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Pulse

Film de Jim Sonzero Épouvante-Horreur, science-fiction et thriller 1 h 30 min 11 août 2006

Des étudiants reçoivent des messages d'un ami décédé. Ils découvrent un passage vers un autre monde et les conséquences d'une expérience ratée.

J'ai vu deux types se suicider et mon prof de psy a failli passer sous le bus ! Cette semaine ! Vous êtes allé sur le campus ? Les cours sont désertés et personne n'en parle. Quelque chose me suit. Dans mes rêves. Je l'ai vu dans le bus. Allons, des fantômes se baladeraient par ici ? Je ne sais pas. Mais quelque chose ne va pas. Tu es intelligente, tu vas comprendre. Une épidémie de grippe a affaibli les gens qui deviennent méfiants. A quoi s'ajoute une vague de suicides par pure coincidence. Une rumeur se répand et les gens voient des choses étranges. Je n'imagine rien !

Pulse réalisé par Jim Sonzero pour son premier long-métrage est un remake d'un film d'horreur japonais intitulé " Kaïro " de Kiyoshi Kurosawa. Sur un scénario signé Wes Craven, le récit nous conduit vers un groupe d'étudiants qui commence à recevoir des messages émis par un ami récemment suicidé. Ils vont découvrir que tous les appareils électroniques : téléphones portables, ordinateurs deviennent des passages vers un autre monde, conséquence d'un hackeur ayant perçu involontairement la fréquence des morts, créant ainsi une connexion avec eux. Un sujet profond et dérangeant, parce qu'il parle de ce qui nous entoure, de toute cette technologie avec lequel le monde entier fonctionne. Tel Skynet dans Terminator de James Cameron, le film de Sonzero explore notre dépendance à la technologie et des conséquences qui un jour pourrait en découdre. Sauf que là, il ne s'agit nullement d'une intelligence artificielle créant des machines pour réduire l'homme à néant, mais des esprits invulnérables capables d'absorber les âmes des vivants, les forçant à se suicider pour devenir à leurs tours des fantômes prêts à tuer.

Le concept des fantômes de Pulse est une réussite, puisqu'il tire son mythe de la technologie par une forme électromagnétique. À l'heure où les ordinateurs et les téléphones portables sont devenus omniscients comme outils de vie indispensables à l'homme, il est très intelligent et pertinent d'en faire sa chute, à cause d'une connexion avec l'autre monde permettant à des esprits tels des parasites, la traversée en se matérialisant à partir d'un ordinateur ou autres, d'une manière agressive et effrayante. Sous une forme instable offrant des corps fourmillant de pixels et de parasite plus ou moins réussit pour certains ( mention spéciale au fantôme chauve avec ses multiples bras et jambes), l'autre monde déchire le monde réel pour s'emparer des âmes des vivants. Une fusion entre la science et l'épouvante bienvenue, prenant la forme d'une mise en garde. Un virus informatique ectoplasmique, angoissant jouant sur la peur des personnages par la solitude, et l'isolement.

Le cinéaste parvient à créer un climat d'effroi insidieux, rendant quelques scènes effrayantes comme la séquence se déroulant dans la laverie, ainsi que l'attaque finale dans la voiture. Néanmoins, le filtre de couleur est dégueulasse, on ne voit pas grand-chose, l'utilisation du grain à l'image est trop forte rendant le tout souvent flou et sombre. Cela donne un rendu gerbatif qui entrave pleinement le film. Moi qui trouvais autrefois ce film esthétiquement remarquable, faut croire qu'il a très mal vieilli car aujourd'hui il m'a piqué les yeux. Ce problème d'image est si conséquent qu'on ne peut l'ignorer, ce qui est dommage, car Pulse possède des qualités indéniables, avec un réalisateur qui n'hésite pas à mettre la barre plus haute que la plupart des films du même genre, en présentant à l'image la fin du monde via des fantômes, jusqu'à montrer un avion qui s'écrase. Seulement voilà, le récit use de beaucoup de fond vert qui se voit beaucoup trop, avec une qualité de couleur affreuse. La fin alternative est à oublier, la version originale est bien meilleure.

Le casting est totalement oubliable, heureusement la comédienne Kristen Bell dans le rôle de Mattie apporte un peu d'intensité, elle dégage une émotion réelle, on croit à ce qu'elle joue. Le bel Ian Somerhalder sous les traits de Dexter cabotine un peu, mais ce n'est pas trop mal. Le compositeur Élia Cmiral (Le peuple des ténèbres, Détour Mortel....), fait un bon boulot satisfaisant autour de sa composition, avec des thèmes inquiétant et étouffants introduisant un univers sonore gratifiant délivrant une lourde atmosphère. Adepte des mélanges orchestre /synthé, Cmiral nous présente un score funeste et macabre aux consonances horrifiques oppressantes, parfait pour l’ambiance du film.

CONCLUSION :

Pulse est un petit film angoissant réalisé par Jim Sonzero et écrit par feu Wes Craven, qui agace car clairement il y a de l'idée dans l'histoire, avec quelques points positifs comme la composition musicale d'Élia Cmiral, seulement la mise en scène du cinéaste gâche le tout, rendant une image assez dégueulasse avec des effets spéciaux dépassés. Néanmoins, Pulse est un long-métrage à ne pas trop sous-estimé, ayant eu un petit succès à l'époque surtout lors des ventes DVD, donnant vie à deux autres suites : Pulse 2 Afterlife et Pulse 3. Ensemble la trilogie livre une saga instable mais intéressante autour de la fin du monde par des fantômes électromagnétiques prenant vie grace à la technologie. 5,5/10 que j'arrondis au-dessus.

Un peu gluant, mais appétissant.

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