écran, et si Joan Bennett était la douceur incarnée dans "La femme au portrait", elle joue ici une vraie garce capable d'abuser de la faiblesse d'autrui sans éprouver le moindre remords. Il faut dire que le personnage de Chris Cross est d'une naïveté confondante : complètement aveuglé par l'amour, il se fait manipuler comme un bleu et refuse de se rendre à l'évidence malgré les multiples indices qui s'accumulent devant lui.

Si ce film de Fritz Lang n'est pas aussi enchanteur et onirique que son prédécesseur, il reste intéressant notamment pour son dernier quart d'heure particulièrement sombre. Interdit à sa sortie dans plusieurs états américains pour son indécence et son immoralité, "Scarlet Street" avait en effet de quoi choquer l'Amérique puritaine des années 40. Aujourd'hui, ce film noir un brin caricatural n'offusquera plus grand monde, mais il reste une belle œuvre sur la perte de dignité et sur les terribles désillusions que peuvent entraîner les histoires d'amour à sens unique.

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