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War of the Arrows

Film de Kim Han-min Action et historique 2 h 02 min 10 août 2011

Durant la Seconde invasion Mandchoue de la Corée, Nam-Yi, le meilleur archer du pays, s'oppose à la dynastie Qing afin de sauver sa sœur Ja-In, enlevée par des envahisseurs mongols.

Nouvelle bombe provenant directement de Corée du Sud, un pays de plus en plus réputé pour son cinéma qui regorge de perles (The Host, The Chaser, Thirst, Mother, The Man from Nowhere, Poetry, Blood Island, J’ai rencontré le diable, The Murderer). War of the Arrows est tout de même atypique par son profil différent. Point de drame ou de thriller ultra-nerveux, il s’agit d’un film d’aventure historique plus proche du cinéma chinois. Ce qui demeure une curiosité se révèle finalement être ENCORE un long-métrage maîtrisé de bout en bout.

Le point le plus identifiable de son appartenance territoriale demeure sa violence. Le cinéma sud-coréen ne connaît pas vraiment de tabou. Les histoires de censure, d’interdit aux moins de 12 ans ou non, il ne connaît pas et il s’en fiche. C’est une véritable bouffée d’air frais qui nous change avec le cinéma formaté des autres pays où les coups d’épées ne font que déchirer les vêtements ou retirer une flèche ne laisse aucune trace (un miracle digne d’un jeu vidéo). Non, dans War of the Arrows, ça saigne sans toutefois verser dans le gore de certains de ses compatriotes (Blood Island et J’ai rencontré le diable en tête). Retirer une flèche donne lieu à une gerbe de sang.

Toutefois s’arrêter là serait vraiment réducteur. Car il s’agit d’un beau film d’aventure malgré un démarrage assez longuet toutefois le générique a le mérite de mettre directement dans le bain avec l’utilisation de chiens de guerre presque jamais vu au cinéma. Ces chiens attaquent pour tuer et les hommes les tuent pour se défendre. Un constat impensable dans le cinéma occidental où le meurtre d’un chien demeure l’un des plus grands tabous (que le génial Tyrannosaur avait eu l’audace de transpercer). S’ensuit l’installation des enjeux se terminant au bout de quarante minutes. La suite est une course-poursuite comme les sud-coréens savent si bien faire. Avec du suspense, beaucoup de suspense et surtout une réalisation très réussie foutant des beaux plans (le genre qui vous fout des frissons par leur côté héroïque) et surtout d’un jeu du chat et de la souris sur plusieurs niveaux amenant à une dernière demi-heure emballante lorgnant sur le survival.

Point ici de serial-killers ou de tueurs à gages mais d’archers, une classe de soldat très peu représentée au cinéma. Pas assez glamour? Pourtant, on se rapproche de beaucoup du film de snipers (magnifiés par le Stalingrad de Jean-Jacques Annaud) en plus dynamique. C’est l’occasion de découvrir les trucs et astuces des archers et leurs utilisations sur le champ de bataille bien éloignées de la fameuse arrière-garde. Notons l’utilisation de la flèche courbe n’étant pas sans rappeler la balle courbe de Wanted.

Les acteurs sont plutôt bons et impressionnent par leurs capacités physiques surtout le rôle principal qui doit enchaîner les sprints pour échapper à ses poursuivants. Un délice ici de voir que les méchants ne sont pas des monstres sanguinaires mais bien des hommes comme le héros. Le réalisateur évite le duel manichéen pour offrir un combat d’hommes se terminant sur un duel d’une grande classe. Au niveau des bémols, on pourrait parler des effets spéciaux loin du niveau hollywoodien si jamais le réalisateur ne faisait pas attention à en montrer le moins possible. Ça n’empêche pas à la scène du tigre de perdre beaucoup en impact.

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