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The Dark House

Film de Wojciech Smarzowski Drame, historique et policier 27 novembre 2009

Un jour d’hiver, pendant la loi martiale, le lieutenant Mróz essaie de résoudre le mystère d’une série de meurtres survenus quatre ans auparavant. Il effectue une reconstitution de la scène de crime avec la présence du principal suspect, Środoń…

3ème Festival Sens Critique, 15/16

Dans une Pologne glaciale de 1982, on effectue la reconstitution d’un multiple homicide survenu quatre ans plus tôt. Le film oppose le présent filmé dans la neige au passé qui s’y superpose, tout en gris et vert par un travail très fin du photographie au grain HD asses étrange : à la fois vidéo et trop réaliste, et de fait souvent ultra pictural. Le récit est celui d’une gigantesque biture totalement cauchemardesque : la nuit décisive, on boit plus que de raison pour aboutir à des confidences à l’issue tragique. Le jour de la reconstitution, c’est encore pire : les flics picolent, et toute cette mascarade, elle-même filmée en noir et blanc, recèle plus de mensonges et de manipulation que la recherche de la vérité. Ramassis de losers avinés, les victimes, les bourreaux et l’autorité dépeignent un monde paumé, pourri jusqu’à l’os et qui en devient drôle, à la manière des protagonistes de Fargo auquel le film fait parfois penser. On y ajouter ici un grotesque slave rendu possible par les flots de vodka, où la machine narrative s’emballe pour donner simultanément droit à un accouchement et un massacre à la hache. [Spoil : La scène du meurtre fait d’ailleurs fortement penser à l’anecdote que raconte Meursault dans l’Etranger, ce fait divers durant lequel les tenanciers d’un hôtel assassinent dans la nuit un riche voyageur avant de constater qu’il s’agissait de leur fils venu leur faire la surprise de son retour]. Plastiquement, le film est une grande réussite : grand travail sur la lumière, les intérieurs cradingues, les éclaboussures (notamment dans l’une des scènes du prologue où la femme du protagoniste s’écroule dans la cuisine en renversant le contenu de sa casserole), le sang et le feu. Mais c’est surtout dans la composition de ses cadres qu’il impressionne. De façon quasi permanente, le premier plan est doublé d’un second, voire d’un troisième dans lequel se joue une action parallèle : l’épouse qui s’active, les flics qui boivent, de pauvres paysans qu’on a posés là pour jouer les rôles des victimes dans la reconstitution… L’image ne cesse de dire qu’elle signifie davantage, et culmine dans un fabuleux plan final, zoom arrière de la maison ou l’espace s’élargit sur les multiples directions prises par cette humanité définitivement en déroute.

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